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Plaques d'immatriculation en français à l'Î.-P.-É. : « tout le monde pourrait en faire un peu plus »

Une plaque d'immatriculation en français de l'Île-du-Prince-Édouard.

Une plaque d'immatriculation en français de l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Davantage d'automobilistes à l'Île-du-Prince-Édouard pourraient se procurer une plaque d'immatriculation en français, estime l'organisme qui représente les francophones dans la province.

Un texte de François Pierre Dufault

Sur les quelque 140 000 véhicules immatriculés dans la province insulaire, il y en avait 973 qui arboraient une plaque en français en date du 20 septembre dernier, selon des données du ministère des Transports obtenues par Radio-Canada.

C'est moins de 1 % des véhicules, alors que les francophones représentent environ 3,5 % de la population provinciale, selon les plus récentes données de Statistique Canada.

Le nombre [de plaques en français] devrait être pas mal plus élevé, affirme Guy LaBonté, le président de la Société Saint-Thomas d'Aquin (SSTA), l'organisme qui parle au nom des francophones de l'île.

Première au pays

En 2007, l'Île-du-Prince-Édouard est devenue la première province à majorité anglophone au Canada à offrir aux automobilistes une plaque d'immatriculation uniquement en français pour leur véhicule. L'Ontario lui a emboîté le pas l'année suivante.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province dont les plaques d'immatriculation sont bilingues, tandis que la Nouvelle-Écosse offre, sur demande, une plaque bilingue ornée d'un drapeau acadien. Le Québec est la seule province dont les plaques d'immatriculation sont disponibles seulement en français.

Guy LaBonté croit que les centres de services Accès Î.-P.-É., où vont les insulaires pour obtenir leurs plaques d'immatriculation, ont un rôle à jouer dans la promotion des plaques en français.

« Le problème, c'est que les gens ne sont pas au courant que les plaques sont disponibles. Et il n'y a pas d'effort de la part d'Accès Î.-P.-É., sauf à Wellington, pour offrir aux francophones des plaques en français. »

— Une citation de  Guy LaBonté, président de la Société Saint-Thomas d'Aquin

L'Île-du-Prince-Édouard offre des plaques ordinaires, personnalisées, de promotion de la conservation et pour anciens combattants, de même que des plaques pour motocyclettes et motoneiges entièrement en français, portant le slogan Berceau de la Confédération.

Pour ce qui est de l'offre active, celle-ci est obligatoire pour tous services désignés. Nous avons récemment désigné [les] services en personne à Accès Î.-P.-É. à Wellington, donc l'offre active fera bien partie du service à cet endroit, souligne Vicki Tse, agente principale bilingue en communications pour le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard.

Si l'offre active de services en français au centre Accès Î.-P.-É. de la région Évangéline est maintenant enchâssée dans la loi, Radio-Canada a recueilli des témoignages d'automobilistes francophones qui disent avoir eu de la difficulté à obtenir une plaque en français aux centres de services de Charlottetown et de Summerside, notamment.

Le directeur général de la Société Saint-Thomas d'Aquin, Aubrey Cormier, et le président de l'organisme porte-parole de la francophonie à l'Île-du-Prince-Édouard, Guy Labonté.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le directeur général de la Société Saint-Thomas d'Aquin, Aubrey Cormier, et le président de l'organisme porte-parole de la francophonie à l'Île-du-Prince-Édouard, Guy Labonté, lors d'une consultation prébudgétaire à Summerside.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Guy LaBonté raconte qu'il a lui-même eu de la difficulté à obtenir une plaque d'immatriculation en français pour sa moto au centre Accès Î.-P.-É. à Summerside. Parfois, même les employés ne sont pas au courant qu'un tel service est offert, dit-il.

La SSTA voudrait d'ailleurs que les huit centres Accès Î.-P.-É. soient désignés en vertu de la Loi sur les services en français de la province, ce qui les obligerait à faire l'offre active des services offerts dans la langue de la minorité. Pour le président de l'organisme, ça pourrait être aussi simple que d'afficher une plaque en anglais et une autre en français à l'intérieur des centres de services.

Responsabilité partagée

Guy LaBonté entend soulever la question de l'offre active des plaques d'immatriculation en français lors de la prochaine rencontre du comité consultatif du premier ministre Wade MacLauchlan sur les services en français, dont la SSTA fait partie.

Ceci étant dit, les francophones de l'Île-du-Prince-Édouard ont aussi un rôle, insiste Guy LaBonté. Souvent, les gens tiennent pour acquis que le service n'existe pas en français et ne le demandent pas, regrette-t-il. Pourtant, il y a des services qui sont offerts en français. C'est aussi notre responsabilité de les demander.

Denis Vaillancourt en entrevue à Radio-CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denis Vaillancourt, ancien sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation de l’Ontario

Photo : Radio-Canada

Inciter les francophones à demander leurs services dans leur langue, c'est précisément ce qu'a fait Denis Vaillancourt pendant ses deux mandats à la présidence de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), de 2010 à 2016.

Il appelait ça : développer le réflexe franco.

Sous la gouverne de Denis Vaillancourt, l'organisme porte-parole des Franco-Ontariens a voulu encourager les automobilistes à demander leurs plaques d'immatriculation en français. Pour nous, c'était une mesure de la présence francophone, explique-t-il à Radio-Canada.

« Nous avons passé des dizaines d'années à revendiquer des droits et des services et dans bien des cas, nous avons eu gain de cause et les services sont offerts. Maintenant, le défi est que monsieur et madame Tout-le-Monde se prévalent de ces services. »

— Une citation de  Denis Vaillancourt, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario de 2010 à 2016

Denis Vaillancourt rappelle que partout où elles sont vues sur le réseau routier, les plaques d'immatriculation en français envoient le signal qu'il y a des francophones qui vivent dans des provinces comme l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard. C'est important d'affirmer notre présence, soutient-il.

L'augmentation du nombre de plaques d'immatriculation en français dans la province insulaire passe donc par une meilleure offre active de la part du gouvernement, mais aussi par une plus grande conscientisation de la communauté acadienne et francophone, selon la Société Saint-Thomas d'Aquin.

Tout le monde pourrait en faire un peu plus, conclut Guy LaBonté.

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