•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Retour en force du virus du Nil au Québec

Un moustique Culex quinquefasciatus

Le moustique « Culex quinquefasciatus » est un agent dans la transmission du virus du Nil.

Photo : Reuters / CDC/James Gathan

Radio-Canada

Près d'une centaine de personnes auraient été infectées par le virus du Nil occidental cette année au Québec, dont la moitié en Montérégie.

En 2018, les autorités de santé publique du Québec ont reçu 51 déclarations de cas confirmés d'infection au virus du Nil occidental, auxquelles s’ajoutent 45 cas probables.

Quatre personnes en sont mortes, dont Sylvie Bellemare, décédée en septembre après avoir été piquée par un moustique porteur du virus à Sainte-Julie, en Montérégie.

En pleine forme le lundi, elle était atteinte d’une forte fièvre le lendemain, et a été hospitalisée d’urgence aux soins intensifs le vendredi, explique sa famille.

« En moins de 24 heures, elle était dans le coma et puis le diagnostic, c'était l’encéphalite », se rappelle Nathalie Bellemare, sa sœur.

Quand le diagnostic d'infection au virus du Nil est tombé, l’espoir s’est évanoui, car il n’existe pas de médicaments contre le virus du Nil, ajoute leur sœur Josée.

C'est dur d'avoir des médecins qui sont impuissants, ils voudraient bien nous aider, mais il n'y a rien à faire. Des vaccins, il n'en existe pas. Des remèdes, il n’en existe pas non plus. Tu fais quoi?

Josée Bellemare, sœur de Sylvie Bellemare

La Montérégie serait la région la plus touchée, avec 12 cas confirmés et 38 cas probables. À Laval, il y a eu 17 cas confirmés et aucun autre cas probable.

Les autorités soulignent qu’il s’agit d’un bilan incomplet, puisqu’il existe un délai entre le moment où les gens sont infectés et celui où ils consultent, puis reçoivent un diagnostic.

Un recul après le pic de 2012

En 2012, les autorités recensaient 134 cas et 5 morts.

Depuis, le nombre de cas déclarés a considérablement diminué, se maintenant autour d'une trentaine par année au cours des cinq dernières années, à l'exception de 2014, où seulement six cas ont été recensés.

L’an dernier, les autorités ont reçu 27 déclarations de cas confirmés d'infection, dont une infection asymptomatique.

Les autorités publiques observent une augmentation de l'étendue géographique des cas d'infection depuis 2012. Une croissance qui pourrait s'expliquer par une expansion géographique du virus, mais aussi par une plus grande sensibilisation des professionnels de la santé à cette infection.

Le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de Montérégie, explique que le virus du Nil est une « infection cyclique ».

Il y a des années où il y a plus de personnes qui sont atteintes, il y a des années ou moins de gens en sont atteints, et on ne comprend pas exactement pourquoi ça arrive telle année ou telle année.

Le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de Montérégie

Il précise toutefois que les températures chaudes favorisent une multiplication plus rapide des moustiques.

Mais la propagation demeure mal comprise, nuance-t-il.

« Il y a d'autres facteurs qui jouent, reliés au cycle du virus dans l’environnement parmi les oiseaux, entre autres, et on ne maîtrise pas tous ces éléments », reconnaît-il.

Un virus qui peut être banal comme mortel

Le virus s’avère sans danger dans 80 % des cas.

La grande majorité des personnes qui contractent le virus après avoir été piquées par un moustique infecté seront asymptomatiques. D’autres souffriront de symptômes généraux semblables à ceux de la grippe, comme la fièvre.

Souvent, ceux-ci peuvent disparaître, mais ils peuvent aussi évoluer. L'infection peut atteindre le système nerveux et causer des symptômes plus graves, comme une méningite, une paralysie ou même la mort, explique le Dr Milord.

Il souligne que les personnes âgées de plus de 50 ans et celles aux prises avec des maladies chroniques sont plus vulnérables.

Les deux sœurs de Sylvie Bellemare déplorent qu’elle n’ait pas entendu parler de l'éclosion des cas, cette année.

Elles croient qu'il faudrait faire plus de prévention pour éviter de nouveaux drames.

« On veut que les gens soient mieux informés, ce n'est pas une maladie qui est banale : ça entraîne la mort », souligne Nathalie Bellemare.

La santé publique rappelle que la meilleure protection contre le virus reste les répulsifs à insectes.

Des arrosages de larvicides ont été réalisés en 2012, mais trois ans plus tard, on les a jugés inefficaces et trop coûteux.

« Ça fait quelques années, effectivement, qu'il n'y a pas eu d'épandage qui été fait. Je pense qu'il va falloir réfléchir de nouveau à cette option-là pour les années futures », a reconnu le Dr Milord.

Avec les informations de Marie-Laure Josselin et de Normand Grondin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Santé publique

Santé