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« Le meilleur accord dans les circonstances », selon Jean Charest

Jean Charest fait le point sur l'état des relations canado-américaines

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest en entrevue à RDI

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« On n'allait pas là pour faire des gains », lance sans ambages l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, en entrevue à ICI RDI pour commenter la nouvelle entente de libre-échange nord-américain. « On a accepté de participer aux négociations pour protéger et limiter les dommages. »

En dépit des hauts cris poussés par le secteur agroalimentaire québécois, M. Charest, qui a participé aux négociations de libre-échange entre le Canada et l’Europe, estime que le Canada a réussi à obtenir ce qu’il pouvait dans les circonstances.

« On est allés chercher le meilleur accord que nous pouvions aller chercher dans les circonstances, a-t-il affirmé. On met fin à la période d’incertitude qui nous faisait mal. M. Trump ne va pas en chercher tant que ça, et dans le secteur automobile il y a également des contraintes nouvelles. »

Dans l’ensemble, je ne vous dis pas que c’est le meilleur [accord] pour nous, on aurait préféré ce que nous avions avant, mais compte tenu de la dynamique de cette négociation-là, on atterrit probablement à l‘endroit où nous pensions atterrir.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

Mulroney applaudit un « nouveau chapitre essentiel »

L'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, qui préconisait un compromis sur la gestion de l'offre, se réjouit de la conclusion de ce nouvel accord.

Dans un communiqué, il salue « toutes les personnes – en commençant par le premier ministre [Justin Trudeau] – ayant participé à l’écriture de ce nouveau chapitre essentiel afin de rendre le Canada plus fort et plus prospère ».

« Le Canada semble être parvenu à atteindre la plupart, voire la totalité, de ses objectifs importants dans le cadre de ces longues et difficiles négociations », fait-il valoir, reconnaissant ne pas avoir lu le texte intégral de l'entente.

La conclusion de cet accord représente un accomplissement remarquable pour le Canada, tout en servant, comme il se doit, les intérêts des trois pays.

Brian Mulroney, ancien premier ministre du Canada

C'est le gouvernement conservateur de Brian Mulroney qui avait négocié l'ALENA, entré en vigueur en janvier 1994.

Les Manufacturiers et exportateurs du Québec satisfaits

La présidente et directrice générale des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Véronique Proulx, se dit satisfaite de la signature d'un nouvel accord, qui met fin aux incertitudes.

« Nos membres nous disaient de ne pas toucher à l’ALENA, puisqu’ils étaient très satisfaits de l’accord en place », a-t-elle raconté en entrevue à ICI RDI.

« C’est sûr que quand on négocie un accord de libre-échange, il y a toujours des secteurs où l’on gagne plus et d’autres qui sont perdants, concède Mme Proulx. Je pense qu’il y a des gagnants et des perdants dans tous les secteurs, mais globalement, on en sort gagnants. Dans ce secteur-là [agroalimentaire], ce que l’on comprend, c’est que le gouvernement va venir compenser. Donc, c’est relativement positif. »

« Il y a eu des gains au niveau du commerce en ligne, poursuit Mme Proulx. Au-delà de 150 $ CA de commerce électronique, les tarifs douaniers et les taxes vont s’appliquer. Ça faisait partie des demandes du Canada. »

Il n’y a pas eu beaucoup de pertes non plus. Il y en a eu certaines importantes, mais qui ont peu d’impacts sur le secteur manufacturier.

Véronique Proulx, PDG des Manufacturiers et exportateurs du Québec

Mme Proulx se réjouit également d’avoir pu conserver le chapitre 19 de l’entente pour le règlement des différends. « Le chapitre 19 sur le règlement des différends fait partie des gains, avance-t-elle. Il a beaucoup servi, notamment au secteur du bois d’œuvre. »

Pertes dans l’agroalimentaire et compensations fédérales

« Parmi les secteurs où on a perdu, on pense bien sûr à la gestion de l’offre, qui affecte les producteurs et les transformateurs, reconnaît Mme Proulx. Mais le Canada s’est engagé à compenser les producteurs pour l’équivalent des pertes, alors on espère qu’il ira de l’avant et qu’il compensera. »

« Il a toujours été très clair pour moi que nous allions probablement finir par [consentir] une ouverture pour le lait et pour la volaille, comme nous l’avons fait pour l’Europe, comme nous l’avons fait aussi pour les 10 pays du Pacifique avec qui nous avons signé le PTP », renchérit M. Charest.

Ce dernier impute la réaction épidermique des politiciens québécois à la rhétorique électorale d’une campagne qui s’achève aujourd’hui.

M. Lisée vient de faire un plaidoyer pour aller voter pour le PQ. Il nous répète les mêmes lignes que le PQ a toujours répétées.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

« Le Québec fournit plus de la moitié des produits laitiers au Canada, ajoute M. Charest. Ça a toujours été ça. D’autre part, le système fédéral canadien, c’est plus que juste le secteur automobile et le secteur du lait. Il y a la péréquation, il y a le secteur aéronautique, etc. Il y a plusieurs secteurs. »

M. Charest souligne que le président américain, Donald Trump, a refusé de renoncer à la sortie de secours que lui procure l’évocation de l’enjeu de sécurité nationale pour contourner les règles de l’entente. M. Trump n’a pas voulu sacrifier cet outil qu’il a découvert dans une loi qui remonte aux années 1960, qui lui permet d’imposer des tarifs, comme il a fait sur l'acier et l'aluminium, en évoquant le prétexte d’enjeu de sécurité nationale.

On sait que c’est un faux prétexte, alors que lui [Donald Trump] dit : "Dorénavant, je veux pouvoir continuer de faire ça."

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

M. Charest précise qu’il faudra voir ce qu’il adviendra de l’industrie de l’acier – à laquelle les États-Unis imposent des tarifs douaniers de 25 % – et du secteur de l’aluminium, qui est également entravé.

Quant à la gestion de l’offre, l’ancien premier ministre québécois estime qu’il faudra surveiller un éventuel programme de soutien financier fédéral pour le secteur agroalimentaire québécois. De plus, la période de mise en œuvre de l’accord – que M. Charest estime de 5 à 10 ans – sera également à surveiller.

L'ADISQ soulagée

Après avoir craint « le pire », l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) accueille pour sa part « très favorablement » et « avec un grand soulagement » le maintien de l'exemption culturelle dans la nouvelle entente.

« La mise en place d'une exemption culturelle est essentielle pour préserver la souveraineté culturelle du Canada », affirme l'organisation dans un communiqué, félicitant le gouvernement pour sa « fermeté ».

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