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La langue des patients pourrait-elle être indiquée sur la carte-santé?

Photo d'une carte modèle avec photo
Une carte santé de l'Ontario Photo: Gouvernement de l'Ontario

La secrétaire parlementaire aux Affaires francophones, Amanda Simard, présente une motion pour demander au gouvernement d'ajouter l'identité linguistique dans les données que contient la carte-santé, comme le demandait, à nouveau, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario la semaine dernière.

Un texte de Claudine Brulé

La députée franco-ontarienne explique qu'en incluant la langue du patient dans les informations de la carte-santé, le gouvernement pourra mieux connaître les besoins des patients francophones.

La députée debout qui parle en chambre.La députée progressiste-conservatrice de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard en chambre. Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

En ayant le plus d'informations possible, on peut savoir où sont les francophones [et] anticiper la demande dans certaines régions.

Amanda Simard, députée du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario

L'identité linguistique ne serait pas nécessairement affichée sur la carte, mais apparaîtrait dans les logiciels des professionnels de la santé après avoir scanné la carte.

Même si elle est adoptée, la motion n'oblige en rien le gouvernement ontarien de l'appliquer.

Questionnée à savoir si l'information pourrait être utilisée pour retirer des services en français déjà existants, Mme Simard a répondu : Je ne penserai pas puisqu'il y a déjà les régions désignées, où la loi garantit certains services en français.

Elle ajoute que l'information pourra parler au nom du patient dans ses moments de vulnérabilité en informant les professionnels de la santé que sa première langue est le français.

Ouvre la porte à la privatisation

La députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l'Ontario, France Gélinas, applaudit la motion du gouvernement, mais estime que la seconde partie porte à confusion.

La motion

Que le gouvernement de l’Ontario intègre des données liés à l’identité linguistique au sein de la carte santé pour les deux langues officielles du Canada; et que le gouvernement de l’Ontario respecte les payeurs de taxes en maximisant le potentiel des ressources humaines et financières investies, ainsi que la qualité des soins grâce à la qualité des données.

Selon Mme Gélinas, la seconde partie laisse la porte ouverte à la privatisation du système de santé. Même son de cloche chez Marie-France Lalonde, députée libérale d'Orléans.

Je suis contente et en même temps un peu perplexe par la dernière partie de la motion présentée en chambre par la députée Simard. (....). Il est nécessaire pour l’avancement de notre communauté francophone que le présent gouvernement continue ce travail en concertation avec les intervenants francophones du milieu communautaire et de la santé, note-t-elle.

Du côté de l'Assemblée de la francophonie (AFO), on salue la motion présentée par Mme Simard.

Intégrer la langue à la carte santé est la première étape vers un système de santé plus performant respectant davantage le contribuable et le patient. L’AFO est heureuse que le gouvernement passe à l’action moins de deux semaines après la publication du nouveau livre blanc en santé en appuyant cette mesure, indique le président de l’AFO, Carol Jolin.

Toronto

Francophonie