•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
analyse

Quelle sera la relation de la CAQ avec le gouvernement Trudeau?

Le premier ministre désigné Francois Legault

À Ottawa, on s’attend à faire face à un François Legault plus revendicateur que le premier ministre Philippe Couillard.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Madeleine Blais-Morin

Le premier ministre désigné, François Legault, a déjà accusé son prédécesseur d'être à plat ventre devant Ottawa. Quelle sera la nouvelle dynamique entre ce nouveau parti au pouvoir et le gouvernement Trudeau? Ils devront d'abord s'apprivoiser. Si certains dossiers peuvent leur donner l'occasion de devenir des alliés, d'autres, au contraire, pourraient en faire des adversaires.

Cela fait près d’un demi-siècle que péquistes et libéraux gouvernent en alternance au Québec. C’est donc dire que les liens entre le prochain gouvernement caquiste et l’équipe Trudeau sont tout à bâtir.

De part et d’autre, pour l’instant, le ton est posé. On semble vouloir établir des ponts.

Comme le veut la tradition, Justin Trudeau a publié une déclaration pour féliciter le vainqueur de l’élection. Il insiste sur les enjeux sur lesquels les deux administrations pourront travailler ensemble. La lutte contre les changements climatiques en est un.

Le gouvernement à Ottawa a vu ses alliés s’effriter dans ce dossier. Mais contrairement à Doug Ford en Ontario, François Legault n’a pas l’intention de retirer le Québec de la Bourse du carbone. Une bonne nouvelle aux yeux du gouvernement Trudeau. S’il perdait l’appui de la deuxième province du pays pour ce plan qui lui est si cher, ce serait un coup très dur pour lui.

Le dossier de l'immigration

D’autres enjeux pourraient s’annoncer moins harmonieux.

Par exemple, si François Legault décide de négocier pour obtenir plus de pouvoir en immigration, il risque de croiser un adversaire obstiné.

D’abord, pour une question de principe. Justin Trudeau s’est engagé à augmenter les cibles en immigration progressivement d’ici 2020. Ce serait très surprenant qu’il facilite la tâche au chef caquiste afin d’abaisser les siennes.

Et Ottawa dispose d’un argument de poids : l’argent. L’entente Canada-Québec de 1991 sur l’immigration est avantageuse financièrement pour la province, comparativement à la part d'immigrants qu’il reçoit au Canada.

Un autre enjeu sème sûrement davantage l'inquiétude. Il est plus sensible : celui des signes religieux. M. Legault veut les interdire pour les personnes en position d’autorité. Il est même prêt, s’il le faut, à invoquer la disposition de dérogation, qu'on appelle aussi clause dérogatoire. Une priorité en opposition directe avec la philosophie du gouvernement Trudeau.

Mais le gouvernement fédéral voudra-t-il mener cette bataille de front? Déjà, il avait évité de se mêler à un recours judiciaire contre la loi 62 du gouvernement Couillard qui prévoyait qu’une personne offre ou reçoive un service public à visage découvert.

Alors que Justin Trudeau espère faire des gains au Québec dans un an, il devra être prudent pour ne pas heurter une partie de l’électorat québécois en s’attaquant à une mesure importante du programme caquiste.

Au sein du gouvernement à Ottawa, on s’attend à faire face à un François Legault plus revendicateur que le premier ministre Couillard sortant. Mais vu le contexte préélectoral, le gouvernement Trudeau voudra fort probablement éviter de provoquer, lui-même, l’affrontement.

Politique provinciale

Politique