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Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-coeur du PQ

Jean-François Lisée a annoncé sa démission au poste de chef du Parti québécois (PQ) après sa défaite dans Rosemont. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

Devant le douloureux revers encaissé par sa formation, qui a perdu son statut de groupe parlementaire à l'Assemblée nationale en obtenant le nombre de sièges le plus bas depuis 1973, et sa propre défaite dans sa circonscription de Rosemont, Jean-François Lisée a annoncé lundi soir qu'il quittait son poste de chef du Parti québécois, deux ans après avoir pris le relais de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ.

Un texte de Julie Marceau

« La volonté populaire de choisir la CAQ, de s’assurer de déloger les libéraux était plus forte que tout. Il s’agissait d’un courant puissant irrésistible », a déclaré Jean-François Lisée devant des dizaines de militants affligés à l’Usine C, à Montréal.

Pour l’emporter, il nous fallait remonter les chutes du Niagara à la rame. Nous avons ramé mes amis, nous avons ramé à nous en arracher la peau des mains.

Jean-François Lisée

Défait dans sa circonscription par l’ex-chroniqueur Vincent Marissal, de Québec solidaire, Jean-François Lisée a également annoncé qu’il quittait son poste de chef de parti.

« Je serai à vos côtés lors des prochaines batailles, toujours. Je prends une bonne part de responsabilité dans les résultats d’aujourd’hui. Mais j’aime croire aussi que le parti, ses membres, son financement, son programme, son énergie en disent bien plus long sur notre travail commun que le nombre de nos députés », a affirmé le chef péquiste.

C’est dans une ambiance mortuaire teintée d’amertume que les dizaines de militants péquistes réunis à l’Usine C ont assisté toute la soirée à la déroute de leur parti.

Lorsque les médias ont annoncé que la CAQ formerait le prochain gouvernement, les organisateurs ont coupé le son des chaînes de télévision pour mettre de la musique dans la salle.

Dans les haut-parleurs, la chanson de Gilles Vigneault : « Tout l’monde est malheureux… Tam ti dela da ti… »

Le même scénario s'est répété chaque fois que les caméras montraient les caquistes célébrant leur victoire.

« Après des milliers de mains serrées […] on peut être fiers [...] C’est le PQ qui a fait la meilleure campagne! », clame l'animateur de la soirée, le comédien Fabien Dupuis, devant une foule à la mine déconfite.

« Il y a une consolation, les libéraux sont chassés », confie Éric Leblanc, un militant qui s’était habillé tout en bleu avec son chapeau de cowboy pour la soirée. Chaque fois qu’un péquiste était réélu, la salle applaudissait. Chaque petite victoire, comme Pascal Bérubé dans Matane-Matapédia ou Harold Lebel dans Rimouski, était soulignée.

Peu avant 21 h, la présidente du Parti québécois répète sur scène que le PQ a fait une bonne campagne.

« Le Parti québécois a étonné, a impressionné », insistait Gabrielle Lemieux, alors que les chiffres du parti dégringolaient sur deux gros écrans derrière elle. Sur Twitter, le chef Jean-François Lisée a félicité le nouveau premier ministre, François Legault. « La grande volonté de changement s’est canalisée en sa faveur », a-t-il dit.

« Les Québécois veulent du changement, mais je ne pense pas qu’ils savent ce que ça veut dire comme changement », maugréait un militant qui a préféré ne pas donner son nom.

Un militant avec le drapeau du Québec sur le dosUn militant au rassemblement du Parti québécois (PQ) à Montréal le 1er octobre. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Peu de consolations

La réélection de la vice-cheffe du PQ a fait office de mince consolation.

« C’est un bon résultat pour Joliette, j’ai même augmenté mon pourcentage, je veux leur dire merci [à mon équipe] du fond du cœur », a dit Véronique Hivon sur les ondes de Radio-Canada.

Au cours de la journée, Jean-François Lisée avait confié avoir uniquement préparé deux discours : un scénario de gouvernement péquiste « majoritaire » et « minoritaire ».

C’est celui de la défaite qu’il prononcera. Non sans décocher quelques flèches à ses adversaires.

« Alors que nous ramions pour remonter avec quelques succès, d’autres travaillaient dans nos circonscriptions pour nous arracher des rames », a-t-il dit, en référence à Québec solidaire.

Jean-François Lisée semble avoir gardé un goût amer de l’échec de la convergence.

« Il y a deux ans […] je visualisais cet engouement nouveau de la jeunesse autour du PQ et de QS. Je proposais que nos deux partis additionnent leurs forces, notre offre était sincère. Si le congrès de QS avait accepté notre main tendue, il y a fort à parier que l’élection de ce soir offrirait un tout autre résultat », affirme-t-il.

Appel au rassemblement

« On ne peut pas réécrire le passé, mais il faut en tirer des leçons à l’avenir », a ajouté M. Lisée, appelant les forces souverainistes à s’unir.

Pour l’heure, le peuple a parlé.

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée dit également avoir appelé François Legault pour l’inviter à utiliser certaines idées du PQ.

« J’ai dit à François […] je t’invite toi et tes futurs ministres à lire notre programme et à prendre le maximum d’idées possibles! Il n’a pas dit non! J’ai dit : "regarde surtout le bout sur l’environnement" », a-t-il expliqué.

Jean-François Lisée a terminé son discours en saluant son équipe, ses conseillers, sa conjointe Sylvie Bergeron et les 125 candidats du PQ.

« Écoutez-moi bien, les 125. Le verdict de l’électorat ne porte pas sur votre talent, votre dévouement […] vous avez été emportés par une vague et lorsque la vague se retirera, vous serez toujours là debout et vaillants comme des Québécoises et des Québecois. »

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