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Salle comble au conseil municipal pour le boisé des Estacades

Gens la main levée devant des conseillers municipaux, à l'hôtel de ville

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a demandé aux citoyens de lever leur main s'ils étaient à la séance du conseil municipal pour parler du boisé des Estacades. Ils sont une centaine à s'être déplacés.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Rares sont les sujets qui amènent autant de citoyens à se déplacer à la séance du conseil municipal de Trois-Rivières. Mardi soir, la centaine de sièges destinés au public à l'hôtel de ville étaient occupés en grande majorité par des opposants au développement immobilier dans le boisé des Estacades. Certains manifestants n'ont pas pu entrer parce que la salle était pleine.

Un texte de Marilyn Marceau

Les citoyens voulaient faire part de leur mécontentement quant à la possibilité qu’il y ait des projets immobiliers dans le boisé des Estacades, un terrain privé grand comme environ 30 terrains de soccer, situé près de la rivière Saint-Maurice dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

La grogne populaire est née de l’annonce d’un agent immobilier mentionnant que le terrain est en vente au coût de 2,5 millions de dollars. L’annonce fait miroiter la possibilité d’y construire des immeubles à condominiums et une résidence pour aînés.

Une vue aérienne d'un développement immobilier envisagé au bout de l'actuel boulevard des Estacades, à Trois-Rivières.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un aperçu d'un développement immobilier envisagé au bout de l'actuel boulevard des Estacades, à Trois-Rivières.

Photo : Sotheby’s International Realty

Achat du boisé par la Ville?

Des citoyens sont allés au micro pour faire un plaidoyer en faveur du maintien du boisé, pour des raisons écologiques et pour préserver cet endroit qui favorise la pratique de l'activité physique dans la nature.

Dame qui tient un micro entourée de gens assis dans la salleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des gens de tous âges sont allés à la séance du conseil municipal de Trois-Rivières mardi soir pour parler du boisé des Estacades.

Photo : Radio-Canada

Certains Trifluviens ont demandé à la Ville d’acheter le boisé, afin d’en assurer la protection et l’accès au public.

Le maire Yves Lévesque a déclaré qu’il s’agissait d’une possibilité, mais qu'il fallait bien analyser la question.

Annie Defoy et sa famille à l'hôtel de villeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Annie Defoy, une résidente de Trois-Rivières, est venue au conseil municipal avec ses deux jeunes garçons et son mari pour dire que le boisé est important pour les citoyens comme elle, qui y va régulièrement avec sa famille.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Les citoyens présents à la séance du conseil ont demandé à être consultés dans ce dossier et à être tenus au courant des développements. Le maire a déclaré qu'il les consultera.

Satisfaits mais toujours inquiets

On est satisfait parce qu’il y a une ouverture, mais on a aucune certitude, a déclaré Valérie Deschamps, coorganisatrice de la mobilisation au conseil municipal. Elle affirme avoir été rassurée, mais n'est pas convaincue que le boisé est hors de danger.

Une pétition d’environ 13 500 noms a été remise aux élus sur une clé USB. Il s’agissait d’une pétition en ligne que des gens de partout au Québec pouvaient signer.

Je suis très content de la mobilisation citoyenne, de voir que les gens sont si nombreux, ça envoie un message assez fort aux élus, s'est réjoui Charles Fontaine, l'initiateur d'une pétition en ligne.

On va être au rendez-vous quand ce sera le temps d’avoir la consultation, promet-il.

Une vue aérienne du site au bord de la rivière Saint-MauriceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site est actuellement couvert par un boisé urbain, au bord de la rivière Saint-Maurice.

Photo : Sotheby’s International Realty

Pas de développement possible sur la moitié du terrain, selon la Ville

Selon une étude qui date d'une dizaine d'années, mais qui est toujours pertinente selon la Ville, en cas de développement immobilier sur ce terrain, 40 % du boisé devra être préservé, parce qu’il y a présence de milieux humides et d’aires écologiques. Aussi, il y a des zones à risque d’effondrement où il ne peut pas y avoir de construction.

De plus, le règlement dit que 10 % du terrain doit être cédé à la Ville pour la symbolique somme de 1 $, afin d’en faire un parc ou des espaces verts.

Le maire a aussi expliqué aux citoyens que la bande riveraine du terrain appartient déjà à la Ville qui l'a acquise par expropriation et grâce à une entente de gré à gré. L’accès au public sur les rives serait donc maintenu en cas de projet immobilier.

Maire Yves Lévesque qui parle à des citoyens dans une salleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des citoyens ont demandé à avoir plus d’informations et le maire les a invités à leur donner plus de détails. La discussion s’est donc poursuivie une partie de la soirée dans une salle de l’hôtel de ville, pendant que le conseil municipal continuait de se dérouler sans le maire.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Le conseil municipal a le dernier mot

Les conseillers municipaux auront le dernier mot dans ce dossier parce que la réalisation d'un projet immobilier entraînerait nécessairement un changement au règlement de zonage et au schéma du plan d'urbanisme, deux modifications que les élus doivent approuver.

En séance de travail, mardi après-midi, des conseillers municipaux ont demandé à avoir du temps pour se pencher sur les différents scénarios. Aucun élu n’a officiellement proposé d’acheter le terrain affiché à 2,5 millions de dollars.

C’est sûr qu’on veut le protéger, mais on n’est pas prêt à dire on l’achète, parce que si on achète celui-là, il y a des propriétaires de boisés qui vont dire : "je veux que tu achètes mon boisé", déclare le conseil municipal du district Châteaudun, Luc Tremblay.

Conseillers municipaux dans l'hôtel de ville lors d'une séanceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les conseillers municipaux de Trois-Rivières sont intéressés à se pencher sur le dossier des boisés urbains sur le territoire.

Photo : Radio-Canada

Les conseillers souhaitent avoir le temps réfléchir à la question de la protection des boisés dans la Ville.

C’est de voir le portrait d’ensemble des boisés urbains et de voir ce qu’on en fait. Le cas du boisé des Estacades aura soulevé ce questionnement-là, c’est positif, souligne le conseiller municipal du district des Rivières, Claude Ferron.

Pour l'instant, aucun promoteur n'a encore présenté de projet immobilier sur ce terrain.

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