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Maladie débilitante chronique : un cheptel de 3000 cerfs sera abattu dans les Laurentides

La contamination d'un animal dans un élevage des Laurentides pourrait n'être qu'un cas isolé, mais les 3000 bêtes seront abattues par mesure de précaution.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Tout le cheptel de cerfs rouges de la ferme Harpur Farms de Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides, où a été détectée pour la première fois au Québec la « maladie débilitante du cervidé », sera abattu.

Un texte de Pascal Gervais

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) ont pris la décision d'abattre les 3000 bêtes par mesure de précaution.

Yohan Dallaire Boily, du MAPAQ, a expliqué que les carcasses seront ensuite analysées afin de déterminer si certaines bêtes étaient porteuses de la maladie extrêmement contagieuse.

Lors de l'abattage, les 3000 bêtes seront analysées et par la suite nous allons communiquer les résultats à la population.

Yohan Dallaire Boily, porte-parole du MAPAQ

Pour le cas des cerfs rouges, nous sommes en train de faire la même procédure, avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui a été faite dans l’État de New York lorsque la maladie débilitante du cervidé a été découverte. Aujourd’hui, la maladie n’est plus présente, alors nous espérons que nous allons obtenir les mêmes résultats, a soutenu M. Dallaire Boily.

Des mesures pour contrer la propagation de la maladie

Plus de 20 centimètres de terre devront être retirés sur certaines parties du terrain de la ferme. La terre sera ensuite envoyée dans un site d’enfouissement de matières à risque, a confirmé El Mehdi Haddou, vétérinaire de l’ACIA, lors d’une conférence téléphonique.

La propagation peut se faire par les excréments, les fluides, l’eau ou la terre contaminée.

Le premier cerf contaminé, c'est une bête qui est née au Québec. Tous les animaux de cette ferme sont nés au Québec. Il n'y a aucun animal qui est venu de l'extérieur.

Dr El Mehdi Haddou, vétérinaire de l’ACIA

Jusqu’à présent, 60 cerfs rouges de l’élevage ont été abattus dont les 14 cerfs qui partageaient le même enclos que la bête infectée. Tous les tests effectués sur les cerfs pour détecter la maladie se sont révélés négatifs.

La maladie débilitante chronique est une maladie du système nerveux qui peut toucher les cervidés tels que le cerf de Virginie, l'orignal, le wapiti et le cerf rouge, indique le MAPAQ. Causée comme l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) par des protéines anormales appelées « prions », la maladie débilitante chronique n'est toutefois pas considérée comme une maladie transmissible à l'humain, contrairement à l'ESB.

Du matériel ainsi que des bâtiments devront être décontaminés.

Des compensations financières pourraient être versées au propriétaire des bêtes par Ottawa. Le montant n’est pas encore déterminé, mais les frais pour la décontamination ne sont pas indemnisés.

Selon le règlement sur l'indemnisation, dès qu'on ordonne la destruction, on paie la valeur marchande de l'animal [à l'éleveur]. Si la carcasse vaut 1000 $ et que l'éleveur l'a vendue pour 500 $, le gouvernement fédéral va payer 500 $ la différence, a précisé M. Haddou.

Les cervidés sauvages

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs poursuit de son côté une analyse des cervidés sauvages qui se trouvent autour de la ferme d'élevage. Près de 200 cerfs sauvages ont été abattus afin de vérifier s’il y a eu propagation de la maladie en dehors de la ferme d’élevage.

Jusqu’à maintenant, tous les tests se sont avérés négatifs; donc, pour le moment, il n’y a pas eu d’autre cas de maladie débilitante chronique qui a été détectée, et le travail se poursuit sur le terrain, a expliqué Nicolas Bégin, porte-parole du ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Le ministère déploie de nombreux effectifs pour déterminer s’il y a eu propagation. Si c’était le cas, il faudrait la circonscrire le plus rapidement possible, parce qu’il serait difficile d’éliminer la maladie une fois introduite dans la faune.

Le professeur chercheur au Département de biologie de l'Université Laval, Jean-Pierre Tremblay, confirme que c’est une maladie dont il faut se méfier.

Il faut savoir que la maladie a un temps d'incubation qui peut être assez long, ça peut aller même jusqu'à cinq ans sans qu'il y ait de symptômes visibles. Donc dans ce cas-là, ça peut arriver qu'un animal qui est porteur du prion, l'agent infectieux qui transmet la maladie, entraîne la dispersion de la maladie ensuite, a mentionné M. Tremblay.

Un cervidé pourrait donc être porteur de la maladie sans nécessairement présenter de symptômes.

Les chasseurs doivent collaborer

Les chasseurs sont invités à signaler aux autorités toute observation de cervidé présentant des signes pouvant être associés à la maladie débilitante : une maigreur excessive, des tremblements subtils de la tête, une position d'appui des membres élargie, un pelage terne, pâle et hérissé, de l'agressivité et un léger trouble de la coordination des mouvements.

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