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Les Macédoniens pas assez nombreux à se rendre aux urnes

Des Macédoniens manifestent avec des pancartes et des drapeaux rouges pour inciter la population à boycotter le référendum.
Des opposants au changement de nom de la Macédoine ont appelé au boycott du référendum. Photo: Reuters / Marko Djurica
Radio-Canada

Le taux de participation au référendum sur le changement de nom de la Macédoine a été de 36,1 %, selon la commission électorale, une forte abstention dont compte se servir l'opposition. Ceux qui se sont déplacés ont toutefois voté à plus de 90 % en faveur de la mesure.

L’information sur la participation au vote avait été divulguée plus tôt par un membre du parti au pouvoir qui n’a pas voulu être nommé.

« Il est maintenant clair qu’il est peu probable qu’elle atteigne le seuil de 50 % », a déclaré la source anonyme.

Le dépouillement d’environ 44 % des bulletins de vote révélait que 90,7 % des électeurs étaient en faveur de renommer leur pays République de Macédoine du Nord, plutôt qu’Ancienne République yougoslave de Macédoine, le nom qui prévaut depuis le début des années 1990.

Appel au boycottage

Les opposants au changement de nom du pays avaient appelé au boycottage du référendum.

Celui-ci était de toute façon consultatif et son résultat n’enclenchera pas automatiquement le processus de changement de nom. Les députés macédoniens doivent encore valider la mesure, et une majorité des deux tiers au Parlement sera requise.

Les députés doivent maintenant « confirmer la volonté de la majorité », a déclaré le premier ministre Zoran Zaev.

Hristijan Mickoski, leader de l’opposition conservatrice, a toutefois répliqué que « le gouvernement a perdu sa légitimité » et que « nous avons eu un référendum qui est un échec profond ».

De son côté, le président du Parlement, Talat Dxaferi, membre de la minorité albanaise, a affirmé dimanche ne pas avoir pu voter car son nom « ne figurait pas sur les listes électorales » pour le référendum.

« Je n'ai pas pu exercer mon droit démocratique, car mon nom ne figurait pas sur les listes électorales. J'espère que c'était un cas isolé », a déclaré Talat Dxaferi, selon des propos rapportés par les médias macédoniens.

Membre du principal parti de la minorité albanaise, le DUI, Talat Dxaferi était un partisan du « Oui ».

Photo : Reuters / Marko Djurica

L’adoption du nouveau nom serait une façon de tourner la page du conflit avec la Grèce et d’ouvrir la voie à un rapprochement avec l'Union européenne (UE) et l'OTAN.

Le vote visait à valider un accord conclu en juin avec Athènes.

Pour le gouvernement grec, qui bloquait jusqu'alors les candidatures d'adhésion de Skopje à l'UE et à l'OTAN, l'ancien nom entretient l'idée d'une revendication territoriale sur la province grecque homonyme, située dans le nord de la Grèce.

Le conflit dure depuis 27 ans.

Relancer l’économie

En formulant la question soumise au choix des électeurs, le gouvernement de Zoran Zaev n’a pas parlé de changement de nom, mais l'a plutôt lié à son adhésion à l’UE et à l’OTAN : « Êtes-vous favorables à l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN en acceptant l'accord entre la Macédoine et la Grèce? »

M. Zaev voit dans ce rapprochement avec l'ouest une occasion de relancer l'économie chancelante du pays, où le chômage dépasse les 20 % de la population active et où le salaire moyen, à 350 euros (526 $) par mois, est le plus bas des Balkans.

Quant aux nationalistes du VMRO-DPMNE, le principal parti d'opposition, ils s’opposent à ce changement de nom.

L’accord est aussi critiqué par la Russie, qui craint de perdre un autre allié. Si la Macédoine devenait membre de l’OTAN, il ne resterait que la Serbie et la République serbe de Bosnie comme alliés de Moscou dans la région.

Une victoire du oui ne réglera toutefois pas la question une fois pour toutes. La Grèce doit elle aussi ratifier l’accord en début d’année prochaine, et les élus nationalistes grecs ont prévenu qu’ils avaient l’intention de bloquer le processus.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et France inter

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