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Escarmouche entre deux députés manitobains à Ottawa

James et Bezan et Daniel Vandal.
James Bezan (à gauche), député conservateur de Selkirk-Interlake, et Daniel Vandal (à droite), député libéral de Saint-Boniface-Saint-Vital. Photo: La Presse canadienne / Radio-Canada

La Chambre des communes a été le témoin d'une escarmouche entre deux députés du Manitoba, cette semaine, en raison d'un geste déplacé pendant un débat sur le sort de la meurtrière Terri-Lynne McClintic.

James Bezan affirme qu'il répondait mardi à une question sur la mort de Victoria Stafford lorsque le député de Saint-Boniface-Saint-Vital, Daniel Vandal, lui a fait un doigt d'honneur.

Le débat portait sur une motion du Parti conservateur du Canada pour forcer le gouvernement Trudeau à revoir la décision de transférer la meurtrière Terri-Lynne McClintic au Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci pour femmes autochtones. Terri-Lynne McClintic est la femme qui, en 2009, a enlevé Victoria Stafford, 8 ans, à sa sortie de l'école, à Woodstock, en Ontario, laquelle a été agressée sexuellement par son conjoint avant d'être tuée.

Selon James Bezan, Daniel Vandal n'était pas content de l'entendre mentionner qu'il (Daniel Vandal) avait « voté en faveur de la meurtrière plus que de la famille de la victime ».

C'est Larry Miller, député conservateur de Bruce-Grey-Owen Sound, en Ontario « qui a vu [le geste] et a bondi sur ses pieds pour le signaler au président de la Chambre », explique M. Bezan.

Daniel Vandal a refusé une demande d'entrevue. Son bureau nous a fait parvenir par courriel les excuses qu'il a lues à la Chambre. « Monsieur le président, je voudrais présenter mes excuses à la Chambre des communes pour mon comportement non parlementaire à un certain moment, hier (mardi). La journée a été longue. Le débat a soulevé les passions. Malheureusement, je me suis laissé emporter. Par conséquent, je voudrais présenter mes excuses à la Chambre des communes pour mon comportement non parlementaire. Cela ne se reproduira plus », a ainsi déclaré Danel Vandal, mercredi.

Selon James Bazan, Daniel Vandal avait nié les faits et refusé de présenter ses excuses le jour même et, s'il l'a fait le lendemain (mercredi), poursuit-il, c'est parce qu'il y a été contraint pour ne pas que le président de la Chambre refuse par la suite de lui donner la parole. « C'est regrettable qu'il n'ait pas démontré qu'il a le tempérament et l'élégance d'être en Chambre », lance-t-il, en précisant qu'il accepte les excuses du député de Saint-Boniface-Saint-Vital.

Un débat émotif

Cet incident s'est déroulé dans le contexte d'un débat émotif autour du sort de Terri-Lynne McClintic, qui a défrayé les manchettes récemment.

Terri-Lynne McClintic a été reconnue coupable en 2010 de meurtre au premier degré de Victoria Stafford. Elle sera admissible à une libération conditionnelle en 2031. Son conjoint de l'époque, Michael Rafferty, a également été reconnu coupable de l'enlèvement, du viol et du meurtre au premier degré de la fillette de 8 ans. Il a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

La famille de Victoria Stafford a exprimé son désarroi fin septembre en apprenant des Services correctionnels du Canada que la meurtrière de leur fille était transférée dans un établissement à sécurité minimale en Saskatchewan, qui est aussi un centre de guérison autochtone. Selon le site Internet du gouvernement, ce centre occupe une place unique dans le système carcéral du pays. Il a été construit dans le but de faciliter la guérison – dans le sens spirituel du terme chez les Autochtones – des femmes des Premières Nations coupables de crimes.

Dans certains cas, des femmes non autochtones peuvent y être accueillies, mais elles doivent choisir de suivre le programme de guérison et se plier à la spiritualité autochtone. Les services correctionnels du Canada précisent qu'une évaluation des risques que présentent les femmes est toujours faite avant qu'elles soient admises dans le centre.

La motion du Parti conservateur du Canada été défaite mercredi à la Chambre des communes.

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