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Le PQ en « grande réflexion », mais ce n'est pas la fin, assure sa présidente

Elle est en entrevue à Radio-Canada
La présidente du Parti québécois, Gabrielle Lemieux Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au lendemain d'une défaite amère qui laisse le Parti québécois avec trois fois moins d'élus, l'heure est à la réflexion pour la formation souverainiste créée il y a 50 ans. Et celle-ci se relèvera, assure sa présidente Gabrielle Lemieux.

Un texte de Daniel Blanchette Pelletier

Avec neuf députés, le Parti québécois perd son statut de groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. La formation politique se retrouve également orpheline de chef, puisque Jean-François Lisée, défait dans son propre comté, a remis sa démission.

Il faut dire que la dégelée subie par le parti est indéniable. Il n'y a jamais aussi peu d’élus péquistes depuis 1973.

« On est triste de voir le résultat », confirme Gabrielle Lemieux. La présidente du PQ est la seule représentante du bureau à avoir pris la parole au lendemain d’une dure soirée électorale.

« Ça va prendre du temps avant qu’on puisse regarder en détail les résultats, analyser le tout correctement. Mais clairement que des grandes réflexions vont s’imposer au Parti québécois », reconnaît-elle.

Il y a eu une volonté de changement au Québec et c’était le défi du PQ d’incarner ce changement-là. On va voir jusqu’à quel point on a pu l’incarner ou pas et on va s’ajuster par la suite.

Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois

Selon l’analyste politique Martine Biron, le PQ a eu énormément de difficulté à se définir dans cette élection menée par le changement.

« Comment est-ce que le parti va se repositionner? demande-t-elle. Est-ce qu’il y aura des discussions avec Québec solidaire pour avoir un programme commun [sur la souveraineté]? »

Force est de constater qu’à gauche, le vent de changement est incarné par Québec solidaire, et non par le Parti québécois, déchiré entre la relève et la vieille garde, rappelle Martine Biron.

« Le parti a un sérieux examen de conscience à faire et une introspection sur la façon avec laquelle il peut reconnecter avec les Québécois », estime pour sa part l’animateur de Mordus de politique, Sébastien Bovet.

Rejet du PQ?

Gabrielle Lemieux refuse cependant de croire que les Québécois ont laissé tomber le parti de René Lévesque, en rappelant du même souffle la récolte de 687 872 votes et les quelques sièges conservés dans l'est du Québec.

Elle souligne également la base militante, ces 80 000 membres qui continuent d’appuyer et de croire au Parti québécois, dont l’élection de lundi ne représente pas la fin.

« Ça fait plusieurs élections que les gens évoquent cette possibilité-là », déplore la jeune femme, qui n’a aucune crainte pour la suite des choses. « Je suis impressionnée moi-même à quel point le PQ a su se renouveler dans les derniers temps », confie-t-elle.

L’analyste Martine Biron souligne cependant que la formation souverainiste à la mauvaise habitude de « régler ses problèmes en changeant de chef ».

Depuis la défaite de Pauline Marois en 2014, quatre chefs se sont succédé à la tête du Parti québécois : Stéphane Bédard (intérim, 2014-2015), Pierre Karl Péladeau (2015-2016), Sylvain Gaudreault (intérim, 2016) et Jean-François Lisée (2016-2018).

Un cinquième chef aura la délicate tâche de reconstruire, encore une fois, le parti et de le solidifier d’ici à la prochaine campagne électorale. Mais il faudra revoir la façon dont le parti fonctionne pour s’assurer du succès de la démarche, prévient Martine Biron.

Le nom de la députée de Joliette et vice-chef du PQ, Véronique Hivon, circule déjà, tout comme ceux du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et de l'ancien chef Pierre Karl Péladeau.

Avec les informations de Mathieu Dion

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