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Réélu dans l'opposition, Couillard se donne quelques jours pour réfléchir à son avenir

Phlippe Couillard est resté digne dans son discours de défaite. Photo: Radio-Canada / Dany Pilote
Jérôme Labbé

Philippe Couillard termine son mandat de premier ministre « la tête haute ». Mais siégera-t-il dans l'opposition? Le chef du PLQ se donne « quelques jours » pour y penser.

Car si M. Couillard a facilement été réélu dans sa circonscription de Roberval, au Lac-Saint-Jean, il devra céder le pouvoir au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui a reçu un mandat clair des Québécois, lundi soir, pour former le prochain gouvernement.

« À titre de chef de notre parti, je dois accepter la responsabilité du résultat de ce soir », a-t-il affirmé vers 21 h 45 à l'intention de la cinquantaine de militants jeannois qui s'étaient déplacés pour l'entendre à l'Hôtel du Jardin, à Saint-Félicien. « Je devrai donc entreprendre une réflexion sur mon avenir personnel. Afin de réduire la période d'instabilité qui en résultera, cette réflexion sera courte. Quelques jours au maximum. »

Le chef libéral a ensuite félicité son adversaire caquiste pour sa victoire sans équivoque, soulignant au passage que les électeurs avaient « clairement indiqué un désir de changement ». « Il lui revient maintenant, avec son équipe, de poursuivre l'élan du Québec », a-t-il déclaré. « Je l'ai assuré de mon entière collaboration, ainsi que de celle de mon équipe, pour faciliter la transition. »

« Je souhaite à son gouvernement tout le succès que le Québec mérite », a-t-il poursuivi. « Car malgré nos différences d'opinions significatives, nous sommes tous Québécois, tous et toutes. On doit rester unis, on est plus fort unis. »

Je ne suis pas amer, je vous demande de ne pas l’être. Je suis fier. Vous pouvez l’être aussi.

Philippe Couillard, chef du PLQ

Dans son discours de défaite, M. Couillard a notamment dressé le bilan des quatre dernières années de son gouvernement, se félicitant de n'avoir « jamais marchandé [ses] valeurs et [ses] principes ». « On a fait ce qu’on avait dit qu’on ferait; souvenons-nous-en tous », a-t-il déclaré. « Je termine mon mandat de premier ministre la tête haute. »

Son discours, empreint de sobriété et de retenue, n'aura duré que six minutes.

La journée avait été longue pour le chef libéral. La conclusion d'un nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, la veille, avait obligé M. Couillard à remettre momentanément sa veste de premier ministre pour prendre la défense des agriculteurs québécois, qui devront vraisemblablement faire d'importantes concessions sur le système de la gestion de l'offre. Et comme si ce n'était pas assez, c'est au jour J que le patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, avait choisi de tirer sa révérence.

Une soirée surprenante

L'avènement d'un gouvernement caquiste majoritaire a été annoncé par Radio-Canada dès 20 h 34.

« Si la tendance se maintient... » : la phrase tant redoutée a été accueillie froidement à l'Hôtel du Jardin, l'endroit même où M. Couillard avait célébré sa victoire il y a quatre ans.

Quelques instants plus tard, sur Twitter, M. Couillard concédait la victoire à François Legault.

M. Couillard a passé la soirée chez lui, à Saint-Félicien, en compagnie de sa conjointe, Suzanne Pilote. Pendant ce temps, les militants libéraux qui s'étaient déplacés à l'Hôtel du Jardin regardaient avec déception les résultats de leur parti – les pires de l'histoire récente du PLQ.

C'est décevant, pour un premier ministre de notre comté, qui a donné beaucoup pour les régions.

Véronique Ménard, militante

« Le vote n'est pas sorti », admettait une responsable du parti, avant même le dévoilement des résultats.

« Je ne peux pas croire que François Legault va être premier ministre pendant quatre ans », soupirait un peu plus tard l'une de ses collègues qui, manifestement, espérait à tout le moins un gouvernement minoritaire.

Seule source de réjouissance : la réélection de leur chef dans Roberval, annoncée peu avant 21 h.

Philippe Couillard du PLQ a 42,5 % des voix, Denise Trudel de la CAQ a 24,2 %, Thomas Gaudreault du PQ a 19 % et Luc-Antoine Cauchon a 10,7 % des voixPhilippe Couillard a été réélu dans Roberval. Photo : Radio-Canada

Contrairement à ce qui avait été annoncé, deux candidats libéraux de la région se sont finalement joints au rassemblement, soit Alexandre Duguay (Jonquière) et Mathieu Huot (Lac-Saint-Jean). Ni l'un ni l'autre n'a été élu.

Les deux hommes, bras dessus bras dessous.Alexandre Duguay (Jonquière) et Mathieu Huot (Lac-Saint-Jean). Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

M. Huot s'est dit fier de la campagne qu'il a menée et a félicité ses adversaires, allant même jusqu'à promettre de se représenter en 2022, s'il en a « l'opportunité ».

« Mais pour les quatre prochaines années, malheureusement, je n'ai pas beaucoup d'espoir au niveau de ce qui va être accompli », a-t-il confié. « Je pense qu'on va faire du surplace pendant quatre ans, et ça, ça me désole. »

« Je suis très, très déçue », a admis Monique Ouellette, les yeux pleins d’eau.

Mme Ouellette avait été la première arrivée, vers 19 h 30. « Je ne sais pas quoi dire. J’ai trop de peine. »

« C’est la démocratie qui a parlé », a ajouté son mari, philosophe. « La politique, c’est très ingrat. »

Un homme et une femmes âgés regardent la défaite de leur parti sur deux écrans géants.Les mines étaient basses, lundi soir, à l'Hôtel du Jardin, à Saint-Félicien. Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Roger Dumas se demande ce que fera maintenant le chef libéral. « Je l’sais ben pas s’il va rester là. Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je doute. »

Pense-t-il vraiment que M. Couillard acceptera de faire quatre ans dans l’opposition? « Je pense pas », laisse-t-il finalement tomber.

Dès 22 h 15, il ne restait plus aucun militant à l'Hôtel du Jardin.

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