•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Qu’est-ce que ça prendrait pour que Winnipeg se mette au compostage?

Qu’est-ce que ça prendrait pour que Winnipeg se mette au compostage?
Radio-Canada

Cela fait des années qu'on parle d'implanter un programme de gestion des matières organiques à la Ville de Winnipeg. Pourtant cette idée n'a jamais été menée à terme. À quelques semaines de l'élection municipale, les candidats à la mairie se disent tous en faveur d'un tel projet, mais à quel prix?

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

Interrogés sur la question du compostage lors d’un débat le 17 septembre, tous les candidats à la mairie de Winnipeg ont parlé en faveur d'un programme gestion des matières organiques.

Pourtant, en 2016, la majorité des conseillers avaient rejeté l'idée de développer un tel programme parce que, selon une étude préliminaire, la facture annuelle du service de collecte d'ordures passerait alors de 55 à 100 $ par résident.

Le cas de Brandon

Pour comprendre comment Winnipeg pourrait s'y prendre pour se doter d'un programme de compostage, il faut peut-être aller voir du côté du système de traitement des matières organiques de la ville de Brandon, qui remporte un franc succès auprès de ses résidents.

« Nous avons commencé petit », explique Pam Penner, gérante des travaux publics à la ville de Brandon.

Vous devez savoir ce que veulent vos résidents et vous devez vraiment écouter ce qu'ils demandent.

Pam Penner, gérante des travaux publics à la ville de Brandon

En 2010, quand le projet pilote de compostage a débuté, seuls 500 foyers de Brandon y participaient.

Depuis 2013, le service de compostage est offert à tous les résidents de la ville, qui y participent sur une base volontaire. Aujourd’hui, 7500 foyers, soit la moitié des résidents de Brandon, compostent leurs déchets domestiques.

La durée de vie des sites prolongée

Ce faisant, la ville réussit à détourner 6000 tonnes de matières organiques de son site d’enfouissement. Cela diminue du tiers la quantité de déchets acheminés vers le site.

« On prévoyait que notre site d'enfouissement atteindrait sa capacité en 2042, soit dans 27 ans », explique la gestionnaire.

Maintenant, avec le programme, on est en mesure de prolonger sa durée de vie et c'est énorme.

Pam Penner, gérante des travaux publics à la ville de Brandon

En compostant une partie de ses déchets résidentiels, Brandon parvient non seulement à prolonger la durée de vie de son site, mais aussi à réduire les coûts d'enfouissement.

Selon la ville, pour chaque 3700 tonnes de matière compostée, c’est 280 000 $ de frais d'enfouissement qui sont économisés, en raison de l'espace non utilisé dans le site d'enfouissement.

Investissement de la province

Pour encourager cette initiative verte, la province du Manitoba investit aussi dans le programme de Brandon.

La province octroie à la ville 10 $ pour chaque tonne de déchets détournés des sites d'enfouissement.

Cet appui provincial « nous a vraiment aidés à continuer à rendre ce programme économique et à avoir très peu d'effet sur les résidents », explique Pam Penner.

Un investissement provincial de 300 000 $ pour l'élargissement du programme en 2013, avait aussi permis de financer l'achat de l'équipement.

Alors, ce modèle pourrait-il être transféré avec succès à Winnipeg? La Ville pourrait-elle arriver à rentabiliser un éventuel investissement dans le compostage? Le directeur général d'Eco-Ouest, Dany Robidoux, rappelle qu'il y a plusieurs facteurs à prendre en compte.

C'est difficile d'arriver à un « break even.

Dany Robidoux, directeur de l’organisme Eco-Ouest

« Il y a des frais d'exploitation, des coûts à gérer, mais là, c'est l'impact environnemental qu'on est en train de réduire », explique Dany Robidoux.

Selon lui, avant de se lancer dans un tel projet, une ville doit déterminer ce qu'elle accepte comme matière compostable puisque celle-ci peut affecter la qualité du compost et ce qu'on pourra en faire.

« C'est de comprendre quel type de déchets se rendent présentement aux sites d'enfouissement », dit-il.

« On doit faire ce genre d'analyse pour déterminer quelle serait la meilleure technologie pour être capable de bien traiter les déchets », explique Dany Robidoux.

Des modèles de réussite

Il donne en exemple la ville de Saint-Hyacinthe, au Québec, qui a développé un programme de traitement des déchets organiques.

« Ils génèrent un gaz synthétique qui est par la suite redirigé vers la flotte de véhicules municipaux », dit-il.

À Brandon, le compost est mélangé à de la terre, puis vendu en vrac aux résidents ou utilisé pour embellir les parcs et espaces verts.

Les résultats d'une étude sur un possible programme de collecte des déchets organiques à Winnipeg sont attendus en 2019. Cette étude permettra d’analyser la viabilité d’un tel projet en ville.

Politique municipale

Politique