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Le discours canadien à l’ONU est reporté : les négociations de l’ALENA continuent

Une femme parle au micro lors d'un événement officiel.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

L'allocution que devait prononcer la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, devant l'Assemblée générale des Nations unies a été reportée afin qu'elle se concentre sur les négociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Son bureau a indiqué qu'elle se trouvait au Canada et qu'elle ne prévoyait pas se rendre à Washington pour l'instant.

Le discours du Canada aux Nations unies prévu samedi sera finalement prononcé lundi. Il est fort probable que ce ne soit pas Mme Freeland qui prenne alors la parole.

En effet, la ministre est encore prise dans les négociations entourant la nouvelle mouture de l'ALENA.

Et le temps presse, puisque le Congrès américain a fait du 1er octobre la date limite pour que le Canada se joigne à l'entente existante.

Le 1er octobre est aussi le jour de scrutin au Québec, où se trouve la moitié de l'industrie laitière canadienne.

La province constitue un point de pivot dans les discussions, alors que les négociateurs américains cherchent à obtenir un plus grand accès au marché laitier du nord de la frontière.

« Les États-Unis savent ce qu'ils doivent faire pour parvenir à une entente, alors ça dépend vraiment d'eux. Nous sommes concentrés sur le contenu, pas l'échéancier », a confié une source.

Le Canada demande des garanties

L'enjeu le plus polarisant demeurerait la préservation de l'exception culturelle du Canada et du chapitre 19 de l'accord, qui confie à des comités indépendants la tâche de régler les différends entre gouvernements et entreprises.

Le Canada réclame également la garantie qu'il ne sera plus frappé de lourds tarifs douaniers sur ses exportations d'acier et d'aluminium, de même que d'automobiles, l'arme de prédilection de Donald Trump pour s'en prendre aux partenaires commerciaux qu'il juge profiteurs.

Vendredi, le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, avait créé la surprise en choisissant de ne pas présenter le texte de l’accord bilatéral entre son pays et les États-Unis, contrairement à ce qui était prévu. L'objectif avoué de cette décision était d’offrir au Canada et à son voisin du Sud le temps de s’entendre avant dimanche.

Dans les prochaines 48 heures, nous saurons si nous allons vers un texte trilatéral.

Ildefonso Guajardo, ministre mexicain de l’Économie

Les discussions entre le Canada et les États-Unis se poursuivent donc, et ce, malgré la douche froide jetée sur les négociateurs par les commentaires acerbes du président Donald Trump lancés il y a quelques jours pendant l'une de ses rares conférences de presse.

Nouvelles stratégies

Ottawa semble dorénavant se contenter de négocier par conférences téléphoniques, un rejet de sa précédente stratégie, qui a vu la ministre Freeland multiplier les vols entre Washington et Ottawa.

Des sources rapportent que la ministre Freeland, qui se trouvait samedi à Ottawa avec l'ambassadeur canadien David MacNaughton, avait pris part, la veille, à une longue conférence téléphonique avec les deux équipes de négociateurs.

Tandis que d'autres sources avancent que la ministre pourrait même finir par céder sa place sur la tribune de l'ONU, les analystes ont interprété le changement à son agenda comme un signe positif.

Dunniela Kaufman, une avocate en droit commercial d'origine canadienne qui vit aujourd'hui à Washington, croit qu'Ottawa a enfin appris à encaisser les coups de Donald Trump.

Le fait qu'elle reporte son discours à l'ONU pour se concentrer sur l'ALENA est admirable, et indique que le gouvernement canadien reste concentré et ne se laisse pas distraire par les stratagèmes de Trump.

Dunniela Kaufman, avocate en droit commercial

Le contenu de l'accord déjà intervenu entre les États-Unis et le Mexique doit être publié dimanche. Il doit être présenté devant le Congrès américain d'ici la fin du mois pour remplir l'exigence du préavis de 60 jours qui permettrait aux législateurs d'y donner leur aval d'ici le 1er décembre, soit avant que le nouveau gouvernement mexicain entre en fonction.

Certains craignent que le Congrès américain aille de l'avant avec ce traité bilatéral si le Canada ne parvient pas à s'y greffer.

Le président élu du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, a toutefois confié en entrevue vendredi qu'il avait accepté d'inciter les négociateurs américains à s'entendre avec Ottawa.

Selon des sources familières avec les négociations, le Mexique ne s'oppose pas à ce que la date limite du 1er octobre soit ignorée, puisque toute concession sur la gestion de l'offre de la part du gouvernement canadien aurait l'effet d'une bombe sur la campagne électorale québécoise.

Avec les informations de La Presse canadienne

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