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Un traitement révolutionnaire des grands brûlés mis au point à Québec

De la peau produite en laboratoire

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une équipe de chercheurs de l'Université Laval a développé une nouvelle technique de fabrication de peau humaine en laboratoire susceptible de révolutionner le traitement des grands brûlés.

La méthode consiste à reconstruire des greffons de peau à partir des cellules du patient brûlé, en incluant les cellules souches.

Un prélèvement de peau de la dimension d’une pièce de 2 $ est effectué sur le patient avant d’être envoyé en laboratoire pour recueillir les cellules du derme et de l’épiderme à l’aide desquelles les bandes de peau seront construites.

« On peut partir d'un 2 $ et cultiver assez de peau pour recouvrir la personne en entier, parce que les cellules se multiplient en laboratoire », explique Lucie Germain, professeure à l’Université Laval et directrice scientifique du Centre de recherche en organogénèse expérimentale (LOEX).

Une employée manipule des outils scientifiques dans un laboratoire.

Les bandes de peau sont construites en laboratoire à partir de cellules prélevées sur le patient.

Photo : Radio-Canada

Après une culture d’environ deux mois, les cellules sont suffisamment nombreuses pour procéder à l’assemblage des bandes de peau appelées à être greffées sur le patient.

On reconstruit d’abord les couches du derme, ensuite on met les couches de l'épiderme par-dessus […] et on greffe ça sur le patient.

Lucie Germain, directrice scientifique du LOEX

Limites de l’autogreffe

L’autogreffe constitue la méthode la plus usuelle de traiter les grands brûlés. Elle consiste à greffer des segments de peau prélevés sur des endroits sains du corps.

Cette technique présente toutefois ses limites lorsque le patient est brûlé sur une trop grande superficie du corps. Il devient alors impossible de prélever suffisamment de peau saine pour recouvrir complètement les surfaces brûlées.

Pour pallier cette insuffisance, les chirurgiens ont habituellement recours à un recouvrement cutané produit en laboratoire.

Or, ce recouvrement ne reproduit pas parfaitement une peau normale, étant donné qu’il ne contient que la couche superficielle de la peau, l’épiderme.

Lucie Germain accorde une entrevue à l'animateur Bruno Savard dans un laboratoire du LOEX.

Lucie Germain, directrice scientifique du LOEX

Photo : Radio-Canada

Deux couches de peau

Les greffons développés par le LOEX s’apparentent davantage à une peau normale, puisqu’ils sont constitués de l’épiderme, mais également du derme, la couche profonde de la peau.

Les tissus bilamellaires (derme et épiderme) demeurent souples et minces après avoir été greffés sur le patient, ce qui permet de réduire le recours aux chirurgies de retouche.

Quatorze patients ont été traités avec succès à l’aide de la méthode mise au point par les chercheurs du LOEX, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique European Cells and Materials Journal.

« La greffe prend bien et ça dure longtemps. Un patient [a été traité il y a] huit ans et demi, et il n’y a aucun problème de plaie sur le patient. Donc, la peau a bien pris, elle est restée là parce qu’on a gardé les cellules souches », insiste Lucie Germain.

Avec la collaboration de Bruno Savard

Québec

Recherche médicale