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Une Néo-Brunswickoise défend sa campagne de textos sur les élections

Une personne consulte son téléphone intelligent.

De nombreux Néo-Brunswickois ont reçu des textos automatisés d'un groupe qui se nomme Proudly New Brunswick.

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Radio-Canada

De nombreux Néo-Brunswickois ont continué de recevoir, après les élections du 24 septembre, des textos robotisés d'un groupe surnommé Proudly New Brunswick qui, pendant la campagne, envoyait des messages contre une taxe carbone.

Cette campagne est l’oeuvre d’une jeune Néo-Brunswickoise, Heidi McKillop, 30 ans, originaire de Harvey Station, près de Fredericton, mais exilée à Calgary où elle travaille dans un restaurant.

Elle se dit surprise des commentaires vitrioliques que ses textos ont suscités. La page Facebook New Brunswick Proud en est remplie. Bien des gens n’ont pas digéré le fait de recevoir des messages automatisés à saveur politique sur leur téléphone cellulaire.

Un message de Heidi McKillop dans Facebook.

La campagne est l'oeuvre de Heidi McKillop, une diplômée en service social de l'Université Saint-Thomas qui vit maintenant en Alberta.

Photo : Facebook/New Brunswick Proud

Ces messages continuent d’ailleurs d’affluer. Bien des Néo-Brunswickois reçoivent, ces jours-ci, des textos contestant la décision du chef libéral Brian Gallant de rester au pouvoir même s’il a recueilli un siège de moins que les conservateurs lors des élections.

Heidi McKillop ne s’en excuse pas. Elle dément être membre d’un quelconque parti. Sa seule motivation, dit-elle, est de susciter un débat sur la création d’emplois au Nouveau-Brunswick et les moyens de prévenir l’exode des jeunes comme elle.

Des plaintes

Élections Nouveau-Brunswick a été saisi de plaintes, mais affirme qu’elle n’a aucun recours contre ces textos. L’affaire n’est plus de son ressort, précise l’agence, puisque la campagne électorale est terminée.

Elle dirige les plaignants vers le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). L’organisme fédéral de réglementation reconnaît que les messages textes automatisés tombent sous le coup de la Loi canadienne antipourriel, mais que seuls les textos de nature commerciale sont interdits.

Les expéditeurs de textos autorisés doivent toutefois respecter certaines règles : ils peuvent seulement les envoyer de 9 h à 21 h 30 du lundi au vendredi, doivent se présenter au début du message (même si le nom fourni est fictif) et doivent rapidement mettre fin à ces messages si les destinataires en font la demande.

L'inspiration : Ontario Proud

Heidi McKillop affirme être conseillée par le fondateur d’un groupe similaire en Ontario, Jeff Ballingall, d’Ontario Proud. Ce groupe s’est fait connaître dans les médias sociaux lors des dernières élections en Ontario qui ont mené à la victoire du conservateur Doug Ford.

Jeff Ballingall, 31 ans, est un ancien employé politique sur la colline du Parlement. Il se dit d’allégeance conservatrice.

« Nous sommes pour un gouvernement qui gère de façon responsable les finances publiques, qui réduit les impôts, qui crée des emplois et qui aide les gens à faire face au coût de la vie », explique-t-il.

Jeff Ballingall pose dans un espace de bureaux.

Jeff Ballingall, le fondateur d'Ontario Proud.

Photo : Gracieuseté de Jeff Ballingall

« En quoi notre démarche divise-t-elle les gens, lance-t-il. Nous ne faisons que parler de dette, d’impôts et de factures à payer. »

Nous dénonçons des politiciens élitistes déconnectés, qui gagnent beaucoup d’argent et qui ne comprennent pas les préoccupations des gens ordinaires qui peinent à payer leurs factures d’électricité ou à faire le plein de leur véhicule.

Jeff Ballingall, Ontario Proud

Une campagne de « division »

Un travailleur en marketing et en communications de Fredericton, Dusty Green, dit avoir fait de la recherche sur différents mouvements qui ont adopté le nom Proud au pays (Ontario Proud, Quebec Proud et Québec fier, B.C. Proud) et avoir constaté un trait commun dans leur discours.

« Ils semblent être contre la gauche. Ils ont des thèmes communs. Ils véhiculent par exemple beaucoup d’information contre l’immigration. Ils prétendent que les libéraux ne combattent pas suffisamment la criminalité, qu’ils gèrent mal l’argent, ce genre de choses… »

Dusty Green estime que les plus récents messages de Proudly New Brunswick tentent de convaincre les destinataires que la tentative des libéraux pour former un gouvernement minoritaire est illégitime, alors qu’elle est conforme au droit.

C’est un groupe qui tente de monter les gens les uns contre les autres.

Dusty Green, un citoyen

Selon un expert en cybersécurité, David Shipley, ce genre de campagne de messages automatisés n’est que la pointe de l’iceberg.

Il affirme que d’ici les prochaines élections, d’autres groupes employant les mêmes tactiques vont émerger, des groupes qui auront peut-être des messages plus pernicieux.

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique