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Le « plus important accord de l'histoire américaine », selon Donald Trump

Donald Trump entouré de proches collaborateurs.

Donald Trump au Rose Garden de la Maison-Blanche présente l'AEUMC.

Photo : La Presse canadienne / Evan Vucci/AP

Radio-Canada

Les États-Unis ont conclu l'accord commercial « le plus important de leur histoire », a déclaré le président Donald Trump, au lendemain de la conclusion d'une nouvelle entente de libre-échange avec le Canada. Un « merveilleux accord », a-t-il soutenu, qui fait des États-Unis un pays « à nouveau respecté ».

Chaleureusement applaudi par ses conseillers à son arrivée dans la roseraie de la Maison-Blanche, le président Trump a salué ce nouvel accord, qui restaure selon lui « l’équité et la réciprocité » dans les relations commerciales entre les États-Unis et leurs voisins, le Canada et le Mexique.

Félicitant le premier ministre Justin Trudeau et son équipe pour le travail accompli tout au long des négociations, en dépit de différends, Donald Trump a déclaré que les trois pays ont conclu le traité commercial le plus avancé du monde.

Cet accord protégera des centaines de milliers de travailleurs américains et refera des États-Unis un leader économique, tout particulièrement dans le domaine de l’automobile, a continué Donald Trump.

Grâce à cet accord, les États-Unis seront de nouveau une puissance industrielle.

Donald Trump, président des États-Unis

Très fier des concessions obtenues du Mexique, du Canada et des autres pays avec qui son gouvernement a renégocié des accords commerciaux, le président a vanté sa politique qui consiste à faire pression sur ses partenaires en imposant des tarifs douaniers punitifs élevés ou simplement en menaçant de le faire.

Selon M. Trump, il aurait été impossible d'arracher des concessions au Mexique et au Canada dans la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s'il n'avait pas « utilisé ce levier ». Le patron de la Maison-Blanche a affirmé au passage que « c'est un privilège de faire du commerce avec les États-Unis, et non l'inverse ».

Il a également loué son administration pour avoir amené ses partenaires à lâcher du lest en matière d'agriculture.

« Désormais, les éleveurs et fermiers américains auront un meilleur accès au marché lorsqu’ils exporteront du blé, de la volaille, des œufs et des produits laitiers, pour ne nommer que ces produits », a-t-il déclaré.

« Les producteurs de ces denrées n’étaient pas traités très équitablement en regard du travail qu’ils mettent pour les produire. Et à partir de maintenant, ils seront traités équitablement. Ces mesures vont soutenir des centaines de milliers d’emplois aux États-Unis », a assuré le président.

Trudeau, toujours un ami

Questionné sur la détérioration de ses relations avec le premier ministre Justin Trudeau ces derniers mois, Donald Trump a affirmé : « Il y a eu beaucoup de tensions entre nous, je dirais, mais tout s’est réglé autour de minuit la nuit dernière. »

« Beaucoup d’histoires sont sorties au sujet de Justin et moi, mais tout est réglé », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau est un homme bien, qui aime son pays, qui se bat pour les Canadiens, et c’est ce qu’il a fait.

Donald Trump, président des États-Unis
Le président Trump fait le signe du pouce en l'air.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président Trump à son arrivée au Rose Garden de la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / Leah Millis

Le nouvel accord

La nouvelle mouture de l'entente commerciale de libre-échange a été officialisée dimanche soir par une déclaration commune du représentant au Commerce des États-Unis, Robert Lighthizer, et de la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland.

L’accord, qui englobe l’entente commerciale conclue cet été entre Washington et Mexico, a été rebaptisé Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC), « un nom qui sonne bien à mes oreilles », a ajouté le président Trump, heureux de la disparition du terme ALENA.

En vertu de cette nouvelle entente, conclue au terme de plus d'un an de négociations tendues, voire acrimonieuses, les États-Unis obtiennent un meilleur accès au secteur laitier canadien, qui est protégé du dumping américain depuis des décennies par le système de gestion de l’offre.

Selon les informations qui ont filtré de l’entente jusqu’ici, le Canada aurait concédé une ouverture 3,59 % de son marché des produits laitiers aux producteurs américains. Une demi-victoire pour l’administration Trump, qui réclamait au départ l’abolition pure et simple du système de gestion de l’offre canadien.

