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Derrière les portes closes, l'incertitude se poursuit à Fredericton

À l'Assemblée législative à Fredericton, les sièges sont vides.

Les députés seront appelés à siéger à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick d'ici le 23 octobre.

Photo : Radio-Canada / PIERRE RICHARD

Radio-Canada

Brian Gallant a annoncé vendredi qu'il tenterait de gouverner, possiblement avec l'aide du Parti vert, malgré les appels du chef progressiste-conservateur à lui concéder la victoire. À Fredericton, le climat politique n'a jamais été aussi incertain. En attendant, les partis et certains organismes revoient leur stratégie face au gouvernement en vue des semaines à venir.

Un texte de Mathieu Massé

À l'Assemblée législative dans la capitale néo-brunswickoise, les corridors sont vides et tout se joue pour le moment derrière des portes closes.

Le chef du Parti vert, David Coon, est conscient de l'importance pour la province de retrouver une certaine stabilité politique.

David Coon lève ses bras en l'air avec des militants. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Coon célèbre sa victoire avec des militants.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Toutes les personnes au Nouveau-Brunswick sont très frustrées avec tous les jeux [politiques] à l'Assemblée législative dans le passé.

David Coon, chef du Parti vert

Il croit que la situation actuelle est une occasion exceptionnelle de faire de la politique autrement. Les municipalités, par exemple, sont soucieuses de la situation actuelle. C'est important pour les partis comme les [progressistes-]conservateurs ou les libéraux de travailler ensemble pour la stabilité à l'Assemblée législative. Ce n'est pas possible de travailler comme un gouvernement majoritaire. Ce n'est pas la réalité maintenant.

C'est une opportunité incroyable de travailler ensemble pour l'avenir du Nouveau-Brunswick.

David Coon, chef du Parti vert

Les municipalités inquiètes

Pour Luc Desjardins, le maire de Petit Rocher et président de l'Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick, le temps presse. C'est que la légalisation du cannabis est prévue pour le 17 octobre. Nous, on a un dossier très pressant, on s'entend que la légalisation du cannabis c'est pour bientôt, dans quelques semaines, et on n'a aucune entente avec la province au niveau financier.

Luc Desjardins, maire de Petit-Rocher président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Luc Desjardins, maire de Petit-Rocher président de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Brian Gallant a déclaré vendredi qu'il appellerait les députés à siéger à Fredericton d'ici le 23 octobre, après la légalisation. Entre-temps, Luc Desjardins rappelle que ce sont les municipalités qui devront assumer les coûts qui y seront reliés.

La cote de crédit du N.-B. en danger?

Jeudi, l'agence de notation DBRS était d'avis que, si l'incertitude politique se poursuit et que les lignes directrices du prochain gouvernement tardent à se dessiner - notamment en ce qui a trait au défi démographique -, la cote de crédit de la province pourrait se détériorer.

L'économiste Pierre-Marcel Desjardins n'est toutefois pas trop inquiet. Dans le cas où la province perdrait sa cote de crédit actuelle (A), cela signifierait que la capacité de rembourser serait vue comme moins bonne par les créanciers. Plus concrètement, les taux d'intérêt pourraient augmenter, et c'est la capacité d'emprunter de la population qui en serait touchée.

Pierre-Marcel Desjardins, économiste et directeur de l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre-Marcel Desjardins, économiste et directeur de l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton

Photo : Radio-Canada

Mais Pierre-Marcel Desjardins affirme qu'on est encore très loin d'un tel scénario. Ce qui se passe, c'est important en démocratie, c'est fondamental, dit-il en parlant du climat politique. Mais faut pas avoir peur qu'à très court terme il y ait des incidences majeures au niveau des finances publiques et de l'évaluation que les agences en font.

Ce qui l'inquiète davantage, c'est que les politiciens effectuent des manoeuvres électoralistes qui ne seraient pas nécessairement positives pour l'économie.

Le véritable danger, c'est que cette incertitude-là amène les gouvernements à prendre des décisions non pas pour une saine gestion publique, mais pour des calculs purement électoralistes.

Pierre-Marcel Desjardins, économiste

Ça, cet élément-là, il faut en avoir peur, car ça pourrait avoir des conséquences, affirme-t-il.

Réforme fiscale des municipalités

Et sur des dossiers à plus long terme, comme la réforme fiscale demandée par les municipalités, Luc Desjardins estime qu'il y aurait matière à tirer avantage de la situation. Ça dépend qui a la balance du pouvoir, on s'attend à ce qu'il y [ait] des discussions… Peut-être qu'ils seront plus à l'écoute avec un gouvernement minoritaire, on verra!

En attendant, le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, s'est lui aussi entretenu avec la lieutenante-gouverneure et se dit prêt à appuyer les progressistes-conservateurs dans un gouvernement minoritaire pour une période de 18 mois.

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