•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Immigration : Ottawa reste muet sur le plan Legault

Un panneau signalétique montrant les douanes pour les passagers en immigration dans un aéroport.
Ottawa entend prendre le temps d'étudier la proposition de François Legault d'imposer des tests de valeurs aux immigrants du Québec. Photo: iStock
La Presse canadienne

Le gouvernement fédéral évite de se prononcer sur les propositions du premier ministre désigné du Québec, François Legault, en matière d'immigration.

Tant le premier ministre Justin Trudeau que son ministre des Affaires gouvernementales, Dominic LeBlanc, ont refusé de le faire.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a remporté une victoire électorale sans équivoque lundi soir, a souvent dit qu'il reviendrait à Ottawa de décider du sort des nouveaux arrivants qui échoueraient aux tests de français et de valeurs qu'il compte leur faire subir.

En conférence de presse à Vancouver, mardi, le premier ministre fédéral s'est contenté de déclarer qu'il ne s'attendait pas à « toujours être d'accord sur tout » et s'est dit impatient de discuter d'une variété de sujets avec François Legault, y compris celui de l'immigration.

Il n'a pas voulu dire s'il partageait le même malaise qu'avait exprimé la semaine dernière sa ministre Diane Lebouthillier. Elle avait déclaré qu'elle ne pouvait pas « être d'accord avec ça » et qu'« au Canada, il y a des règles au niveau de l'immigration » et qu'il fallait les respecter.

Le ministre LeBlanc n'a pas plus voulu dire ce qu'il pensait du plan Legault, plaidant qu'il souhaitait « comprendre exactement leur plan » et rencontrer « vite » la personne qui héritera du portefeuille de l'Immigration.

Quand le gouvernement [du Québec] aura ses politiques et ses ministres en place, ça nous fera plaisir de les rencontrer et de travailler.

Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales

« C'est maintenant l'occasion pour M. Legault de gouverner et pour son Conseil des ministres de prendre des décisions et d'élaborer des politiques. Gouverner est différent que faire une campagne électorale », a-t-il exposé en entrevue avec La Presse canadienne.

Géométrie variable

Photo d'immigrants. En surplomb, deux jeunes arborant le drapeau du Québec sur leur tête.Accueil, intégration et employabilité. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les contours du plan caquiste se définissaient au fur et à mesure que la campagne progressait.

Dans la dernière portion du marathon, il avait affirmé que les nouveaux arrivants pourraient passer les tests « autant de fois qu'ils le veulent », jusqu'à ce qu'ils les réussissent.

Après avoir commis deux faux pas en autant de jours en répondant à des questions sur le fonctionnement du système d'immigration et s'être fait accuser de mener une « campagne de peur », le dirigeant de la CAQ s'était montré plus réticent à discuter de sa proposition.

Il avait envoyé la balle dans le camp d'Ottawa en arguant que le seul pouvoir du gouvernement du Québec était « d'émettre le certificat de sélection » et que pour le reste, « si les gens ont des questions à poser [...] qu'ils posent des questions à Justin Trudeau ».

Appuis des conservateurs fédéraux

Mais les déboires qu'a connus le chef en parlant immigration n'entament pas la détermination des conservateurs fédéraux à en discuter eux aussi, si besoin est, pendant la campagne électorale fédérale, a indiqué le député Alain Rayes.

Je considère que l'immigration est un enjeu en ce moment, pas juste au Québec, mais partout.

Alain Rayes, député conservateur de Richmond-Arthabaska

« Il y a un enjeu d'intégration, et il y a à travers tout ça les questionnements que plusieurs Québécois et Canadiens se posent par rapport à la religion », a ajouté M. Rayes, dont la formation a fait du sujet des traverses irrégulières à la frontière un enjeu prépondérant.

« C'est un sujet qui est délicat parce que l'objectif n'est pas de nourrir de la haine, mais plutôt de voir comment on peut bien faire notre travail », a-t-il soutenu.

Chose certaine, l'élu de Richmond-Arthabaska estime que la retentissante victoire électorale des troupes caquistes de François Legault est de bon augure pour celles d'Andrew Scheer, au fédéral, à environ un an du prochain scrutin.

Je pense que le terrain est fertile pour nous. Le discours de centre, centre droit, économique, où les gens veulent une meilleure gestion des finances publiques, moins d'impôt, moins de taxes, a une oreille de la part de plusieurs citoyens, dont au Québec.

Alain Rayes, député conservateur de Richmond-Arthabaska

« Un peu partout au Canada, lorsqu'on regarde la carte électorale en 2015 et la carte électorale aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a beaucoup de gouvernements libéraux qui ont changé », a noté le député Rayes.

Les libéraux ont eu la vie dure ces derniers temps : après avoir été pratiquement rayés de la carte en Ontario, ils ont perdu leur majorité au Nouveau-Brunswick. Et lundi soir, ceux de Philippe Couillard ont été chassés par les Québécois.

Selon le ministre Dominic LeBlanc, on ne peut forcément « tirer d'un résultat provincial une leçon et un momentum fédéral ». Et il a lancé cette mise en garde en établissant un parallèle entre la victoire des néo-démocrates en Alberta et la déconfiture qui a suivi sur la scène fédérale.

Cinglant, il a fait valoir que l'ancien chef fédéral du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair était « rentré à la Chambre des communes [en pensant déjà] devenir premier ministre du Canada parce que Rachel Notley [avait] gagné une élection en Alberta » en mai 2015.

« Et voir les visages de ses 100 et quelques députés NPD, il y a trois ans et demi, tout excités parce que Mme Notley a remporté une victoire surprise en Alberta... je pense que la leçon, c'est dire où est le NPD maintenant, et où est M. Mulcair? » a raillé le libéral.

Politique fédérale

Politique