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L'ambulance n'arrive pas, des amis conduisent une femme de Caraquet à l'hôpital

Une ambulance du Nouveau-Brunswick, vue de face.

Il n'y a pas que dans le Restigouche-Ouest où les ambulances sont lentes à arriver.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il n'y a pas que dans le Restigouche-Ouest où l'ambulance n'arrive pas toujours rapidement lors d'un appel d'urgence. Une femme de Caraquet, qui a subi un malaise le mois dernier, n'a pu elle non plus compter sur un service ambulancier rapide, bien au contraire.

Un texte de René Landry

Le samedi 15 septembre, des amis se retrouvent autour d'un feu de camp, dans un camping, pour profiter d'une des dernières soirées de l'été. Puis, peu après minuit, Andrée Foulem se sent soudainement très mal.

C'était inquiétant, raconte une de ses amies, Mélanie Chiasson. Certains pensaient qu'elle faisait une crise d'épilepsie. Elle semblait avoir des convulsions. Elle avait un peu d'écume qui sortait de la bouche, des tremblements, des crampes musculaires.

C'est ici, près d'un feu de camp avec des amis, qu'Andrée Foulem a ressenti un malaise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est ici, près d'un feu de camp avec des amis, qu'Andrée Foulem a ressenti un malaise.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Les amis d'Andrée Foulem ont tous eu très peur et se sont demandé de quoi elle était atteinte. « Notre première réaction a été de signaler le 911, poursuit Mélanie Chiasson. Puis, à notre grande surprise, après 15 minutes au téléphone, ils nous ont dit que l'ambulance serait seulement ici dans 45 ou 50 minutes. Donc, avec les 15 minutes passées au téléphone, ça fait une heure. On a vraiment eu peur. On a conduit notre amie nous-mêmes à l'hôpital. La personne au 911 nous a dit que l'ambulance était de l'autre côté de Néguac. Nous, on était à Bertrand, au camping Colibri. Donc, c'était à plus d'une heure de route. »

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« Choqués, estomaqués »

Devant cette attente qui devient intenable, les amis d'Andrée décident de prendre les choses en mains et de la conduire eux-mêmes à l'hôpital de Caraquet. Heureusement, deux d'entre nous n'avaient pas consommé d'alcool, et on a pu conduire notre amie à l'hôpital, explique Mélanie Chiasson. Sinon, je ne peux pas imaginer... je ne sais pas ce qu'on aurait fait. On est très choqués, estomaqués. Ça nous fait perdre confiance au système des soins ambulanciers. À l'urgence, l'infirmière nous a avisés qu'il n'y avait qu'une seule ambulance pour toute la Péninsule acadienne.

Andrée Foulem et Mélanie Chiasson assises devant un café.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrée Foulem et Mélanie Chiasson prennent le café ensemble dans un restaurant de Caraquet

Photo : Radio-Canada / René Landry

Andrée Foulem ne revient pas encore du piètre service ambulancier ce soir-là. J'étais sous le choc, insiste-t-elle. C'était incroyable de savoir que je ne pouvais pas avoir le service d'ambulance. C'est certain que je n'étais pas en danger de mort, mais à ce moment-là, je ne le savais pas. C'est inconcevable de devoir attendre de 45 minutes à une heure pour se faire transporter à l'hôpital en ambulance. Ce qui m'est arrivé, je ne le souhaite à personne. J'espère que ça n'arrivera plus.

Mélanie Chiasson a songé à plusieurs reprises à cette soirée du 15 septembre qui a donné la frousse à toutes les personnes rassemblées qui accompagnaient Andrée Foulem. On a quand même eu de la chance, dit-elle. Notre amie va bien aujourd'hui. Mais, dans le cas d'une attaque de coeur, d'une réaction allergique sévère, une telle situation pourrait coûter la vie à une personne.

Ambulance Nouveau-Brunswick réagit

Dans un courriel, Ambulance Nouveau-Brunswick affirme ne pas pouvoir commenter de cas particulier en raison des règles sur la confidentialité. Son porte-parole, Eric Robichaud, explique toutefois que l'agence fonctionne selon un « système de déploiement dynamique ».

Ce système permet à nos répartiteurs médicaux d’urgence de positionner et répartir les ambulances en fonction de la demande. Si une ambulance est déployée à un appel, d’autres ambulances sont relocalisées stratégiquement pour assurer une couverture uniforme. Nous déployons toujours l’ambulance située le plus près de la scène de l’urgence, précise-t-il.

Manque de chance, l'ambulance la plus proche du camping Colibri, le soir du malaise de Mme Foulem, se trouvait à une heure de route.

La députée préoccupée

La nouvelle députée libérale Isabelle Thériault a exprimé son inquiétude. C'est malheureux, c'est déplorable. Je peux imaginer la difficulté et le stress, que ce soit pour la personne en détresse ou la famille et les amis qui étaient là [...] Nous, le gouvernement, on est conscients de ça et on va mettre en place toutes les ressources nécessaires pour être capables de remédier à ce problème-là. On veut travailler de pair avec Ambulance Nouveau-Brunswick [...] pour évidemment améliorer le système et faire en sorte que ça se produise le moins souvent possible, ou pas du tout , a déclaré Mme Thériault.

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