•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, distribue les poignées de main à des militants de sa formation politique devant les caméras.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, distribue les poignées de main à des devant les caméras à la suite de la victoire de sa formation politique le 1er octobre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Les Québécois ont confié lundi les rênes de la province à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault. Le gouvernement majoritaire qu'il dirigera mettra un terme à un demi-siècle d'alternance entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ), qui subissent de lourdes pertes. Québec solidaire (QS) fait d'importants gains, y compris à l'extérieur de Montréal.

Un texte de François Messier

Déjouant toutes les prévisions, la CAQ a remporté 74 circonscriptions, soit 53 de plus qu'en 2014. C'est aussi 11 de plus que le seuil de la majorité. Le PLQ a fait élire 32 députés, soit 36 de moins qu'en 2014. QS rafle pour sa part 10 sièges, soit 7 de plus qu'il y a quatre ans, et termine la soirée devant le Parti québécois, qui doit se contenter de 9 députés, en baisse de 19.

Pas moins de 52 des 125 circonscriptions de la province seront représentées par des femmes, un nombre inégalé dans l'histoire du Québec.

Au total, la CAQ obtient 37,5 % des votes exprimés, le Parti libéral, 25 %, le PQ, 17 % et QS, 16 %. Le taux de participation est estimé de manière préliminaire à 66,5 % par Élections Québec; concrètement, 4 des 6,2 millions d'électeurs inscrits se sont présentés aux urnes.

Le parti de François Legault, qui a été élu dans sa circonscription de L'Assomption, fait d'importants gains sur les rives nord et sud de Montréal, mais aussi dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, ainsi qu'en Estrie, en Mauricie, en Abitibi-Témiscamingue et même en Outaouais, traditionnellement libérale. La CAQ ne compte toutefois que deux élus sur l'île de Montréal, où elle fait tout de même son entrée.

« Aujourd'hui, on a marqué l’histoire », a déclaré François Legault lors de son discours de victoire. « Aujourd'hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés depuis 50 ans. Aujourd'hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont fait la démonstration que c’est possible de faire travailler ensemble des adversaires d’hier pour [...] le Québec de demain ».

« Je vous garantis qu’on va donner tout ce qu’on a pour répondre à cet espoir » d'un changement positif, a poursuivi celui qui devient le 32e premier ministre de l'histoire de la province. « On va le faire d’abord pour les familles, les enfants, mais on va le faire aussi pour nos aînés qui ont bâti le Québec moderne. On va le faire aussi pour nos régions. »

Parmi les candidats vedettes de la CAQ déclarés élus se trouvent l'ex-procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia LeBel, dans Champlain, l'ex-ministre libérale Marguerite Blais dans Prévost, l'ex-porte-parole de la police de Montréal, Ian Lafrenière, dans Vachon, et la triple médaillée olympique Isabelle Charest, dans Brome-Missisquoi.

Deux membres-clés de l'équipe économique de la CAQ, l'ex-vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec Christian Dubé, dans La Prairie, et l'ex-trésorier de la Banque Nationale, Éric Girard, élu dans Groulx, feront aussi leur entrée à l'Assemblée nationale. Le neurologue Lionel Carmant a également été élu dans Taillon.

Les libéraux perdent la moitié de leurs sièges

Après quatre ans au pouvoir, le PLQ a été sévèrement sanctionné par l'électorat. ll a perdu plus de la moitié des sièges qu'il détenait à l'Assemblée nationale, et est essentiellement confiné à l'île de Montréal et à certaines de ses banlieues.

Philippe Couillard et sa conjointe Suzanne PiloteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Philippe Couillard enlace sa conjointe Suzanne Pilote, après son discours

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Son chef, Philippe Couillard, a cependant été réélu dans sa circonscription de Roberval. Le parti a également conservé les circonscriptions de Hull et Pontiac en Outaouais, et a mis la main sur Gaspé.

Dans son discours de fin de soirée, celui qui continuera de gouverner le Québec jusqu'à l'assermentation du nouveau gouvernement a d'ores et déjà fait savoir qu'il prend la responsabilité de la défaite et qu'il entreprend une « réflexion » sur son avenir ». Elle sera « courte » et durera « quelques jours au maximum », a-t-il précisé.

