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Cinq arrondissements interdiront la consommation de cannabis dans les lieux publics

Plan rapproché de M. DeSousa.

Alan DeSousa, maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, a accusé l'administration Plante de s'être traîné les pieds.

Photo : Radio-Canada / Etienne Bruyere

Radio-Canada

Cinq des 19 arrondissements de la métropole, soit ceux dirigés par le parti d'opposition Ensemble Montréal, comptent interdire la consommation de cannabis dans leurs parcs et autres lieux publics. Il s'agit de Saint-Laurent, Saint-Léonard, Pierrefonds-Roxboro, Montréal-Nord et Rivières-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Les cinq arrondissements croient qu'il est impératif pour eux d'avoir des règles en place avant le 17 octobre, date fixée par la Loi fédérale pour la légalisation de la consommation de cannabis à des fins récréatives. Et il ne leur semble pas réaliste d'attendre du gouvernement caquiste de François Legault, qui vient à peine d'être élu, qu'il prenne des mesures avant cette date. Plusieurs villes, comme Québec et Sherbrooke, ont d'ailleurs pris sur elles d'interdire la consommation dans les lieux publics en prévision du jour fatidique.

Accusant l’administration de Valérie Plante de « traîner les pieds dans ce dossier » et de faire preuve d'« absence de leadership », ils ont décidé de prendre les choses en main, localement.

« On ne connaît toujours pas la somme que le gouvernement du Québec versera à la Ville pour subvenir aux besoins additionnels en lien avec la légalisation du cannabis », a déploré mercredi le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

« Le comité d’experts mandaté par la mairesse Plante en novembre 2017 n'a toujours pas remis de rapport ou de recommandation », a-t-il aussi mentionné.

L'administration Plante, par la bouche de la conseillère Rosannie Filato, a qualifié cette prise de position de « déplorable ». La Ville est « prête » et sa « position est claire depuis très longtemps », a soutenu Mme Filato, sans toutefois vouloir donner de détails dans l'immédiat. « On a prévu un point de presse la semaine prochaine », a-t-elle indiqué.

La Ville doit encore en discuter avec le nouveau gouvernement du Québec, a souligné Rosannie Filato.

Ce n'est pas avant tout à la Ville de Montréal de décider d'emblée. On doit avoir des discussions par rapport aux changements législatifs qui vont peut-être avoir lieu.

Rosannie Filato, conseillère municipale, membre de Projet Montréal

Or, la Coalition avenir Québec (CAQ) a déjà dit vouloir interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics à la grandeur de la province.

« La période de transition va se dérouler sur quelques semaines, mais le plus rapidement possible, a indiqué mercredi le député caquiste Simon Jolin-Barrette. On va prendre les mesures pour faire en sorte qu'il y ait uniformité de l'application de la loi sur l'ensemble du territoire. »

Les gens ne peuvent pas se retrouver dans une situation où on peut fumer dans une ville, mais pas dans l'autre.

Simon Jolin-Barrette, député de la Coalition avenir Québec

Ce qu'on sait, pour l'instant, c'est que Montréal comptait interdire la consommation de cannabis seulement là où celle du tabac est interdite.

Mais l'opposition officielle assimile davantage la marijuana à l'alcool.

Le maire DeSousa a assuré en point de presse que les arrondissements ont tout à fait le pouvoir d’aller dans ce sens, puisqu’il est ici question de nuisance publique.

Mme Filato a néanmoins dit s'interroger sur le droit des arrondissements de réglementer à ce sujet.

Un règlement disant qu'« il est défendu à toute personne de consommer du cannabis dans un endroit public ou un parc » devrait entrer en vigueur dans Saint-Laurent avant le 17 octobre prochain. Dans Pierrefonds-Roxboro, il est interdit de fumer dans les parcs depuis mai dernier. Et Montréal-Nord, Saint-Léonard et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ont eux aussi entrepris d'encadrer, à divers degrés, la consommation de cannabis dans leurs lieux publics.

« Nous avons constaté que la légalisation du cannabis préoccupait fortement nos citoyens », a expliqué le maire DeSousa, disant avoir « entendu les nombreux commentaires » de résidents inquiets, en particulier des parents.

M. DeSousa a donné l’exemple des bancs publics qui ont été installés sur les trottoirs pour permettre aux personnes âgées, notamment, de se reposer, mais qui pourraient être récupérés, le soir, par des consommateurs de cannabis. « Je pense que c’est important, avant d’avoir des plaintes, de faire cette réflexion en amont », a dit Alan DeSousa.

Les cinq arrondissements veulent « trouver le meilleur équilibre entre la nouvelle loi fédérale, les analyses de la Direction régionale de santé publique (DRSP) et enfin les impératifs de sécurité et de santé publique », indique un communiqué.

Les élus de l’opposition, qui disent préconiser une « approche prudente », entendent rester attentifs à « l'acceptabilité sociale » de la consommation de cannabis et se laissent « la possibilité de s'ajuster si nécessaire à l'avenir ».

Il est préférable de commencer avec un cadre plus restrictif qu’on peut modifier plus tard.

Alan DeSousa, maire de Saint-Laurent, membre d'Ensemble Montréal

Avec des informations de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Politique municipale