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Les médecins spécialistes rassurés par le changement de ton de Legault

Le centre réunit différents médecins spécialistes.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Radio-Canada

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) est heureuse que François Legault accepte désormais d'attendre la publication, en septembre 2019, de l'étude comparative commandée par Québec sur leurs salaires pour débattre de cet enjeu. Leur présidente, Diane Francoeur, verrait même d'un bon oeil qu'elle soit dévoilée plus tôt, afin de passer à autre chose.

Après des rencontres avec les représentants des spécialistes, François Legault a accepté d’attendre les résultats de cette étude avant de « rouvrir » l’entente salariale des médecins dans laquelle il compte aller chercher un milliard de dollars, si on en croit les chiffres qu’il a avancés en campagne.

Il avait été d'ailleurs déjà été entendu que Québec et les spécialistes se rencontreraient pour discuter d’ajustements salariaux dès que l’étude sur la parité du salaire des médecins au Canada, commandée à l’Institut canadien sur la santé (ICIS), serait effectuée.

Le nouveau premier ministre a d'ailleurs expliqué mardi, en conférence de presse, qu'il comptait d’abord s'entretenir avec les omnipraticiens pour améliorer l'accès aux soins de première ligne avant d’ouvrir des négociations avec les spécialistes.

Je pense que le discours de M. Legault a changé pendant la campagne. On est très heureux qu’il ait compris, comme nous l’avons demandé, d’attendre l’étude de l’ICIS qui en principe devrait être disponible à partir de septembre de l’année prochaine.

Diane Francoeur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec

Un coup d'accélérateur

François Legault a par ailleurs indiqué, mardi, avoir l'intention de faire pression pour accélérer le déroulement de cette étude, ce qui fait l’affaire des spécialistes.

« C’est de la musique à nos oreilles parce que, vous savez, l’étude a commencé en juin dernier, ensuite le sous-ministre qui était responsable de l’étude a pris de nouvelles fonctions en raison des élections. Personne n’a été nommé pour le remplacer, donc ça stagne », a expliqué Diane Francoeur en entrevue à RDI.

Nous on veut que ça aille plus vite. On est un peu tannés, on a hâte que ça soit derrière nous.

Diane Francoeur

Les spécialistes croient être dans la moyenne canadienne

Un masque du service en anesthésiologie avec un signe de dollars.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour éviter un bris de service en anesthésiologie à l’Hôpital de Maniwaki, les médecins spécialistes qui viennent y remplacer touchent des primes qui grimpent jusqu’à 1500$ par jour.

Photo : Radio-Canada

Diane Francoeur ne croit pas que l'étude viendra bouleverser la donne en démontrant de grands écarts avec ses collègues des autres provinces.

« Je pense qu’on est là où on devrait être. Le rattrapage qui a été fait, il passe de 2007 à 2027. Ça, c’est pour 20 ans », souligne Diane Francoeur.

Elle rappelle d'ailleurs que l'entente signée en février n'accorde aucune hausse. « On n’a rien demandé, on a juste étalé le rattrapage », fait-elle valoir.

Il n’y a pas d’autre argent qui entre, c’est le réétalement de 2007 qui a été reporté trois fois. Alors là on va en finir, on va se positionner par rapport au Canada.

Diane Francoeur

80 000 $ de trop par année, selon Legault

Selon les estimations de la CAQ, les spécialistes gagneraient en moyenne 80 000 $ de trop par année à la suite du rattrapage salarial consenti par le gouvernement Couillard.

Mais si l’étude de l’ICIS démontrait que certains spécialistes gagnent plus que leurs confrères des autres provinces, le gouvernement n’aurait pas qu’à couper des salaires, il aurait à faire des choix, explique la présidente de la Fédération des médecins spécialistes.

« En Ontario, par exemple, on a décidé de moins payer la gériatrie, la pédiatrie et la psychiatrie. Nous au Québec on les a ramenés dans le peloton parce qu’on considérait qu’il y avait des besoins et que c’était important pour notre population », explique Mme Francoeur.

« Si jamais l’étude démontre qu’ils sont au-dessus de la parité canadienne, est-ce qu’on va diminuer ces spécialités-là juste pour être pareils et couper des services? », se demande-t-elle.

Retenir nos médecins

Un médecin remplissant un rapport à son bureau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un médecin remplit un rapport à son bureau.

Photo : Radio-Canada

De bonnes conditions salariales ne profitent pas qu’aux médecins eux-mêmes, a-t-elle ajouté, expliquant que la médecine est un univers très compétitif et que la rétention des médecins est difficile en raison de l’attraction qu’exercent sur eux les États-Unis et les autres provinces.

« Il faut qu’on soit compétitif, plaide-t-elle. Le Dr Borsuk, qui a fait la greffe du visage, pensez-vous qu’il ne se fait pas approcher par les autres provinces, par les États-Unis? Il faut que je garde les gens qui parlent français au Québec. »

« C’est la raison pour laquelle nous voulons être dans le peloton. On n’a jamais demandé à être au-dessus », conclut Diane Francoeur.

En vertu des ententes conclues par l'ancien gouvernement libéral, Québec consacrera environ 8 milliards de dollars par an au salaire des médecins de la province, soit environ 20 % du budget total de la santé qui oscille autour de 40 milliards de dollars par année.

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