•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une course dans le désert du Moab pour des athlètes de Gatineau

Des coureurs qui vont participer à la course Moab 240, dans l'Utah, posent avant un entraînement

Les coureurs Richard McDonald, Éric Deshaies, Richard Turgeon et Benoît Létourneau vont participer à la course Moab 240 dans l'Utah aux États-Unis

Photo : Courtoisie / Richard Turgeon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pourriez-vous courir plus de 380 km, dans le désert, en moins de quatre jours ? C'est le défi que va tenter de relever un groupe de coureurs de l'Outaouais lors du Moab 200, une épreuve d'endurance qui se tiendra en Utah, aux États-Unis, à partir du 12 octobre prochain.

Un texte de Jonathan Jobin

Richard McDonald, Éric Deshaies, Richard Turgeon et Benoît Létourneau s'entraînent depuis des mois en vue de la course d'endurance qui se déroule sur une période de quatre jours. J'ai peut-être eu une crampe au cerveau , rigole Richard Turgeon lorsqu'il raconte comment la décision de participer au Moab 200 s'est prise.

Ça fait quelques années qu'on fait des courses de longues distances et on s'est crinqués l'un l'autre [pour participer à la course]. J'ai eu un coup de coeur en voyant la vidéo promotionnelle. C'est un endroit extraordinaire, avec une beauté naturelle, des montagnes et les canyons. J'ai eu un coup de coeur, alors je me suis inscrit, poursuit Turgeon, avec des étoiles dans les yeux.

Il faut dire que les amis n'ont pas eu trop de difficulté à se convaincre de relever le défi. Ce sont des hommes très actifs, qui ont déjà participé à plusieurs courses.Je fonctionne par projets. Celui-ci en est un beau et ça me garde motivé et actif. Je vais m'entraîner le soir et ça me permet de résister à l'inertie que mon fauteuil me propose , dit pour sa part Benoît Létourneau.

Des coureurs participent au Moab 240, une course de plus de 280 km en UtahAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Moab 240 est une course de plus de 380 km qui se déroule en Utah, dans le désert

Photo : Courtoisie / Moab 240

Le défi qu'ils s'apprêtent à relever n'est pas de la tarte. Avec 386 km dans le désert, un dénivelé de 9 000 m, et un maximum de 112 heures de course, seuls les plus endurants peuvent terminer le Moab 200.

C'est une femme, Courtney Dauwalter, qui a remporté la course, l'an dernier, avec un temps de 57h 52 min.C'est dur de se projeter parce qu'on n’a rien fait de tel encore, mais je pense que de terminer autour de 80 heures est envisageable , souligne Richard Turgeon.

Le principal défi de l'événement selon les coureurs ne sera pas la performance, mais bien la gestion de la course. Ce n'est pas comme un 10 km qui se termine après 35-40 minutes. Tout est dans l'exécution. Le défi, c'est d'être capable de savoir quand courir ou de se reposer un peu quand on a la nausée. C'est gérer les signes que ton corps te donne pour le faire dans le meilleur temps possible, précise Benoît Létourneau.

Nous devons gérer le sommeil... dormir un minimum, mais en même temps assez pour être fonctionnels et ne pas avoir trop d'hallucinations. Il faut aussi gérer comment manger en courant. C'est un défi qui distingue des courses un peu plus courtes.

Une citation de : Richard Turgeon, coureur de longues distances

En plus des difficultés physiques d'un tel défi, les participants à la course doivent s'habituer à courir dans le noir, la nuit, ce qui complique leur orientation.

On ne peut pas s'entraîner à ne pas dormir, ça n'existe pas. On fait beaucoup de longues distances. Il faut courir de nuit aussi parce que courir à la noirceur, la nuit, c'est différent. La vision est différente et ton sens de l'orientation aussi, image Richard Turgeon.

Un coureur lors de l'événement Moab 200, en 2017Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un coureur lors de l'événement Moab 200, en 2017

Photo : Courtoisie / Moab 200

Un entraînement à la portée de tous?

Les coureurs gatinois insistent qu'ils ne s'entraînent pas plus pour le Moab 200 que s'ils se préparaient pour un marathon. Ils adaptent la charge d'entraînement selon un horaire bien précis. Ce n'est pas parce que tu fais quatre marathons que tu vas faire quatre fois l'entraînement d'un marathon. Tu as besoin de repos aussi. Une fois aux 5-6 semaines on va faire une course randonnée en montagne, explique Richard Turgeon, qui est physiothérapeute et ostéopathe.

Contrairement à la croyance populaire, il ne faut pas faire énormément de volume. On fait parfois une course plus longue pour tester nos souliers et notre équipement, poursuit Benoît Létourneau, qui est informaticien dans la vie de tous les jours.

Des participants à la course d'endurance Moab 200Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des participants à la course d'endurance Moab 200

Photo : Courtoisie / Patrice Godin

Malgré toute leur préparation, ces athlètes ne savent pas trop à quoi s'en tenir. La seule chose qui est certaine, c'est que ça va aller mal un moment donné ! Il y a des creux, mais ce qui est trippant, c'est de trouver des solutions à nos problèmes , affirme Turgeon.

Les coureurs sont fébriles à l'idée de partir à quatre vers l'Utah, mais ils n'ont pas tous les mêmes objectifs pour terminer l'épreuve.

On part ensemble, mais ça ne veut pas dire qu'on va se suivre les quatre. On va tous avoir des hauts et des bas. Il faudra lâcher prise et se dire « je vais les laisser aller » et les rattraper... ou pas , mentionne Benoît Létourneau, qui voit le Moab 200 comme une étape vers un autre rêve, celui de participer au Marathon Barkley, une course rendue célèbre par un film de Netflix.

Si les quatre coureurs gatinois du Moab 200 parviennent à terminer la course, peut-être les verrons-nous ensemble un jour dans cette autre course organisée au Tennessee, qui n'accueille que 40 participants chaque année?

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !