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Trop de gens se déclarent faussement Métis selon deux groupes autochtones

Des Métis marchent devant la Cour suprême du Canada.
De récents jugements des tribunaux ont contribué à une hausse du nombre de Canadiens, particulièrement dans l'Est, qui se déclarent Métis. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le nombre de Néo-Écossais qui se déclarent Métis a augmenté de près de 125 %, de 2006 à 2016. Les chefs micmacs de la province et le Conseil national des Métis croient qu'un grand nombre de ces personnes ne savent pas ce qu'est réellement un Métis et ont l'intention de s'attaquer au phénomène.

L’Assemblée des chefs micmacs de la N.-É. et le Conseil des Métis ont signé une entente dans laquelle ils s’engagent à sensibiliser le public au sujet des Métis « légitimes » et des enjeux micmacs.

Selon le coprésident de l’Assemblée des chefs micmacs, Terrance Paul, les Micmacs sont les seuls détenteurs de droits autochtones en Nouvelle-Écosse.

« Nous sommes les premiers occupants de ces terres, nous avons passé des décennies à faire reconnaître nos droits issus de traités et nos droits autochtones et à faire respecter ces droits », affirme-t-il.

Terrance Paul de l'Assemblée des chefs Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse assis à son bureau.Terrance Paul est responsable des pêcheries à l'Assemblée des chefs Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse. Photo : CBC

Les descendants de la rébellion de Louis Riel, seuls Métis reconnus?

La Constitution canadienne reconnaît l’existence du peuple métis. Mais les groupes de Métis de l’Ouest affirment que cette reconnaissance s’applique uniquement aux descendants des Métis de la Rébellion de la rivière Rouge, au Manitoba.

Depuis 10 ans, toutefois, le nombre de gens qui revendiquent l’identité métisse a explosé, particulièrement dans les Maritimes et au Québec.

Les organisations métisses bien établies accusent les « nouveaux métis » de chercher à obtenir une reconnaissance dans le seul but de bénéficier des droits et avantages accordés aux Métis.

La Cour suprême du Canada a statué en 2016 que les Métis sont des « Indiens » au sens de la loi, ce qui leur a donné un pouvoir de négociation pour obtenir du financement et des programmes, comme une couverture en santé ou des fonds pour l’éducation.

Conseil du Premier Peuple Métis : les Métis de l'Est existent bel et bien

Des gens qui se décrivent comme des Métis de l’Est soutiennent qu’il existe bel et bien dans la région, un grand nombre de Canadiens d’origine métisse, qui partagent une culture et une histoire.

Selon la chef du Conseil du Premier Peuple Métis du Canada, Karole Dumont, ces gens ont souvent dû, dans le passé, cacher leur héritage autochtone pour survivre.

Sur son site web, le Conseil situe à 1620 l’un des premiers baptêmes d’un Métis en Nouvelle-Écosse, celui d’André Lasnier, né à Port Latour. La déportation des Acadiens, dont plusieurs étaient métis, et le contexte général du début du 19e siècle ont été peu propices à l’affirmation d’une identité métisse dans l’Est, précise Mme Dumont.

Dessin en noir et blanc comprenant deux hommes debout, et une famille assise dans un tipi. Dès le 17e siècle, des familles métisses se forment en Nouvelle-France du mariage entre des Autochtones et des voyageurs européens. Photo : Radio-Canada / Reportage de l'émission L’Accent francophone du 16 novembre 1996

Dans leur déclaration conjointe, toutefois, les chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse et le Conseil national des Métis affirment qu’il leur appartient de définir qui est Micmac et qui est Métis.

« Le droit de déterminer notre propre identité et notre propre citoyenneté est au coeur de notre autodétermination et de notre autonomie gouvernementale au sein de notre patrie historique », précise Clément Chartier, président du Conseil, dans un communiqué.

« Les Micmacs et la Nation métisse ont tous deux des territoires ancestraux et leurs droits s’appliquent à leurs territoires respectifs », conclut le chef micmac Terrance Paul.

Avec les informations de La Presse canadienne

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