•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec solidaire fait des gains à Montréal, la CAQ entre par l'est de l'île

Gabriel Nadeau-Dubois sourit derrière un lutrin sur une scène éclairée en orange.

Le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a pris la parole au rassemblement de QS à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Turmel

Radio-Canada

Le parti de Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois a fait trois gains à Montréal. La Coalition avenir Québec (CAQ) a pour sa part réussi à poser le pied sur l'île, remportant deux circonscriptions dans l'est de l'île, détroussant le Parti québécois (PQ).

Un texte de Joëlle Girard

Québec solidaire comptera six députés sur l'île de Montréal, dont M. Nadeau-Dubois et Mme Massé qui ont été déclarés victorieux dans Gouin et Sainte-Marie-Saint-Jacques avec respectivement 59,1 % et 49,3 % de voix exprimées.

Présent au rassemblement de son parti à L'Olympia de Montréal, le co-porte-parole a pris la parole tôt dans la soirée pour souligner le « pas de géant » effectué par sa formation politique.

Parmi les gains les plus notables se trouve certainement celui qui a été obtenu dans la circonscription de Rosemont, où l'ex-chroniqueur Vincent Marissal a défait le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. La lutte s'annonçait chaude, mais M. Marissal a récolté 2500 voix de plus que son adversaire.

Sentant la soupe chaude, le chef du PQ s'était rendu à cinq reprises pendant la campagne dans sa circonscription et avait participé à un débat de candidats.

« C'est l'espoir qui a gagné dans Rosemont ce soir, bravo! », s'est exclamé le nouveau député devant un parterre rempli de militants.

« Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, je vous confirme que je suis immortel », a également affirmé M. Marissal, faisant référence à son entrée houleuse en politique, quand il avait révélé qu'il avait « magasiné » sa formation.

Vincent Marrisal parle sur une scène.

Vincent Marissal a pris la parole peu de temps après sa victoire devant un parterre rempli de militants solidaires enthousiastes.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Turmel

Dans Mercier, l'ancienne circonscription d'Amir Khadir, sa protégée Ruba Ghazal a également été élue loin devant la candidate libérale, avec 54,5 % du vote. La péquiste Michelle Blanc, dont les écrits et l'humour noir ont causé des maux de tête à son chef au cours de la campagne, a pour sa part terminé troisième avec un score de 12,1 %.

Les collègues solidaires de Mme Ghazal, Andrés Fontecilla, dans Laurier-Dorion, et Alexandre Leduc, dans Hochelaga-Maisonneuve, ont aussi remporté leur pari haut la main.

En 2014, M. Fontecilla avait été défait par le libéral Gerry Sklavounos par plus de 6000 voix. Ce dernier, qui avait fait la manchette en raison d'allégations d'inconduites sexuelles, a choisi de ne pas se présenter pour un cinquième mandat. C'est George Tsantrizos, son ancien bras droit, qui sollicitait les électeurs de Laurier-Dorion, mais M. Fontecilla a renversé la tendance en l'évinçant par plus de 4000 voix.

Dans Hochelaga-Maisonneuve, détenue par les péquistes depuis 1989, Alexandre Leduc a quelque peu causé la surprise en remportant 49,7 % du vote. Sollicitant les électeurs de cette circonscription pour la troisième fois, il a défait Carole Poirier qui y était confortablement établie depuis 2008.

En 2014, QS avait remporté trois sièges à Montréal.

La CAQ évince le PQ dans l'est

Pendant la campagne, plusieurs analystes ont évoqué la possibilité que la CAQ répète le scénario de 2014 à Montréal en ne décrochant aucun siège. Or, le parti de François Legault a effectué une percée dans l'est de l'île, où il a notamment fait campagne en promettant la revitalisation de cette portion de la ville grâce à la décontamination de terrains.

Portée par la vague caquiste et sa notoriété dans ce secteur, la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a battu Jean-Martin Aussant, qui effectuait son retour au PQ après avoir fondé Option nationale, par plus de 1800 voix. Tout comme Hochelaga-Maisonneuve, Pointe-aux-Trembles était un bastion péquiste depuis 1989.

Les troupes caquistes sont parvenues à arracher une autre terre acquise au PQ, celle de Bourget, où dès le début de la soirée, la lutte a été très serrée. Représentée à l'Assemblée nationale par Maka Kotto depuis 2008, la circonscription était entre les mains du PQ depuis 1994. Le péquiste a toutefois déclaré forfait, battu par le candidat de la CAQ Richard Campeau, qui a devancé M. Kotto par 423 voix.

Ces deux victoires en zones péquistes, couplées aux gains de QS, ont officiellement sonné le glas du parti de René Lévesque dans la métropole, du moins pour quatre ans. Le parti s'est fait montrer la porte, n'arrivant à faire élire aucun député. En 2014, il avait raflé quatre sièges.

L'ouest de l'île peint en rouge

Sans surprise, le Parti libéral (PLQ) a remporté toutes les circonscriptions de l'ouest de l'île de Montréal, pour un total de 17. Un résultat qui contraste avec le reste du Québec, où il a perdu de nombreux acquis. En 2014, le parti de Philippe Couillard avait mis la main sur 20 sièges.

Dans l'extrême ouest de l'île, George Kelley et Monsef Derraji ont été élus avec des avances écrasantes de 18 000 et 16 000 voix. Même chose pour les candidats vedettes Enrico Ciccone (43 %) et Marwah Rizqy (61,8 %), qui ont été élus dans Marquette et Saint-Laurent, et pour Jennifer Maccarone (66,7 %) dans Westmount–Saint-Louis.

Pierre Arcand, secrétaire du Conseil du Trésor dans le gouvernement sortant, a pour sa part été reconduit par les électeurs de Mont-Royal–Outremont avec 51,3 % de voix. Son collègue aux Finances, Carlos J. Leitao, a aussi facilement remporté son élection dans Robert-Baldwin (73,9 %).

La ministre sortante de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, Lise Thériault, et sa collègue à l'Économie, Dominique Anglade, ont pour leur part été talonnées par la CAQ et QS dans leurs circonscriptions respectives d'Anjou–Louis-Riel et Saint-Henri–Sainte-Anne.

Dans le sud-ouest de l'île, Hélène David et Isabelle Melançon ont aussi conservé leur siège dans Marguerite-Bourgeoys et Verdun.

Plus au nord, dans Maurice-Richard, la ministre sortante de la Culture et des Communications a aussi été réélue, mais avec une faible majorité. Marie Montpetit a été chauffée par Québec solidaire, mais a réussi à conserver son siège par 531 voix.

Dans Acadie, Bourassa-Sauvé et Jeanne-Mance–Viger, trois candidates libérales ont été élues, soit Christine St-Pierre, Paule Robitaille et Filomena Rotiroti. Tout près, dans LaFontaine, Marc Tanguay a été reconduit haut la main avec 58,8 % du vote. Idem dans Viau, où Frantz Benjamin a été élu pour la première fois avec une majorité de plus de 4000 voix.

Grand Montréal

Politique provinciale