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Étalement urbain : deux visions s'affrontent en région

Le centre-ville de Victoriaville.
Le centre-ville de Victoriaville. Photo: Radio-Canada / Catherine Bouchard

Alors que plusieurs citoyens s'opposent au développement du boisé des Estacades à Trois-Rivières, la question de l'étalement urbain revient à l'avant-plan. Cet enjeu ne fait pas consensus parmi les municipalités québécoises.

Un texte de Catherine Bouchard

Le maire Yves Lévesque affirme que la Ville de Trois-Rivières favorise la densification, soit la construction, notamment en hauteur dans les quartiers déjà existants, mais aussi le développement et l’expansion de la municipalité. Il a refusé jeudi d’accorder une entrevue sur la question de l’étalement urbain. En entrevue à Facteur matinal mercredi, le maire a soutenu : Des espaces verts à Trois-Rivières, on en a beaucoup. Regardez la bande riveraine. Premièrement, on a gardé toute la bande riveraine. Regardez Trois-Rivières sur Saint-Laurent, a donné en exemple le maire qui a tout de même précisé que dans le cas du boisé des Estacades, une partie était d'office protégée.

Une plage le long de la rivière Saint-Maurice, accessible par le boisé des EstacadesLe boisé des Estacades longe la rivière Saint-Maurice et donne accès à quelques plages. Photo : Radio-Canada

Revenus

Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, indique que l’impôt foncier représente 70 % des revenus des villes, contrairement à 46 % en moyenne dans l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Pour lui, le modèle de tarification est en cause. De nouveaux développements résidentiels apportent de sources de revenus pour une municipalité. L’étalement urbain peut être très tentant pour une ville en raison des taxes qui entrent dans ses coffres.

La réalité, c’est que le modèle actuel entraîne une espèce de course à ces revenus-là. Comment avoir de nouveaux revenus? C’est d’avoir de la construction sur son territoire [...] Cette dépendance à l’impôt foncier a invariablement des conséquences sur l’étalement urbain, estime M. Cusson.

Vivre en Ville, un organisme pour le développement « de collectivités viables », accompagne les municipalités dans le développement de leurs quartiers centraux.

On a souvent tendance à penser que l’étalement urbain, ça concerne juste Montréal et Québec, mais malheureusement, ça se constate dans toutes les villes et tous les milieux. Effectivement, dans une ville comme Trois-Rivières, ça vient aussi avec des problèmes de vitalités de plus vieux quartiers, soutient Christian Savard, le directeur général de Vivre en Ville.

Le cas de Victoriaville

Au Centre-du-Québec, dans l’un des berceaux du développement durable, la Ville de Victoriaville mise sur ses quartiers centraux pour attirer le développement.

La municipalité de 46 339 habitants a une tour d’habitation de 200 logements actuellement en construction au centre-ville, tout juste à côté de l’hôtel de ville.

Une tour d'habitations de plusieurs étages est en train d'être construite au centre-ville de Victoriaville.Une tour d'habitations de plusieurs étages est en train d'être construite au centre-ville de Victoriaville. Photo : Radio-Canada / Catherine Bouchard

On a un rôle à jouer. C’est que, notre vision, c’est qu’on veut attirer les familles dans les quartiers centraux.

André Bellavance, maire de Victoriaville

On a encore de la place. On a encore des endroits qui peuvent favoriser cet afflux de familles dans des secteurs déjà desservis, souligne le maire de Victoriaville, André Bellavance.

Pour convaincre investisseurs et citoyens de choisir les quartiers centraux, la Ville a investi dans ses infrastructures.

Le centre-ville a connu une cure de rajeunissement en 2017 où les trottoirs et la piste cyclable ont été élargis et rendus universellement accessibles. La vitesse a du même coup diminué, alors que les véhicules y circulent désormais en moyenne à 30 km/h.

Les parcs et pistes cyclables de plusieurs quartiers centraux de la Ville ont aussi été revampés dans les dernières années. Le parc régional du Boisé-des-Frères a connu un investissement de 425 000 $ l’an dernier. Le parc Victoria, au coeur de la municipalité, connaîtra cette année lui aussi une cure de jeunesse.

Le maire l’admet lui-même, beaucoup de travail reste à faire pour favoriser le transport actif dans sa ville. Actuellement, les 84 kilomètres de piste cyclable sont déneigés l’hiver, mais ils ne sont pas encore tous connectés entre eux. Le nouveau plan d’urbanisme clarifiera cette volonté de densification de la zone existante.

L’UMQ entend revoir d’ici un an le pacte fiscal des municipalités avec Québec. L'organisme réclame que le système de financement des villes soit revu en profondeur.

Mauricie et Centre du Québec

Urbanisme