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AEUMC : Trudeau et Legault s'engagent à appuyer les producteurs de lait

Le premier ministre Justin Trudeau et sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont annoncé l'imposition de surtaxes ou d'autres mesures similaires sur des produits de l'acier et de l'aluminium d'origine américaine.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau et le premier ministre désigné du Québec, François Legault, ont tous deux pris l'engagement, jeudi, chacun de leur côté, de soutenir les producteurs de lait.

Ces derniers sont très inquiets depuis la signature de l'accord commercial conclu ces derniers jours entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Ils craignent de subir le contrecoup de cet accord, l'AEUMC, qui ouvre une partie du marché québécois aux Américains, et demandent l'aide des gouvernements pour atténuer le choc.

En fin de journée, l'Union des producteurs agricoles (UPA) et les Producteurs de lait du Québec ont eu une rencontre avec M. Legault, à ses bureaux de Québec, et ont par la suite exprimé leur satisfaction.

Le président de l'UPA, Marcel Groleau, a dit en point de presse qu'il était important, dès maintenant, même si M. Legault n'est pas encore assermenté, de s'assurer qu'il comprenne bien l'importance des enjeux et qu'il exprime un appui sans équivoque aux producteurs.

Cela a été le cas, selon M. Groleau, qui a affirmé que M. Legault, comme auparavant le premier ministre Philippe Couillard, serait même prêt à envisager des recours judiciaires pour que les producteurs obtiennent satisfaction.

« Si jamais il y a lieu de prendre des procédures, oui, a dit M. Groleau. Ce sera au gouvernement à le décider; naturellement, on a eu des discussions là-dessus et ils vont regarder ça très sérieusement. »

M. Couillard qualifiait cette entente de « néfaste ». Au cours des derniers jours, il disait qu'« un recours juridique pourrait entraîner le retard ou le blocage de l'accord », et qu'il n'hésiterait pas à aller en ce sens.

Il s'agit aussi de voir dans quelle mesure l'entente pourrait ne pas être ratifiée par l'Assemblée nationale.

Mais le plus important consistait à « envoyer rapidement un message positif aux producteurs », a fait valoir M. Groleau, se disant conscient que certains songeaient déjà à abandonner la partie.

« On sent que le gouvernement est derrière nous », estime M. Groleau, qui entend mettre tous les efforts requis pour que les producteurs laitiers obtiennent des compensations financières substantielles.

Trudeau promet d'indemniser les producteurs

Plus tôt, à Montréal, le premier ministre Justin Trudeau a assuré aux producteurs laitiers qu'ils seraient indemnisés pour les pertes financières prévues.

Les producteurs laitiers canadiens risquent de perdre 3,59 % de leur marché en vertu du nouvel accord commercial.

Le premier ministre Trudeau a ajouté que son gouvernement collaborerait avec les producteurs laitiers dans les mois à venir pour déterminer le montant des indemnités à verser.

Justin Trudeau a indiqué aussi que les représentants du secteur laitier lui ont dit jeudi qu'ils étaient inquiets et qu'ils avaient laissé tomber beaucoup de choses dans les récents accords commerciaux signés par le Canada.

M. Trudeau a reconnu ces sacrifices, disant vouloir veiller à ce que les producteurs laitiers aient confiance en l'avenir de l'industrie.

Celui qui agissait à titre de négociateur en chef pour le Québec dans le dossier de l'entente commerciale entre les trois pays d'Amérique du Nord, Raymond Bachand, a admis, jeudi, qu'Ottawa a cédé une portion du marché du lait afin de globalement préserver le marché américain.

C'est clair que ça fait mal quand ça s'ajoute à l'Europe [Accord économique et commercial global] et au PTP [Partenariat transpacifique]. C'est 8 % à 10 % du marché. Les producteurs ont raison d'être insatisfaits.

Raymond Bachand, négociateur en chef pour le Québec dans le dossier de l'AEUMC

M. Bachand, qui agissait à titre de conférencier aux États généraux de la métallurgie, à Boucherville, a dit comprendre que les producteurs laitiers veuillent être indemnisés rapidement.

« Si je vous dis que vous allez perdre une partie de votre "business", vous ne voulez pas attendre cinq ans pour savoir qu'est-ce que vous allez avoir comme compensation pour faire vos finances et savoir où vous investissez. »

Accords commerciaux

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