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Une loi qui vise à la protéger a l'effet inverse, dit une prostituée d'Edmonton

Une femme tient une affiche sur laquelle il est écrit, en anglais, que le travail sexuel est un vrai emploi, lors d'une manifestation devant la Cour suprême du Canada en 2013.

Une femme tient une affiche dénonçant le projet de loi C-36 avant son entrée en vigueur, en 2014.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le métier de prostituée a toujours été dangereux, mais une travailleuse du sexe à Edmonton atteste qu'il l'est d'autant plus depuis l'introduction d'une loi fédérale conçue pour la protéger.

Sarah Dane (nom fictif), qui pratique ce travail depuis 10 ans, a remarqué des changements dans l'industrie depuis l'entrée en vigueur du projet de loi C-36 en 2014. Selon elle, cette loi qui pénalise les trafiquants de personnes a pourtant l'effet contraire.

« Ils ont plus de contrôle. Puisqu'il y a moins d'argent pour nous, nous sommes tout à coup plus prêtes à mettre nos vies en péril pour accommoder les clients. Ce sont eux qui choisissent tout. »

— Une citation de  Sarah Dane, prostituée

Des rendez-vous risqués pour survivre

Selon Sarah Dane, les trafiquants de personnes ont peur de se faire prendre et sont alors de plus en plus sceptiques en ce qui concerne la publicité en ligne et le partage d'identité.

Elle dit que c'est pourtant ce qui permet aux travailleuses comme elle de fixer des prix et des limites. Maintenant, elle reçoit beaucoup de demandes pour des rapports sexuels risqués, et souvent dans des lieux de rencontre obscurs et malaisants comme dans la voiture d'un client.

« Quand on a faim, on fait des choses qu'on ne ferait pas autrement. »

— Une citation de  Sarah Dane

Une travailleuse d'approche au Metis Child and Family Services, Kari Thomason, partage l'avis de Sarah Dane.

« Moins d'argent ça signifie aussi de plus longues heures pour elles — des heures passées loin de leurs enfants. Le risque de passer un mauvais quart d'heure est rehaussé. »

Kari Thomason est derrière le volant pendant la nuit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kari Thomason circule dans les rues d'Edmonton six fois par semaine pour veiller sur les travailleuses du sexe.

Photo : CBC / Dave Bajer

Kari Thomason circule dans les rues d'Edmonton six fois par semaine pour veiller sur les travailleuses du sexe et leur offrir des sandwichs, du jus et des préservatifs.

« Il y a du chemin à faire pour réinstaurer la confiance », dit-elle.

Edmonton au premier rang en termes d'accusations

L'année dernière, la police d'Edmonton a déposé plus d'accusations liées à l'achat de services sexuels que partout ailleurs au Canada. Celles-ci représentaient plus de 40% de l'ensemble des accusations à l'échelle nationale, d'après Statistique Canada.

En 2017, dit l'organisme, 271 trafiquants de personnes ont été accusés à Edmonton. C'est plus du double des 114 accusations enregistrées à Winnipeg, la ville qui se trouvait en deuxième rang.

Les délinquants du commerce du sexe doivent notamment payer une amende minimale de 750 $.

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