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Le virage vert de la communauté ontarienne d’Eden Mills

Sur la pancarte : «Eden Mills vise à devenir le premier village carboneutre d'Amérique du Nord».
Bien en vue sur la route qui mène à la petite communauté ontarienne d’Eden Mills, cette pancarte informe les visiteurs du défi que se sont donné les villageois. Photo: Radio-Canada / Chantal Srivastava
Radio-Canada

En 2007, les 350 habitants d'Eden Mills, en Ontario, ont fait le pari de devenir le premier village carboneutre en Amérique du Nord. Dix ans plus tard, les progrès sont notables. Les résidents d'Eden Mills ont diminué d'au moins 50 % leur consommation énergétique.

Un texte de Chantal Srivastava, à Désautels le dimanche 

Réduire, remplacer et absorber. Ces trois gestes sont au cœur du projet d’Eden Mills, qui vise à réduire le recours aux énergies fossiles, à les remplacer par des sources d’énergie renouvelable et à absorber davantage de gaz à effet de serre.

L’initiative a germé dans la tête de l’architecte Charles Simon. Ce pionnier de l’architecture solaire passive vit aujourd’hui au centre du village dans un moulin de pierres centenaire qu’il a restauré pour le rendre moins énergivore.

Au cœur des travaux : l’isolation des vieux murs de pierre, l’installation de panneaux solaires et la construction d’une serre sur le toit de l’édifice.

Un édifice en pierre avec une partie du toit en vitre.L'ancien moulin d'Eden Mills, restauré par l'architecte Charles Simon. Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Une serre a été aménagée sur le toit du vieux moulin d’Eden Mills. Orientée vers le sud, la pente de la surface vitrée a une inclinaison optimale de 45 degrés afin d’emmagasiner au maximum l’énergie du soleil.

Même en plein hiver, la serre est tellement ensoleillée que les plantes y fleurissent sans devoir chauffer la pièce.

L’architecte Charles Simon

Charles Simon regarde la plante tropicale. En arrière-plan, le toit vitré.Charles Simon dans sa serre, avec une des plantes tropicales qui y passe l’hiver. Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

L’hiver, l’air chaud de la serre permet de réchauffer en partie le reste du moulin. En été, lorsque la température grimpe, la serre est isolée du reste de la maison. Mais une fois la nuit venue, lorsqu’il fait plus frais, l’air chaud est évacué, permettant du même coup de climatiser le reste de la maison. La serre est tellement efficace qu’une partie du toit vitré a été remplacé par un système qui permet de réchauffer l’eau.

Le reportage de Chantal Srivastava est diffusé le 7 octobre à l'émission Désautels le dimanche, sur ICI Première. Il s'agit du premier d'une série de reportages sur l'environnement.

Une salle communautaire zéro émission

Charles Simon a également mis son expertise à contribution dans la réfection de la salle communautaire.

Des citoyens rassemblés à l'extérieur de la bâtisse.La salle communautaire d'Eden Mills Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Le bâtiment communautaire d’Eden Mills est devenu carboneutre grâce à ses panneaux solaires et son isolation soignée. Situé au cœur du village, l’édifice centenaire a été isolé par l’extérieur. Sa surface a littéralement été emballée. Le toit a été couvert de panneaux solaires. Toutes les fenêtres ont été changées. Total de la facture : 300 000 $.

L’édifice centenaire produit désormais autant d’énergie qu’il en consomme. Une rareté pour un édifice patrimonial.

L’architecte Charles Simon

Comme dans bien des petits villages, la salle communautaire, c’est l’âme d’Eden Mills. C’est dans ces murs que les habitants d’Eden Mills ont accepté de relever le défi lancé par Charles Simon.

Une communauté engagée

Dix ans après le début du projet, le village émet encore des gaz à effet de serre, mais la consommation d’énergie des ménages a diminué de moitié, et plus de 30 000 arbres ont été plantés, souligne Charles Simon.

La clef du succès, c’est le sentiment d’appartenance qui ancre l’engagement des citoyens dans leur communauté et les incite à s’investir, à changer leurs comportements pour le plus grand bien commun. D’emblée, les villageois ont été mis à contribution.

Derrière Linda Sword, un train sur un chemin de fer, la maison communautaire, la rivière et des personnages.Linda Sword devant la murale peinte sur un bâtiment de la rue principale du village. On peut y voir l’édifice communautaire et la rivière Eramosa, qui traverse le village. Photo : Radio-Canada / Chantal Srivastava

Les citoyens ont été conviés au centre communautaire pour des ateliers d’information gratuits leur expliquant les rudiments des changements climatiques, de l’empreinte carbone, de la construction verte et leur exposant les gains à devenir moins énergivore.

« Mais surtout, on s’est assuré que tout le monde avait du fun! » souligne Linda Sword, responsable des communications pour Eden Mills Going Carbon Neutral.

Avec ses collègues, Linda Sword a écrit un petit guide d’une quarantaine de pages à l’intention des villages qui veulent devenir carboneutres. Un guide où il est écrit noir sur blanc que la clef du succès, c’est de faire tout ça en s’amusant!

Au village, nous avons fêté, tout ce qu’on pouvait fêter! À chaque moment où on pouvait fêter, on a célébré!

Linda Sword, porte-parole d’Eden Mills Going Carbon Neutral

Une décennie après que le défi a été lancé, la mobilisation est moins intense qu’au tout début. Une situation qui s’explique en partie par le manque de fonds qui a empêché les opérations de relance à domicile pour suivre les progrès des participants.

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