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Les journalistes rwandais inquiétés par une nouvelle loi

Plusieurs micros devant le visage, le président du Rwanda Paul Kagame répond aux questions des journalistes.

Le président rwandais Paul Kagame parle aux journalistes à Kigali.

Photo : Getty Images / Cyril Ndegeya

Radio-Canada

« Humilier » un membre du gouvernement ou un fonctionnaire, que ce soit par une caricature ou dans un texte, est désormais une offense criminelle au Rwanda.

Des journalistes ont exprimé leur inquiétude à la suite de la mise en application de cette loi, jeudi. Il sera plus difficile, selon eux, de tenir pour responsables de leurs actions les travailleurs du domaine public, en particulier les ministres et les agents de sûreté.

« Toute personne qui, verbalement, par des gestes ou par des menaces, dans des textes ou des caricatures, humilie un membre du Parlement, un membre du Cabinet, un officier ou toute autre personne occupant un poste de responsabilité au sein d’un service public […] commet une infraction », promulgue la loi.

Pour l’instant, un flou sur l’application de cette loi sur les réseaux sociaux persiste.

Un caricaturiste qui contrevient à la loi risque deux ans de prison et une amende allant jusqu’à 1145 $ US. Si le dessin met en vedette un membre du Parlement ou un haut fonctionnaire, ces pénalités peuvent doubler.

Ambiguïté

Un fonctionnaire du ministère de la Justice, qui est resté anonyme, se dit mécontent de la nouvelle législation, puisqu’elle n’indique pas comment déterminer si quelqu’un a été « humilié » ou pas.

Dans le métier du journalisme, les caricatures sont naturellement drôles et peuvent facilement être interprétées, par les leaders politiques, comme étant négatives ou humiliantes, même si elles ne le sont pas.

Gonza Muganwa, secrétaire exécutif de l’Association des journalistes du Rwanda

La diffamation du chef d’État rwandais était déjà passible d’une amende de 8140 $ et de cinq à sept ans d'emprisonnement.

L’Association des journalistes du Rwanda considère la diffamation comme une violation éthique majeure. Cependant, son secrétaire exécutif croit que les plaintes devraient être gérées par un organisme autorégulateur, et non par le système de justice du pays.

Avec les informations de Associated Press

Justice

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