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Système Phénix : le fédéral lance un appel à l'aide pour régler les problèmes de paye

Photo de la la tour de la Paix du parlement, à Ottawa.

La tour de la Paix du parlement, à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel, Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) fait appel à des entreprises canadiennes du secteur des hautes technologies pour régler les ratés liés à Phénix, le système de paye de la fonction publique fédérale.

Dans sa demande d’information, datée de mercredi, le ministère demande à l’industrie de lui faire part de ses commentaires sur les solutions susceptibles d’aider le Canada à parvenir à une stabilisation de la paye.

Dans ce même document, SPAC reconnaît qu’il se retrouve démuni devant les problèmes de paye engendrés par Phénix.

Le Canada n'a pas de notion préconçue sur la manière de réduire les cas d'arriérés et est ouvert aux suggestions de l'industrie sur les approches potentielles pour atteindre cet objectif, indique le document.

Le ministère souhaite notamment que les fournisseurs lui montrent de meilleures pratiques en ce qui concerne des environnements de traitement de transactions à volume élevé, mais aussi qu'ils formulent des idées sur la façon dont le gouvernement pourrait faire évoluer son propre système de ressources humaines et de rémunération.

Aucune compensation financière n'est prévue pour les fournisseurs, qui doivent se manifester d'ici le 11 novembre.

Selon le rapport du Sénat intitulé Le problème de paye Phénix : ensemble pour une solution, rendu public en juillet dernier, 51 000 fonctionnaires ont été sous-payés pour un montant dû de 228 millions de dollars. Inversement, ce sont 59 000 fonctionnaires qui ont été trop payés et qui doivent désormais 295 millions de dollars à l'État.

Situation extrêmement alarmante

Magali Picard répond aux questions d'une journaliste devant les bureaux de l'AFPC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La vice-présidente nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, Magali Picard, trouve inquiétant l'appel à l'aide du gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada

L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) s'est dite préoccupée par cette demande à l'aide du gouvernement fédéral.

Ça correspond exactement à ce qu’on dit depuis longtemps, a affirmé sa vice-présidente nationale, Magali Picard. Le gouvernement n’a pas de plan, on n’a pas d’échéancier sur quelle est la stratégie qu’ils vont mettre en oeuvre pour corriger Phénix. C’est extrêmement alarmant, fait-elle valoir.

On veut que le gouvernement trouve une solution. On veut que le système fonctionne. Mais, en même temps, c'est trop peu trop tard.

Une citation de : Magali Picard, vice-présidente nationale de l'Alliance de la Fonction publique du Canada

À son avis, le gouvernement fédéral ne se fait pas rassurant en procédant de la sorte. Elle ajoute n’avoir jamais vu une telle demande aux entrepreneurs du pays de la part du fédéral. Ça démontre à quel point ils ont perdu le contrôle dans la situation avec Phénix. On demande ni plus ni moins du volontariat [...] c’est drôlement paniquant.

SPAC se veut rassurant

Le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l'Accessibilité assure que le gouvernement fédéral continue de chercher des solutions.

Nous avons toujours dit que nous n’allions pas ménager les efforts pour stabiliser le système de paye, a déclaré Steven MacKinnon, qui porte aussi le chapeau de député fédéral de Gatineau.

Il soutient que le gouvernement fédéral fait appel aux experts des hautes technologies pour qu'ils évaluent les systèmes, qu'ils regardent les défis qui continuent de se poser et qu'ils offrent leurs idées innovatrices pour automatiser les processus afin de rendre l’expérience de l’utilisateur plus agréable.

Steven MacKinnon répond aux questions d'une journaliste sur la colline du Parlement à Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l'Accessibilité et député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon.

Photo : Radio-Canada

M. MacKinnon souligne que SPAC a traité des milliards de dollars en paiements rétroactifs pour les employés. Bien qu'il se réjouisse de ce qu'il qualifie de succès, il reconnaît que c’est encore trop lent. C’est par souci de vouloir accélérer davantage nos succès que nous publions et demandons des solutions offertes par les Canadiens, dit-il.

Il assure que si, après ce processus, une solution novatrice est proposée pour ce qui est de la stabilisation du système de paye, [le fédéral va] pouvoir procéder à faire des contrats avec ces fournisseurs-là.

Un appel d'offres pour remplacer le système de paye

Par ailleurs, le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT) a lancé en début de semaine un appel d'offres pour le remplacement du système de paye Phénix.

Dans le document de 25 pages, le SCT impose une quinzaine de critères de sélection. Ainsi, le soumissionnaire devra être capable de trouver une solution pour les systèmes de ressources humaines et de paye actuels et futurs. Il devra démontrer que le nouveau système qu'il propose a fait ses preuves. La sécurité est également un critère essentiel, notamment en ce qui a trait à la protection des informations personnelles. Le nouveau système devra aussi fonctionner en anglais et en français, et améliorer l'efficacité des fonctionnaires.

Les entrepreneurs ont jusqu'au 13 novembre pour répondre à cet appel d'offres.

Avec les informations de Florence Ngué-No et Agnès Chapsal

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