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Front commun occidental contre la Russie, accusée d'une série de cyberattaques

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Ank Bijleveld, Onno Eichelsheim et Peter Wilson participent à une conférence de presse. Sur un écran derrière eux est projetée la photo de passeport d'un suspect russe.

La ministre de la Défense néerlandaise, Ank Bijleveld, le général Onno Eichelsheim (au micro) et l'ambassadeur britannique Peter Wilson ont pris part à une conférence de presse jeudi pour illustrer le rôle des services de renseignements russes dans diverses cyberattaques.

Photo : AFP/Getty Images / BART MAAT

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les services de renseignement occidentaux ont uni leurs forces jeudi pour dénoncer le rôle du renseignement militaire russe (GRU) dans plusieurs cyberattaques, dont l'une vise l'Agence mondiale antidopage (AMA), basée à Montréal.

Affaires mondiales Canada a fait cette annonce jeudi matin, prenant part à un front commun contre le GRU, dont les instigateurs sont les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

C’est la première fois que le Canada attribue explicitement le piratage du système d’administration et de gestion informatique de l'AMA à la Russie.

Cette attaque avait mené en 2016 à la divulgation de renseignements confidentiels au sujet d’athlètes, dans un contexte où la Russie était accusée d'avoir échafaudé un système étatique de dopage de ses propres athlètes.

Ces « activités font partie d'un mode opératoire à plus grande échelle du gouvernement russe qui dévie nettement du cadre comportemental approprié, qui démontre un mépris pour le droit international et qui sape l'ordre international fondé sur des règles », a fait savoir Affaires mondiales Canada.

Les États-Unis ont également fait une sortie jeudi pour annoncer le dépôt d'accusations criminelles contre sept agents du GRU soupçonnés d'avoir pris part à des attaques informatiques visant des agences antidopages américaines et internationales, quelque 250 athlètes soutenant la suspension de la Russie aux Jeux olympiques et un site de recherche militaire américain situé en territoire britannique.

Les sept agents sont accusés de piratage informatique, de fraude électronique, de vol d'identité avec circonstances aggravantes et de blanchiment d'argent.

John Demers se tient à côté d'une affiche qui montre la photo des accusés, lors d'une conférence de presse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Demers, du département de la Justice des États-Unis, a affirmé en conférence de presse qu'il était évident que les accusés espéraient agir en toute impunité grâce à leur anonymat.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Le service de renseignement de l'armée russe est réputé pour être la plus puissante et la plus audacieuse agence d'espionnage du pays. Pendant l'époque soviétique, elle était considérée comme une structure rivale du KGB, son pendant non militaire.

Offensive européenne

Les Pays-Bas ont par ailleurs accusé le renseignement militaire russe d’avoir tenté de mener une cyberattaque visant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ainsi que l’enquête sur l’écrasement d’un avion de la Malaysia Airlines survenu en Ukraine en 2014.

Ces accusations sont survenues au moment même où le Royaume-Uni dévoilait que le GRU a tenté de dissimuler sa participation présumée à l’empoisonnement au Novitchok de l’ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia en mars dernier à Salisbury.

La veille, le président russe Vladimir Poutine qualifiait par ailleurs M. Skripal de « salaud » et de « traître à la patrie ». La Russie a toutefois toujours nié son implication, tant dans l’écrasement du vol MH17, qui avait fait 298 morts, que dans l’empoisonnement de l’ex-agent double et de sa fille.

Les tentatives de piratage de l'OIAC, établie aux Pays-Bas, ont eu lieu en avril dernier et ont été bloquées par les autorités néerlandaises, a révélé la ministre de la Défense, Ank Bijleveld.

Mme Bijleveld a indiqué qu’à la suite de cette opération, quatre officiers des services de renseignement russes ont été immédiatement expulsés des Pays-Bas.

En ce qui concerne les tentatives de piratage de la Russie afin de faire dérailler l’enquête sur l’écrasement du vol MH17, la ministre de la Défense a expliqué que son pays resterait très vigilant. « Nous sommes conscients de l'intérêt des services de renseignement russes pour cette enquête et avons pris les mesures appropriées », a-t-elle affirmé.

Son homologue britannique s’est montré un peu plus offensif en décrivant une série de cyberattaques mondiales imputées à la Russie comme étant les gestes irresponsables d'un « État paria ».

Gavin Williamson a assuré que le Royaume-Uni et ses alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ne laisseraient plus la Russie agir en toute impunité.

Là où la Russie agira sans discernement et sans se soucier de ses cyberattaques, nous les exposerons.

Gavin Williamson, ministre de la Défense britannique

La Russie se défend

Réagissant au concert d'accusations, la Russie a une fois de plus nié sa responsabilité dans toutes ces cyberattaques, estimant qu'il s'agit là d'un « cocktail diabolique » d'allégations.

Maria Zakharova, porte-parole pour le ministre russe des Affaires étrangères, a ainsi réfuté ces nouvelles accusations jeudi, les qualifiant de « grands fantasmes ».

Il s'agit d'un acte de propagande dirigé contre notre pays.

Ministère russe des Affaires étrangères, par voie de communiqué

« Nous avons répété à plusieurs reprises aux Pays-Bas, y compris par la voie diplomatique, que la campagne anti-russe d'espionnite aiguë lancée dans le pays porte atteinte aux relations bilatérales », a poursuivi le ministère russe dans ce communiqué.

Les accusations occidentales surviennent à une semaine de l’ouverture de la prochaine session de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), installée à La Haye, ce que ne manque pas de relever Moscou.

Il est en effet prévu au cours de cette session que l’OIAC puisse désigner des « coupables » en cas d'attaques chimiques, un mécanisme « contraire aux normes du droit international (mais) demandé avec insistance par certains pays occidentaux », clame la Russie.

« Il est évident que le bourrage d'informations actuel est encore une étape de la formation du contexte politique nécessaire à la mise en place de cette initiative illégale », dénonce Moscou.

L'OIAC a enquêté ces derniers mois sur une attaque chimique présumée à Douma en Syrie, que les Occidentaux imputent au gouvernement syrien soutenu par les Russes. Moscou nie ces accusations.

Pris la main dans le sac

Parmi les quatre suspects arrêtés par les autorités néerlandaises, deux étaient des experts en informatique et deux étaient des agents de soutien.

Ils ont été surpris dans une voiture louée qu'ils avaient stationnée près des locaux de l'OIAC.

Les autorités néerlandaises ont retrouvé de l'équipement informatique dans la voiture qui pointait vers l'OIAC et qui était utilisé afin d'intercepter des données de connexion. L'antenne utilisée pour l'opération était camouflée sous un manteau dans le coffre arrière. Elles ont aussi affirmé que les hommes avaient tenté de détruire un téléphone portable lors de leur arrestation.

L'un de ces téléphones avait été activé près des locaux du GRU, à Moscou. Dans un autre appareil, les autorités ont trouvé le reçu d'une course de taxi menant du GRU à l'aéroport.

Avec les informations de La Presse canadienne, Agence France-Presse, BBC, et The Guardian

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