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Trafic humain dans l’Ouest canadien : un fléau silencieux

Kaitlin Bick parle à un micro.
Kaitlin Bick dit qu'elle ne s'est jamais rendu compte qu'elle était victime d'exploitation sexuelle. Photo: Radio-Canada

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Calgary, lundi, répondant à l'appel de la police et de l'organisation Reset pour une conférence visant à sensibiliser les Albertains à l'exploitation sexuelle.

Kaitlin Bick se considère comme chanceuse d’être encore en vie. La jeune femme a raconté aux participants de la conférence comment elle s'est, sans s’en rendre compte, retrouvée victime de trafic sexuel.

Toxicomane, alcoolique et sans famille, la jeune femme originaire de l’Ontario est rapidement tombée amoureuse d'un homme qui la couvrait de petites attentions.

« Un jour, le garçon que je fréquentais m’a dit qu’il partait faire un voyage à Calgary », raconte-t-elle. Elle venait de perdre son emploi et croyait n’avoir rien à perdre. En route, elle et celui qu’elle croyait être son petit ami ont été arrêtés par la police. Ils avaient de la drogue en leur possession.

C’est le jeune homme qui a écopé des accusations criminelles. Il a par la suite demandé à Kaitlin de se prostituer pour l’aider financièrement.

Entre 2000 et 3000 personnes sont victimes de trafic humain dans la métropole albertaine, selon la police de Calgary. La majorité d’entre elles sont des femmes victimes d’exploitation sexuelle.

Modus operandi

Plusieurs chemins peuvent mener les jeunes filles à des situations semblables à celle de Kaitlin Bick, explique la directrice de l’organisme Reset, Theresa Jenkins. « Certaines s’y retrouvent en faisant de la danse [exotique], de la pornographie ou encore en travaillant dans un studio de massage », explique-t-elle.

Si le point d’entrée diffère, le mode de fonctionnement est souvent le même, constate-t-elle. Comme dans le cas de Kaitlin, les trafiquants vont offrir des cadeaux et de l’attention aux jeunes filles puis leur dire qu’elles doivent se prostituer pour rembourser toutes ces largesses.

Une des choses les plus difficiles dans le travail de la police, c'est de repérer ces jeunes filles et de gagner leur confiance, constate le détective Paul Rubner. Sous le contrôle physique, financier et parfois émotionnel de leur agresseur, les victimes craignent de demander de l'aide.

Il manque également de ressources pour aider ces femmes qui ont très souvent besoin de plusieurs mois de traitement autant en santé mentale que pour se libérer de leur dépendance. RESET dispose de 28 lits de longue durée et sa liste d'attente est longue.

Avec les informations d'Audrey Neveu et Tiphanie Roquette

Alberta

Droits et libertés