Rappelons qu’Ottawa avait déjà accepté de céder 2 % du marché laitier à des producteurs étrangers dans le cadre de l’accord de libre-échange avec l’Europe, et 3,25 % dans le Partenariat transpacifique.

Le nouvel accord comprend aussi l’élimination de la classe 7 sur le lait diafiltré.

Objet d’un bras de fer entre Washington et Ottawa depuis des années, le lait diafiltré est une substance qui entre dans la fabrication industrielle de plusieurs produits, dont le yogourt et le fromage.

Or, le lait diafiltré n’étant pas soumis aux normes de l’ALENA, les producteurs américains pouvaient l’exporter au Canada sans payer les tarifs douaniers qui y étaient prévus.

Pour atténuer l'incidence du lait diafiltré américain sur le marché canadien, les producteurs et transformateurs avaient créé la classe 7 dans la gestion de l’offre. Cet article maintenait artificiellement le prix du lait diafiltré canadien plus bas que celui des Américains pour inciter les transformateurs d'ici à acheter du lait diafiltré canadien.

Cette disposition que dénonçaient les producteurs américains sera désormais abolie.

Statu quo dans le dossier de l'aluminium et de l'acier

En dépit de tous ses efforts, Ottawa n’a pas non plus réussi à obtenir la garantie que Washington ne brandira plus la menace de l’article 232, qui permet au président Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers aux produits étrangers au nom de la sécurité nationale.

Ce prétexte avait permis aux États-Unis d’imposer des tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada en mai dernier.

La nouvelle entente négociée entre le Canada et les États-Unis prévoit que les tarifs douaniers, qui s'élèvent respectivement à 25 % pour l'acier et à 10 % pour l'aluminium, seront maintenus tels quels.

Du côté de l’industrie automobile, où plane aussi la menace de l'article 232, des plafonds seraient imposés sur les exportations de voitures et de composants en provenance du Canada.

Des sources gouvernementales ont mentionné à CBC qu’elles espéraient clarifier la question de l'article 232, sur laquelle les deux parties ne sont pas arrivées à un consensus avant que le Canada ne ratifie le nouvel accord.

Le mécanisme d’arbitrage de conflits maintenu

Ottawa a toutefois eu gain de cause sur la question du chapitre 19, qui demeure inchangé. Cher aux négociateurs canadiens, ce chapitre, qui confie à des comités indépendants la tâche de régler les différends entre gouvernements et entreprises, avait notamment été utile dans les dossiers du bois d'oeuvre et du litige qui opposait Boeing à Bombardier.

Il empêche les tribunaux américains de trancher en cas de litiges entre les États.

Le Canada a aussi obtenu le maintien de la clause de l'exception culturelle, qui protège la culture canadienne du libre marché. Cette exemption – qui devrait selon certains être modernisée pour s'adapter aux Netflix et Spotify de ce monde – fait que les biens culturels ne seront pas traités comme les autres produits.

Le nouvel accord, valable pour les 16 prochaines années, prévoit également une modification de la clause de temporisation, qui forcera désormais les pays partenaires à réviser les termes de l'entente tous les six ans.

« Un développement constructif »

Le sénateur républicain Pat Toomey a eu une réaction mitigée à la conclusion de cet accord.

Il a affirmé que l’entente avec le Canada était un « développement constructif » , ajoutant que « la proposition de l'administration [Trump] améliore certains éléments de l'ALENA actuel, comme le renforcement des droits de propriété intellectuelle, l'accès accru au marché pour les transformateurs laitiers américains et un nouveau chapitre sur le commerce numérique ».

M. Toomey a cependant déploré d’autres aspects de l’entente « qui diminuent les avantages économiques de l'ALENA et créent une incertitude inutile ».

« Plus précisément, je m'inquiète de la nouvelle date d'expiration de l’entente, de l'affaiblissement de la protection des investisseurs américains, des nouveaux mandats salariaux arbitraires sur les importations d'automobiles, des ententes parallèles établissant des quotas sur les importations d'automobiles et de pièces automobiles du Mexique et du Canada, ainsi que de l'incapacité d'éliminer les tarifs de l'article 232 sur l'acier et l'aluminium », a-t-il énuméré.

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