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Le Fonds de solidarité FTQ sortira des hydrocarbures québécois

Des travailleurs sur le site d'un forage pétrolier.
Le Fonds de solidarité FTQ n'investira plus dans des projets pétroliers et gaziers au Québec. Photo: Bloomberg News / (Norm Betts/Bloomberg News)
Radio-Canada

Le Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) vise à se mettre au vert et annonce une nouvelle stratégie de désinvestissement pétrolier et de réduction de l'empreinte carbone de ses activités. La direction du Fonds dit vouloir assurer une « transition énergétique juste » pour l'ensemble des travailleurs.

Un texte de Hugo Prévost

Lors d'une assemblée générale de ses actionnaires, samedi, le Fonds a confirmé qu'il cesserait d'investir dans des projets d'exploration ou d'exploitation des hydrocarbures au Québec.

En entrevue, le PDG du Fonds, Gaétan Morin, précise que cette volonté de désinvestissement, qui vient s'ajouter à la fin annoncée, l'an dernier, des investissements dans le charbon, constitue l'une des premières étapes d'une « transition juste » vers une économie verte.

« Nous nous sommes dit que l'avenir du Québec n'est sûrement pas dans les hydrocarbures. Pour ce qui est de nos investissements à l'extérieur du Québec, c'est ici que nous parlons de transition », mentionne M. Morin.

« Cela va se faire sur plusieurs années, [...] et le message que nous voulons envoyer, c'est que cette transition sera juste pour les travailleurs. Si nous décidions, du jour au lendemain, de couper les hydrocarbures sur la planète, ce serait impossible; il y a des travailleurs qui seraient affectés par cela », poursuit le PDG du Fonds.

Pour éviter un choc économique et des pertes d'emplois trop importantes, on préfère donc procéder par étapes et donner l'occasion aux travailleurs touchés « de se retrouver un emploi dans d'autres domaines ».

On a également dit viser une réduction de 25 % des émissions liées aux investissements boursiers, et ce, d'ici 2025.

Gaétan Morin, le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, affiche un grand sourire. Gaétan Morin, le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ Photo : La Presse canadienne

C'est une situation à laquelle [il faut s'attaquer], c'est urgent, mais il faut y aller à un rythme qui est soutenable.

Gaétan Morin, PDG du Fonds de solidarité FTQ

Pour ce faire, le Fonds encouragera les entreprises dont il est actionnaire à réduire leur consommation de ressources, mais aussi à accroître leur efficacité énergétique.

Une stratégie évolutive

Au cours de cette première étape de la transition vers une économie faible en carbone, le Fonds n'a pas calculé les impacts environnementaux des entreprises privées.

Difficile, en effet, de mener ces calculs à bien pour l'instant, puisque les sources d'énergie employées par certaines compagnies privées sont souvent différentes de celles offertes au Québec, où l'hydroélectricité a son importance.

Le Fonds a néanmoins estimé que chaque million de dollars investi dans une entreprise correspond à des émissions polluantes équivalentes à 71 tonnes de dioxyde de carbone (CO2). L'objectif consiste à ramener ce total à un peu plus de 53 tonnes au cours des sept prochaines années.

« Nous nous sommes engagés à dévoiler le bilan carbone des entreprises privées [membres du Fonds] au cours des 12 prochains mois », souligne M. Morin au bout du fil.

Parmi les autres engagements officiellement dévoilés samedi, le Fonds cherchera à rendre ses activités directes carboneutres d'ici 2019.

À l'aide des 200 000 hectares de forêts privées appartenant à sa filiale Solifor, dont les arbres pourraient absorber l'équivalent de 100 000 tonnes de CO2 par année, le Fonds propose aussi d'aider les entreprises à amoindrir leur bilan énergétique en leur offrant des crédits carbone.

M. Morin ne semble d'ailleurs pas s'inquiéter de l'annonce récente, par le gouvernement Ford, du retrait de l'Ontario du marché nord-américain du carbone.

« Nous, on travaille du côté positif. Les grandes institutions se parlent au Québec. Je pense que nous avons tous une vision progressiste, mais aussi une vision réaliste, de la nécessité » de réduire le bilan carbone de la société, dit-il.

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