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L’usage d’hormones dans la production de lait américain inquiète les Canadiens

Un verre de lait.

Aux États-Unis, environ une ferme sur cinq utilise des hormones de croissance pour stimuler la production de lait des vaches.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Radio-Canada

Les Canadiens auront bientôt accès à une offre majorée de produits laitiers américains, à la suite de la conclusion du nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). L'utilisation des hormones bovines étant autorisée aux États-Unis, certaines personnes s'interrogent sur les dangers de leur consommation pour la santé.

Aux États-Unis, environ une ferme sur cinq utilise de la somatotropine bovine recombinante (STBr), une hormone de croissance qui stimule la production de lait.

D’après des experts, si l’utilisation d'hormones de croissance est interdite dans la production de lait au Canada, ce n’est pas à cause des risques pour la santé humaine.

Michael Pollack, professeur à l’Université McGill, à Montréal, qui a fait partie du comité d’experts recommandant l’interdiction des STBr en 1999, affirme que c'est surtout pour les vaches que ces hormones sont néfastes.

Pour les humains, c'est une autre histoire. « Cela a été étudié très attentivement et il n’y a pas de preuve que c’est dangereux », affirme-t-il. Il admet toutefois qu’une controverse scientifique persiste quant à l’existence de risques mineurs.

Un homme parle sur skype, assis sur une chaise de bureau avec une bibliothèque en arrière-plan.

Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de gestion de l'Université Dalhousie d'Halifax

Photo : Radio-Canada

C’est également l’avis de Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de gestion de l'Université Dalhousie d'Halifax. « Les Canadiens consomment déjà des hormones de croissance par toutes sortes de produits alimentaires », affirme-t-il.

Quand on fait une recension de la recherche en sciences alimentaires, on voit que les risques sont extrêmement limités.

Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de gestion de l'Université Dalhousie d'Halifax

Si l’usage des hormones est interdit au Canada, il estime que c'est principalement pour rendre l'offre plus homogène.

« Plus on développe de nouveaux créneaux, plus on augmente les risques au niveau de la salubrité des aliments. Alors on tente de limiter les risques en suivant un cahier de charge très, très restreint », explique-t-il.

Pourquoi tant d’inquiétude?

Selon Sylvain Charlebois, les dangers des hormones de croissance sont exagérés par des groupes de pression dans le domaine agricole qui veulent favoriser la compétitivité des produits canadiens sur le marché.

Il y a beaucoup de désinformation au Canada en raison du lobby qui est archipolitique.

Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de gestion de l'Université Dalhousie d'Halifax

Il ajoute cependant que les Canadiens sont en droit de savoir ce qu’ils achètent. Certains demandent l’apposition d’un label pour les produits américains où des hormones ont été utilisées.

Sylvain Charlebois est d’avis qu’il faudra créer un étiquetage précis pour donner de l'information sur les risques, une fois que ceux-ci auront été clairement définis. Libre ensuite aux consommateurs de décider d’acheter, ou non, ces produits.

Avec des informations de CBC et Geneviève Murchison

Manitoba

Agro-industrie