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« Jeune, je ne pourrais me permettre de vivre ici » : Kennedy Stewart

Kennedy Stewart et la ville de Vancouver en arrière-plan, il est sur une plage
Le candidat indépendant à la mairie de Vancouver Kennedy Stewart Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le candidat indépendant Kennedy Stewart convoite le poste de maire à Vancouver. Le politicien, qui a quitté ses fonctions de député fédéral de Burnaby-Sud pour briguer la mairie de la troisième métropole canadienne, nous a donné rendez-vous sur la plage de Spanish Banks pour répondre à nos questions.

Un texte d'Anaïs Elboujdaïni

Pourquoi avoir choisi cette plage?

C’est ici que mes amis et moi avons plongé en premier quand nous sommes arrivés de Nouvelle-Écosse, en 1989.

Aujourd’hui, Spanish Banks revêt une autre signification : dès que la marée est basse et que nous avons une journée de congé, ma femme, Jeanette Ashe, et moi en profitons pour nous y promener.

Pourquoi vous être installé à Vancouver? Vous étiez musicien, non?

J’ai grandi dans une famille de classe moyenne, mais nous avons fait faillite. Par conséquent, nous avons dû déménager dans une petite cabane dans les bois de la Nouvelle-Écosse. J’ai goûté à la pauvreté pendant environ cinq ans, c’était très dur.

Kennedy Stewart, enfant, assis sur des bûches de bois.Le candidat à la mairie de Vancouver Kennedy Stewart a connu la pauvreté lorsqu'il grandissait en Nouvelle-Écosse. Photo : Fournie par Kennedy Stewart

Après l’université, mes amis et moi étions sans emploi. C’est donc avec les 100 $ que ma grand-mère m’a donnés et ma chère guitare que j’ai pris la route vers Vancouver.

En tant que personne qui a vécu la pauvreté et en tant que musicien, la notion d’espace, d’avoir une « chambre à soi » doit être importante pour vous. Quelle est votre politique sur le logement?

Avec mes amis, nous pouvions louer à cinq un appartement à une chambre. C’était lorsque nous n’avions carrément pas d’argent! Très vite, nous avons pu trouver un logement adéquat et abordable dans Kitsilano. Nous pouvions nous permettre cet appartement tout en travaillant comme chauffeurs de camions de livraison de bière ou comme imprimeurs.

Aujourd’hui, je n’aurais jamais pu m'installer ici dans les mêmes conditions. Si le jeune moi des années 1980 débarquait ici, il ne pourrait pas habiter à Vancouver.

Ça me brise le coeur.

Kennedy Stewart, candidat indépendant à la mairie de Vancouver

Que pensez-vous faire différemment? Et surtout, que comptez-vous faire autrement en tant que maire plutôt que député fédéral?

La Ville envisage déjà la construction de 72 000 nouveaux logements sur 10 ans. C’est un bon début, mais nous pouvons être beaucoup plus actifs sur le plan du logement abordable. Je propose donc 85 000 logements sur 10 ans, dont 30 % seraient gérés par des organismes à but non lucratif.

C’est donc 25 000 logements pour les travailleurs qui gagnent moins de 80 000 $ par année.

Kennedy Stewart joue de la basse.Le jeune Kennedy Stewart lors d'un spectacle avec son groupe musical, sur la scène du Commodore, à Vancouver Photo : Fournie par Kennedy Stewart

Grâce à ma formation universitaire et parce que j’ai déjà rédigé des politiques de logement, je peux expliquer aux citoyens les étapes et leur dire pourquoi un blocage survient à tel moment du projet.

C’est mon côté néo-écossais : je parle à mes voisins et je traite tout le monde comme un voisin.

Kennedy Stewart, candidat indépendant à la mairie de Vancouver

Kennedy Stewart note que même les entreprises ont du mal à trouver des employés qui peuvent se permettre de vivre ici, comme les serveurs dans le milieu de la restauration.

Il promet par ailleurs, dans sa plateforme électorale, la création de 100 000 pieds carrés (9290 mètres carrés) de studios abordables pour les artistes, sur une période de 10 ans.

Pourquoi avoir décidé d’être un candidat indépendant?

La meilleure manière de parler à tout le monde, puisque mon affiliation au Nouveau Parti démocratique (NPD) n’est pas un secret, était d’être un candidat indépendant.

Il y a une blague qui circule à mon sujet sur la colline du Parlement, à Ottawa : je suis le député le plus populaire dans tous les partis, sauf le mien! C’est parce que je collabore avec tout le monde.

Un homme et une femme qu'il tient par l'épaule, ainsi que d'autres personnes sont entourés par des policiers.Elizabeth May et le député fédéral de Burnaby-Sud, Kennedy Stewart, lors de leur arrestation par les policiers de la GRC à Burnaby. Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Nous avons parlé du logement, mais il faut absolument parler du Downtown Eastside.

C’est une tragédie, ce qui se passe dans ce quartier. J’y ai été travailleur pour jeunes à risque.

Ce qui est positif, c’est que notre ville est ouverte. Le premier centre d’injection supervisée en Amérique du Nord a vu le jour ici. J’ai annoncé la création d’un groupe de travail consacré à ce quartier.

Que proposez-vous pour le transport?

Je n’ai qu’une chose à dire : autobus. On parle beaucoup de construire un métro jusqu’à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), mais c’est un projet qui prendra forme dans une décennie. Ce qu’il nous faut immédiatement, ce sont des autobus.

Je sais que ce n’est pas glamour, mais c’est facile de commencer avec de petits autobus pour que les habitants prennent le goût de les prendre.

La bonne nouvelle? Dès qu’ils sont à 80 % de leur capacité, les autobus deviennent rentables.

Jeanette Ashe et Kennedy Stewart le jour de leurs noces.Kennedy Stewart partage sa vie et ses idées avec sa conjointe, Jeanette Ashe, notamment par la rédaction d'articles en commun. Photo : Fournie par Kennedy Stewart

Les règlements en matière de financement des élections municipales ont changé. Comment cela affecte-t-il votre campagne?

Je n’ai jamais accepté de dons de syndicats ou d’entreprises lorsque j’étais au fédéral. La nouvelle loi ne change rien pour moi.

Je suis le premier candidat lors de cette élection qui publie la liste des dons de plus de 100 $ qu'il a reçus. Malgré ce nouveau règlement, je veux qu’on restreigne encore les possibilités de conflits d’intérêts à Vancouver.

Je veux créer un registre des lobbyistes. De plus, à l’heure actuelle, un employé municipal peut travailler pour un promoteur immobilier. Je veux en finir avec l’influence des gros bonnets en politique municipale.

NDLR Radio-Canada a rencontré 4 des 21 candidats à la mairie de Vancouver pour connaître leurs propositions. Cette entrevue a été traduite, adaptée et raccourcie à des fins de publication.

Colombie-Britannique et Yukon

Politique municipale