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Gaz naturel liquéfié en C.-B. : quel impact sur l'environnement?

Une forêt canadienne.

Le projet de GNL prévoit une usine et un pipeline de 670 kilomètres entre Dawson Creek et Kitimat, en Colombie-Britannique.

Photo : iStock

Timothé Matte-Bergeron

Le mégaprojet d'exploitation de gaz naturel liquéfié (GNL) à Kitimat, en Colombie-Britannique, suscite l'inquiétude d'environnementalistes, même si le gouvernement affirme que l'usine et ses pipelines ne l'empêcheront pas de respecter son plan de lutte contre les changements climatiques.

Le projet d'exploitation de GNL à lui seul devrait faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre (GES) de plus de 5 % en Colombie-Britannique, selon des chiffres du gouvernement de 2015.

Le gouvernement Horgan s'est fixé comme objectif de réduire de 40 % les émissions de GES dans la province d'ici 2030.

Wenran Jiang, directeur du Forum Canada-Chine sur l’énergie et l’environnement, croit que ceux qui affirment que la province ne remplira pas ses engagements voient les choses de manière incomplète.

« C’est vrai dans un contexte local, mais pas dans un contexte mondial », estime-t-il.

Le projet d'exploitation de GNL prévoit la construction d'un pipeline de 670 kilomètres entre Dawson Creek et Kitimat. Le gaz doit être liquéfié avant d'être transporté outre-mer. Sa construction a été approuvée par l'ensemble des investisseurs de la coentreprise LNG Canada.

Selon Wenran Jiang, l’exportation accrue de gaz naturel par la Colombie-Britannique permettra aux pays asiatiques, la Chine au premier chef, de réduire leurs propres émissions de GES.

En Chine, explique M. Jiang, environ 63 % de l’énergie provient de la combustion du charbon, une source extrêmement polluante.

Il fait valoir que le gaz naturel, pour la même quantité d’énergie produite, libère deux fois moins de GES dans l’atmosphère. Selon lui, cette proportion est encore plus importante dans le cas des centrales au charbon de la Chine, souvent peu performantes, et qui libèrent plus de GES que celles de l’Amérique du Nord.

Il faut voir le tout dans un contexte planétaire, parce que le problème du CO2 est planétaire.

Wenran Jiang, directeur du Forum Canada-Chine sur l’énergie et l’environnement

Une fausse solution?

Charles Latimer, de Greenpeace, croit que l'exploitation du gaz naturel est une fausse solution, parce qu'il existe des technologies moins polluantes, qu’il faut utiliser dès maintenant.

« Quand on bâtit des infrastructures qui vont durer des décennies, on s’ancre dans un système avec lequel on va être pris pendant 60 ans, 80 ans, même si on va devoir l’abandonner dans 30 ans », déclare-t-il.

Si on s’ancre plus dans le gaz naturel, ce sera plus difficile de s’en éloigner.

Charles Latimer, Greenpeace

Reboucher les puits

L’hydrogéologue Gilles Wendling abonde dans le même sens : « C’est un retard de plus dans la nécessaire transition énergétique. »

Il n’est pas non plus convaincu que l’exploitation du gaz naturel sera un investissement avantageux à long terme.

En Colombie-Britannique, il est nécessaire de recourir à la fracturation hydraulique pour extraire le gaz naturel, ce qui crée un réseau de microfractures dans le sol. Or, explique M. Wendling, une fois que les puits servant à l’extraction sont à sec, les trous doivent être rebouchés, ce qui peut coûter jusqu’à 500 000 $ par puits.

Un montant qui devra être payé plus d'une fois. « C’est bon pour 10 ans, 20 ans, mais il faudra ensuite revenir », affirme-t-il.

Des milliers de puits seront forés lorsque les installations seront construites à Kitimat, ce qui impliquera selon lui des coûts extrêmement élevés à long terme.

Une fois que vous créez un puits, vous le créez pour l’éternité.

Gilles Wendling, hydrogéologue
Une représentation du projet de gaz naturel liquéfié dans le nord de la Colombie-Britannique.

Royal Dutch Shell, Mitsubishi, le géant malaisien Petronas, PetroChina et Korean Gas ont finalement donné leur aval à cet important de gaz naturel liquéfié projet tard lundi.

Photo : LNG Canada/Flickr

Attention aux GES libérés par le gaz naturel

Gilles Wendling précise aussi qu’il faut faire attention à ne pas sous-estimer la quantité de GES libérés lors du processus complet précédant la combustion du gaz à des fins de production d’énergie.

Des fuites de méthane, le composé principal du gaz naturel, surviennent lors de son extraction, mais aussi lors de son transport - par gazoduc et par bateau - et de sa transformation en liquide.

« Chaque fois qu’il y a des fuites de méthane, contrôlées ou pas, il y a une hausse du carbone dans l’atmosphère », note-t-il.

Colombie-Britannique et Yukon

Environnement