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Accord États-Unis–Mexique-Canada : les producteurs de lait « sacrifiés »

Des vaches dans une ferme laitière.

Les producteurs de lait du pays sont opposés à la modification du système de gestion de l'offre qui les protège contre la concurrence étrangère.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les producteurs de lait de Chaudière-Appalaches se sentent abandonnés par le gouvernement fédéral. La nouvelle entente qui remplace l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) laisse trop de place au lait américain, estime l'Union des producteurs agricoles (UPA).

« C’est vraiment le pire scénario auquel on s’attendait. On perd une partie de notre marché, en plus d'une partie de notre prix », déplore Frédéric Marcoux, producteur laitier et président de l'UPA de la Nouvelle-Beauce.

Dans l’Accord États-Unis–Mexique-Canada (AEUMC), près de 4 % du marché canadien dans le secteur laitier est ouvert aux producteurs américains. Le prix du lait diafiltré ne sera plus abaissé pour que les transformateurs et producteurs d’ici choisissent un produit canadien plutôt qu’américain.

Une situation qui déplaît à Sylvain Bourque, producteur laitier et deuxième vice-président de l'UPA Chaudière-Appalaches.

C’est l’ensemble des producteurs du Canada qui mangent la volée.

Sylvain Bourque, producteur laitier et 2e vice-président de l’UPA Chaudière-Appalaches

« Je trouve ça bien dommage qu’un gouvernement réfléchisse comme ça et qu’il soit aussi manipulable par un gouvernement étranger, parce qu’il y a des menaces. À la stratégie de M. Trump, c’est M. Trudeau qui a perdu et c’est bien de valeur », se désole M. Bourque.

Le producteur dénonce le fait que les producteurs américains ne sont pas soumis aux mêmes règles que leurs homologues canadiens.

« Ici on a des normes strictes en termes de salubrité, de qualité du lait, de traçabilité, d’antibiotique, d’hormone qu’on ne peut pas donner à nos vaches », déplore Sylvain Bourque.

Accords désavantageux

Avec cette nouvelle entente jumelée à l’Accord de Partenariat transpacifique et l’Accord de libre-échange Canada-Union européenne, les producteurs évaluent que 15 % de leur marché a été touché dans les dernières années.

« Le revenu net de la ferme moyenne vient de disparaître parce qu’on est rendu à 15 % de l’accès à notre marché canadien », évalue Bruno Cyr, président du syndicat des producteurs laitiers de Chaudière-Appalaches-Sud.

Des réunions d’urgence de l’UPA et du syndicat des producteurs laitiers ont lieu lundi afin de déterminer la stratégie à adopter.

« Les C.A. vont voir les actions [légales] à prendre s’il y en a à prendre. Mais c’est certain que les producteurs de lait, de volailles et d’œufs ne pourront pas accepter ça parce que ça ne s’accepte pas », affirme M. Bourque.

Sylvain Bourque fonde de l’espoir sur le nouveau gouvernement provincial qui sera élu lundi soir. Durant la campagne électorale, les quatre chefs des principaux partis ont fait front commun sur la gestion de l’offre.

Accords commerciaux

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