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ALENA : catastrophe évitée pour le secteur automobile de l'Ontario

Employé dans la chaîne de montage de l'usine de Chrysler à Windsor
Un employé de Chrysler à Windsor Photo: La Presse canadienne / AP/Carlos Osorio
Radio-Canada

Le syndicat Unifor, qui représente les travailleurs canadiens de l'automobile, se dit « absolument ravi » du nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). En revanche, le premier ministre ontarien, Doug Ford, accuse Ottawa d'avoir sacrifié l'industrie laitière et réclame des indemnités pour les producteurs.

M. Ford laisse même entendre que son gouvernement aurait pu négocier un meilleur accord de libre-échange avec les États-Unis.

De son côté, le président national d'Unifor, Jerry Dias, affirme que l'industrie ontarienne de l'auto et ses 106 000 travailleurs s'en tirent à bon compte.

Il souligne que le président américain, Donald Trump, menaçait d'imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations de véhicules et de pièces d'auto du Canada, faute d'un accord.

Le chef syndical se réjouit de l'imposition de salaires plus élevés pour les travailleurs de l'auto mexicains dans le cadre du nouvel accord, ce qui, selon lui, contribuera à réduire l'exode des emplois vers le Mexique. [L'AEUMC] s'attaque au véritable problème, soit les faibles salaires au Mexique, dit-il.

Nous n'avons jamais été en aussi bonne position au cours des 24 dernières années [de l'ALENA].

Jerry Dias, président national d'Unifor

Concrètement, c'est plus équitable pour les travailleurs de l'automobile dans des villes comme Windsor et Oshawa, affirme la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. Ça aide à garantir leur avenir.

À l'usine de Chrysler de Windsor, les travailleurs poussent un soupir de soulagement. Nous sommes juste contents que ce soit fini, lance Dan Boshart.

Même son de cloche de la part du maire de Windsor, Drew Dilkens. C’est un bon signe pour l’industrie automobile, dit-il.

Pour éviter des tarifs douaniers

En vertu de la nouvelle entente, les exportations de pièces et de véhicules canadiens aux États-Unis ne seront pas plafonnées, sauf si le président Trump invoquait à nouveau l’article 232, sur la sécurité nationale, pour imposer des tarifs douaniers, comme il l'a fait sur l'acier et l'aluminium.

Dans ce cas, le Canada bénéficierait toutefois d'une exemption dépassant largement son volume actuel de pièces et d'automobiles exportées au sud de la frontière.

Le président de l'Association canadienne des manufacturiers de pièces d'auto, Flavio Volpe, qualifie l'AEUMC de succès, surtout compte tenu du fait que le Canada négociait avec un partenaire commercial non conventionnel, parfois belliqueux et plus puissant.

Il entrevoit plus d'investissements à l'avenir dans le secteur de l'auto en Ontario, mais admet que l'entente pourrait faire augmenter le prix de vente des véhicules au Canada, parce que les constructeurs seront davantage obligés de recourir à des fournisseurs en Amérique du Nord plutôt que d'acheter des pièces moins chères à l'étranger.

Les exportations canadiennes de véhicules et de pièces d'auto aux États-Unis se chiffraient à 71 milliards de dollars l'an dernier, selon Washington.

Revers pour l'industrie laitière

Un fermier nourrit ses vaches.Des vaches laitières ingurgitent leur ration céréalière. Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Les producteurs laitiers, eux, sont consternés au Québec et en Ontario, le nouvel accord ouvrant la porte à plus de produits exportés des États-Unis.

En entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils, de Radio-Canada, le directeur général de l'Union des cultivateurs franco-ontariens, Simon Durand, a affirmé qu'il était très déçu.

On a l'impression d'avoir été sacrifiés pour protéger d'autres secteurs de l'économie.

Simon Durand, directeur général de l'Union des cultivateurs franco-ontariens

Doug Ford « préoccupé »

Photo d'un homme en complet bleu sur un balcon avec vue sur le CapitolLe premier ministre ontarien Doug Ford à Washington Photo : Twitter/Doug Ford

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, se dit préoccupé par l'élimination de la classe 7 sur le lait diafiltré. Cette classe permettait au Canada d’abaisser les prix du lait diafiltré, qui entre notamment dans la fabrication du yogourt et du fromage, pour inciter les transformateurs et les producteurs d’ici à choisir un produit canadien plutôt qu’américain.

En abolissant cette classe, le Canada s’engagerait à remonter les prix afin de jouer à armes égales avec les États-Unis.

Nous nous inquiétons de voir le gouvernement fédéral jeter les fermiers dans la fosse aux lions.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a promis d'indemniser les producteurs laitiers, sans donner de détails.

Tout comme son ministre du Développement économique, Jim Wilson, M. Ford affirme qu'il demeure préoccupé par la question des barrières douanières sur les importations d'acier et d'aluminium de l'Ontario, et il presse le fédéral d'aider ces industries également.

Ottawa n’a pas pu obtenir la garantie que Washington ne brandirait plus la menace de l’article 232, qui permet au président Trump d’imposer des tarifs douaniers aux produits étrangers au nom de la sécurité nationale.

Le fédéral a toutefois eu gain de cause en matière de règlement des différends. Des comités indépendants continueront à trancher dans le cas de différends entre gouvernements et entreprises.

Avec les informations de CBC

Toronto

Industrie automobile