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Un béton innovateur pour recycler le polystyrène

Un banc et un bac à fleurs conçus à partir de béton et de polystyrène.

Ce banc et ce bac à fleurs sont faits de béton et de polystyrène recyclé. Les entreprises Simax (Repentigny) et Groupe Gagnon (Prévost) ont mis deux ans pour mettre au point ce matériau.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est l'une des matières mal aimées des centres de tri québécois. Le polystyrène, ce plastique utilisé comme isolant ou comme emballage, pourrait dorénavant échapper aux sites d'enfouissement grâce à un nouveau matériau mis au point par quatre entrepreneurs québécois.

Un texte de Dominic Brassard, de l'émission Le 15-18

« On s'est attardés au plus gros mouton noir du recyclage... Personne ne le voulait. Et nous, on l'a pris comme défi », lance d'emblée Sylvain Gagnon, vice-président du Groupe Gagnon. Le récupérateur de Prévost et l'entreprise Simax de Repentigny ont travaillé durant 2 ans sur ce projet.

Ce béton nouveau genre, composé d'au moins 50 % de polystyrène recyclé, est pour l'instant vendu sous forme de mobilier urbain (tables à pique-nique, bancs, fauteuils et bacs à fleurs notamment). Ces meubles de béton sont expédiés en pièces détachées et peuvent être assemblés avec quelques outils conventionnels.

Un pot de fleurs fait de béton intégrant du polystyrène recyclé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Outre le mobilier urbain, le béton intégrant du polystyrène recyclé pourrait aussi être utilisé pour fabriquer des pots de fleurs, des tables de conférence, etc.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

« L'intérêt est là, affirme Marcel Bergevin, président de Simax. Il y a de l'intérêt des municipalités, même des grosses compagnies qui produisent beaucoup de déchets de polystyrène. »

Pour le directeur de la recherche et du développement chez Simax, Daniel Bergevin, ce béton surprend par l'étendue de ses propriétés. En plus d'être hydrofuge et plus léger qu'un béton conventionnel, il offre une grande résistance.

« On peut embarquer une tonne sur une planche de trois quarts de pouce », explique-t-il.

Captation à la source

Ce ne sont pas toutes les municipalités de la province qui récupèrent le polystyrène. Et lorsqu'il est accepté dans le bac de recyclage, il aboutit parfois au centre de tri en mauvais état.

Pour pallier ce problème, le Groupe Gagnon a déployé un réseau de captation à la source.

« On collabore avec plusieurs écocentres, explique Sylvain Gagnon. On y a stationné des remorques pour que les gens puissent l'enlever du bac de déchets. »

Amoncellement de polystyrène récupéré.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Polystyrène en attente d'une deuxième vie, sur le terrain du Groupe Gagnon à Prévost.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

« Tout ça est fait dans un contexte d'économie circulaire », ajoute Gilles Venne, directeur général de Groupe Gagnon.

À son avis, chaque citoyen ou entreprise peut ainsi contribuer à réduire son empreinte écologique. « Prenons l'exemple d'un écocentre où on récupère le polystyrène. La même ville va nous acheter ses tables et ses mobiliers urbains fabriqués à partir de ses propres rejets [de polystyrène] », souligne-t-il.

On vient non seulement de trouver une belle porte de sortie pour un produit orphelin, mais en plus, on vient aider indirectement toute la crise du recyclage actuel.

Gilles Venne, directeur général de Groupe Gagnon

« Logiquement, si tout le monde emboîte le pas, on ne devrait plus enfouir de matières plastiques au Québec, parce qu'il y a des solutions qui existent », assure Gilles Venne.

Simax et Groupe Gagnon ont de grandes ambitions. À court terme, les deux entreprises souhaitent embaucher près de 15 employés pour fabriquer, vendre et distribuer le mobilier.

D'autres produits de béton et de polystyrène recyclé pourraient faire leur apparition sur le marché à court terme, comme des marches extérieures et des plaques de recouvrement de douches.

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