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Une Canadienne parmi les Nobel de physique

Donna Strickland, souriante, de face
Donna Strickland, à son domicile, après avoir remporté son Nobel de physique. Photo: Reuters / Peter Power
Radio-Canada

Le prix Nobel de physique a été attribué mardi à trois chercheurs, dont la Canadienne Donna Strickland, pour leurs recherches sur les lasers qui ont permis de développer des outils utilisés dans l'industrie et la médecine. Mme Strickland est la première femme à remporter le Nobel de physique depuis Maria Goeppert-Mayer, il y a 55 ans.

Cette année, l'Académie a choisi de diviser la récompense en deux. D'un côté, la chercheuse canadienne Donna Strickland et son collègue français Gérard Mourou remportent la moitié du prix tandis que le chercheur américain Arthur Ashkin reçoit l'autre moitié.

« Les inventions qui sont honorées cette année ont révolutionné la physique des lasers », a expliqué mardi l'Académie royale des sciences de Suède en présentant les lauréats.

De gauche à droite, trois photos distinctes montrant Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland, tous de face.Agrandir l’imageDe gauche à droite, Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland Photo : Reuters / Brendan McDermid/Charles Platiau/Peter Power

Gérard Mourou et son étudiante Donna Strickland ont été récompensés pour avoir mis au point l'amplification (CPA), un procédé qui permet de créer des impulsions ultracourtes de quelques dizaines de femtosecondes et de très haute puissance.

Ce principe a permis d'adapter la découverte au domaine médical pour des avancées nouvelles dans le domaine de la chirurgie réfractive de l'oeil et de la cataracte.

Donna Strickland est affiliée à l'Université de Waterloo, au Canada, tandis que son professeur, Gérard Mourou, est affilié à l'École Polytechnique de Palaiseau, en France ainsi qu'à l'Université du Michigan.

Une chirurgie de l'oeil au laser.Le procédé mis au point par Donna Strickland et son professeur Gérard Mourou a permis des avancées dans le domaine des chirurgies de l'oeil. Photo : AFP/Getty Images / STEPHEN JAFFE

Le chercheur américain Arthur Ashkin, affilié aux laboratoires Bell de Holmdel, au New Jersey, est pour sa part récompensé pour avoir mis au point des pinces optiques capables de saisir et de déplacer sans les endommager des objets de très petite dimension comme des molécules ou des virus.

Il recevra la moitié de la bourse de 9 millions de couronnes suédoises (1,3 million $ CA), soit l'équivalent d'environ 650 000 $ CA. La Canadienne et le Français se partageront l'autre moitié et devraient toucher environ 325 000 $ CA chacun.

Donna Strickland heureuse, mais surprise

« C'est évidemment un grand honneur de recevoir un tel prix », s'est réjouie Donna Strickland. Dans diverses entrevues, elle s'est dite « abasourdie » d'être ainsi récompensée pour ses travaux et honorée de partager son prix avec Gérard Mourou, son directeur de thèse.

« À cette époque, au début des années 1980, il existait à la fois des lasers à impulsions courtes et des lasers à haute énergie. Les gens voulaient des puissances de pointe élevées, mais si nous mettions des puissances de pointe élevées dans un laser, nous faisions exploser le laser », a-t-elle expliqué à La Presse canadienne.

« C'est pourquoi on ne pouvait pas avoir à la fois une énergie élevée et des impulsions courtes. L'amplification par dérive de fréquence vient contourner cela », a-t-elle ajouté.

Une femme au sommet

Donna Strickland est devenue la troisième femme à recevoir le prestigieux prix Nobel de physique, après Marie Curie, en 1903, et Maria Goeppert-Mayer, en 1963.

Évoluant dans un monde d'hommes, elle dit avoir « fait abstraction » de cette réalité, qui ne l'a « pas arrêtée ».

« J'ai toujours été payée à la hauteur de mes collègues [masculins] et j'ai le sentiment d'avoir été traitée sur un pied d'égalité », a-t-elle indiqué en entrevue avec La Presse canadienne.

Même si une minorité d'hommes ne reconnaît pas l'apport des scientifiques de sexe féminin, « nous ne devrions jamais perdre de vue le fait que nous progressons », a-t-elle affirmé.

Invitée, au cours d'un point de presse, à donner un conseil aux jeunes femmes intéressées par la science, elle les a encouragées à persister.

Si quelqu’un vous dit que vous avez tort, et que vous croyez avoir raison, continuez. C’est ce que je fais.

Donna Strickland, récipiendaire du Nobel de physique

La reconnaissance de son travail pourrait inciter les filles à se tourner vers les domaines scientifiques, croit-elle.

Les éloges ont afflué sur Twitter. La gouverneure générale Julie Payette, ingénieure de formation et ancienne astronaute, a exprimé sa « fierté » de voir Donna Strickland « retrouver la légendaire Marie Curie dans ce groupe sélect » de femmes ayant remporté le Nobel de physique.

Le premier ministre Justin Trudeau l’a pour sa part félicitée pour ses « réalisations remarquables » et le chef conservateur, Andrew Scheer, a déclaré qu’elle faisait partie des « Canadiennes extraordinaires qui changent le monde ».

Soulignant ce moment « historique », le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a pour sa part salué une « pionnière dont tout le pays est fier » et a dit trouver « super intéressant de découvrir son travail révolutionnaire dans le domaine de la physique des lasers »

Avec les informations de Reuters, et Presse canadienne

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