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analyse

L’ALENA… ou plutôt l’AEUMC, le nouvel argument de campagne de Donald Trump

Gros plan sur le visage de Donald Trump
Donald Trump rencontre la presse après avoir présenté l'AEUMC. Photo: Reuters / Kevin Lamarque
Raphaël Bouvier-Auclair

Pendant la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a beaucoup parlé de l'ALENA, un accord qu'il a vertement critiqué. Cette année, pendant les élections de mi-mandat, le thème va de nouveau s'imposer. Mais cette fois, il faut s'attendre à un tout autre ton quand le président parlera du nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

« Un nouvel accord merveilleux », « une transaction historique ». Dans sa première réaction sur Twitter lundi matin, le président Trump n’a pas manqué de bons mots à propos de la nouvelle mouture de l’ALENA, qu’il avait déjà qualifié de « désastre » et du « pire accord peut-être jamais signé ».

L'enthousiasme du président s'est aussi fait sentir pendant sa conférence de presse.

Une fois approuvé par le Congrès, cet accord sera le plus moderne, le plus à jour et le plus équilibré jamais signé dans l’histoire de notre pays.

Donald Trump, président des États-Unis

Dimanche soir, en expliquant quelques détails de l’entente, des représentants de l’administration se sont empressés de dire que l’AEUMC était « une grande victoire pour le président ».

Les États-Unis ont tout de même mis de l’eau dans leur vin à propos de certaines de leurs demandes initiales. Washington a par exemple finalement accepté de maintenir le mécanisme de règlement des différends et de modifier la demande de clause crépusculaire qui aurait mis fin à l’accord après 5 ans.

Mais l’administration met évidemment l’accent sur les gains, notamment le plus grand accès au marché laitier canadien, qui était devenu une exigence centrale des Américains et qui plaira aux électeurs du Wisconsin, État-clé dans la victoire de Donald Trump en 2016.

Le président Trump prépare d’ailleurs l’électorat américain à la victoire depuis un moment, notamment dans ses interventions publiques.

« Ils négocient en ce moment à la Maison-Blanche, sur notre territoire », avait par exemple clamé le président en parlant des négociateurs canadiens dans un discours devant des partisans en Indiana à la fin août.

Dans sa réaction sur Twitter lundi matin, le président a aussi souligné que l’entente avec le Canada est survenue en respectant l’échéancier fixé par Washington.

Une manière de montrer que ce sont les Américains qui ont dicté les conditions de ces négociations.

Les États-Unis, dont la position de force a été indéniable, ont tout de même fait face à leurs propres contraintes pendant le processus.

Il est par exemple loin d’être clair que l’administration aurait eu l’appui du Congrès pour aller de l’avant avec un accord comprenant uniquement Washington et Mexico si les pourparlers n’avaient pas abouti avec Ottawa.

Un accord important à l’approche des élections

Le président Trump pendant un rassemblement partisan en Virginie occidentale, le 29 septembre. Le président Trump pendant un rassemblement partisan en Virginie occidentale, le 29 septembre. Photo : Reuters / Mike Theiler

L’annonce d’une entente tombe à point nommé pour Donald Trump.

Évidemment, il y a les considérations légales, comme le temps dont a besoin le Congrès pour étudier le texte de l’AEUMC et l’entrée en fonction d’un nouveau président à Mexico.

Mais Donald Trump a surtout en main un tout nouvel accord à près d’un mois des élections de mi-mandat qui seront cruciales pour son administration.

Et cette nouvelle entente pourra rassurer les électeurs dans plusieurs États du Midwest, où les exportations agricoles sont au coeur de l’économie. Des agriculteurs sont déjà inquiets des impacts des tarifs que s’imposent mutuellement Washington et Pékin. Un échec des négociations sur l’ALENA aurait pu accentuer leurs craintes.

Ainsi, lundi matin, le sénateur républicain du Kansas, Pat Roberts, se réjouissait de la signature d’un nouvel accord, soulignant que depuis que l’ALENA initial est en vigueur, les exportations agricoles américaines ont augmenté de 271 % vers le Canada et de 305 % vers le Mexique.

L’impact est loin d’être minime pour l’Amérique rurale, comme pour l’ensemble de l’économie américaine.

Pat Roberts, sénateur républicain du Kansas.

Devant ses électeurs, le président voudra surtout montrer qu’il respecte ses engagements et qu’il fait honneur au titre de son livre bien connu L'Art de la négociation.

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