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Enseigner l'histoire du chandail orange afin de ne jamais l'oublier

Le dessin d'une jeune fille apeurée par deux religieuses devant un pensionnat autochtone.

La couverture du livre « Orange Shirt Story » représente Phyllis Webstad, à l'âge de 6 ans, dans son nouveau chandail orange à sa première journée au pensionnat St. Joseph Mission de Williams Lake, en Colombie-Britannique.

Photo : Medicine Wheel Education

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis cinq ans maintenant, une histoire entourant un chandail orange aide les élèves du Manitoba à comprendre un chapitre sombre de l'histoire canadienne.

En 1973, Phyllis Webstad, une fillette de 6 ans, a été arrachée à sa communauté et envoyée à 80 km de chez elle, au pensionnat St. Joseph Mission, de Williams Lake, en Colombie-Britannique.

La grand-mère de la jeune fille avait économisé de l’argent pour lui acheter un nouveau chandail orange dans les jours précédant le début des classes.

À son premier jour d'école, les responsables du pensionnat lui ont confisqué le chandail pour lui donner un uniforme.

Ce qui est arrivé à la fillette a mené à la création de la Journée du chandail orange, qui vise à reconnaître les dommages causés par le système des pensionnats autochtones du Canada.

Les évènements survenus en 1973 ont inspiré un enseignant de Winnipeg, Sean Oliver. Ce dernier a créé un programme d’études, maintenant utilisé dans toute la province, pour raconter l’histoire des pensionnats autochtones et l’histoire des peuples autochtones au Canada.

L’enseignant de 9e année à l’École secondaire Glenlawn estime qu'il est crucial de parler de cette histoire.

« Je pense que les séquelles des pensionnats ont un impact sur tous les Canadiens et je me suis senti personnellement responsable, en tant qu’éducateur public, de faire connaître ce problème, explique-t-il. L’éducation dispensée aux enfants autochtones dans les pensionnats a contribué à l’assimilation et au colonialisme. C’est donc l’éducation qui peut améliorer les choses. »

Phyllis Webstad a décidé en 2013 de raconter son histoire « afin que d'autres puissent en bénéficier et la comprendre ». Elle souhaite ainsi encourager d'autres survivants à raconter ce qu'ils ont vécu.

La couleur orange m'a toujours rappelé ces évènements. Mes sentiments avaient peu d’importance. [...] comme si je ne valais rien. Tous les enfants pleuraient, et personne ne s'en souciait.

Phyllis Webstad

Chaque année, les gens sont encouragés à porter un vêtement de couleur orange le 30 septembre afin de se remémorer les évènements de 1973.

Le fait que la Journée du chandail orange soit en septembre est très significatif, affirme Sean Oliver. Selon lui, la date force les élèves à se souvenir de l’excitation qui accompagnait leur première journée d’école.

Il invite les élèves à réfléchir à ce que Phyllis Webstad a vécu.

« Je pense qu'ils sont capables ainsi de comprendre les problèmes plus en profondeur », explique le professeur, qui ajoute que chaque année, des élèves disent maintenant mieux comprendre cette problématique.

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