Philippe Couillard a salué la « victoire nette, sans ambiguïté » de M. Legault. Les Québécois ont « clairement indiqué un désir de changement », a-t-il dit, et « je souhaite à son gouvernement tout le succès que le Québec mérite ».

Plusieurs ex-ministres de son gouvernement, dont Gaétan Barrette, Dominique Anglade, Sébastien Proulx, Pierre Arcand, Hélène David, André Fortin, Carlos Leitao, Christine St-Pierre, Marie Montpetit et Kathleen Weil, ont été réélus, mais devront désormais siéger dans l'opposition officielle.

Pierre Moreau, François Blais, Dominique Vien, Lucie Charlebois, Luc Fortin et Véronyque Tremblay ont pour leur part été congédiés par leurs électeurs. La candidate-vedette Gertrude Bourdon, ex-PDG du CHU de Québec, a aussi mordu la poussière dans Jean-Lesage.

Le PQ perd les deux tiers de sa députation, dont son chef

À l'instar du PLQ, le PQ a connu une soirée très difficile. La formation souverainiste perd pratiquement les deux tiers de ses députés, et ne pourra même pas former un groupe parlementaire reconnu à l'Assemblée nationale.

Son chef, Jean-François Lisée, a été officiellement défait par l'ex-chroniqueur de La Presse Vincent Marissal dans sa circonscription de Rosemont.

Le chef péquiste, qui avait joué gros en s'engageant à ne pas tenir de référendum sur la souveraineté lors d'un mandat, a pris acte des résultats et annoncé qu'il abandonnait la direction du parti.

« Nous n'avons pas ce soir le résultat que nous espérions », a déclaré M. Lisée devant les partisans péquistes, tout en défendant la campagne qu'il a menée pendant 39 jours.

La volonté populaire de choisir la CAQ pour déloger les libéraux était « plus forte que tout », a-t-il ajouté. « Il s'agissait d'un mouvement puissant et irrésistible ».

Celle qu'il avait désignée comme vice-cheffe du PQ, Véronique Hivon, a cependant été élue dans Joliette. Elle retrouvera notamment à l'Assemblée nationale les vétérans Sylvain Gaudreault, Pascal Bérubé et Harold Lebel, qui ont conservé la confiance de leurs électeurs.

Le PQ a par ailleurs été complètement évincé de l'île de Montréal. Jean-Martin Aussant a mordu la poussière face à la caquiste Chantal Rouleau dans Pointe-aux-Trembles. Maka Kotto a aussi dû s'avouer vaincu face à la CAQ dans Bourget, tandis que Carole Poirier a été battue par Québec solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve.

Percées historiques de Québec solidaire en région

Québec solidaire, qui passera de 3 à 10 députés à l'Assemblée nationale, a fait trois gains importants sur l'île de Montréal, soit dans Laurier-Dorion, Hochelaga-Maisonnneuve et Rosemont, tout en faisant de premières percées historiques à l'extérieur de Montréal.

À Québec, le parti de gauche a réussi à s'implanter dans l'ancien fief péquiste de Taschereau, remporté par Catherine Dorion et dans Jean-Lesage, avec Sol Zanetti. Tous deux sont issus d'Option nationale, qui a fusionné avec QS.

Christine Labrie de QS a également remporté la mise dans Sherbrooke, tandis qu'Émilise Lessard-Therrien a été élue dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Les co-porte-parole du parti de gauche, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, ont aussi été réélus sans surprise dans leur circonscription de Gouin et Sainte-Marie-Saint-Jacques.

« Vous avez donné le goût au peuple québécois de se remettre en marche », a lancé Mme Massé au rassemblement des militants de son parti. « Notre mouvement est plus grand, plus fort, plus résolu que jamais. Québec solidaire n'est pas le parti du Plateau Mont-Royal! »

Mme Massé a aussi lancé un appel à l'ensemble des souverainistes, les invitant à « dépoussiérer » ce projet. « Il faut que la souveraineté redevienne synonyme d'ouverture et de solidarité et vous le savez comme moi, il faut qu'elle redevienne [...] un projet de société », a-t-elle déclaré.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Politique