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« Classe de sans-papiers » : Legault veut refiler la facture à Ottawa

François Legault

François Legault s'est exprimé devant le milieu des affaires vendredi, mais il n'a pas dit un mot concernant l'immigration et sa volonté de baisser le nombre de nouveaux arrivants au Québec.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Bolduc

Radio-Canada

Les immigrants qui échoueront aux tests que veut mettre en place François Legault s'il devient premier ministre seront des sans-papiers, a confirmé le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). Ces personnes sans le moindre statut légal auraient cependant le droit de bénéficier de services de santé et d'éducation, mais Ottawa devra en assumer les coûts.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

« L’immigration, ça relève du gouvernement fédéral », s’est borné à répéter vendredi François Legault. Ce dernier sortait d’un discours devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Durant cette allocution de près d’une demi-heure, le chef de la CAQ n’a pas dit le moindre mot sur la baisse des seuils d’immigration de 20 %, l’une des promesses phares de sa campagne. La CCMM est par ailleurs en désaccord sur ce sujet, puisque le milieu des affaires réclame une hausse des seuils d'immigration à 60 000 arrivants par an, contre 52 000 l’an passé.

Plus tôt dans la journée, dans une entrevue au 98,5 FM, François Legault avait admis qu’il laissera « le gouvernement fédéral prendre en charge » les immigrants qui rateraient les tests de français et de valeurs qu’il compte mettre en place. Ottawa déciderait ainsi de « ce qu’il fera avec la personne qui n’a pas de statut, qui n’est pas citoyen ».

Le chef caquiste avait ensuite assuré qu’« il y a [des sans-papiers] dans tous les pays », tout en soutenant que « les Québécois [le] suivent » dans sa politique.

Il faudra « négocier avec Ottawa », admet Legault

François Legault a affirmé être dans son plein droit de ne pas délivrer un certificat de sélection du Québec (CSQ) aux personnes échouant aux tests de valeurs et de français qu'il souhaite mettre en place. Cette pratique pourrait mener à la création d'une catégorie de personnes sans statut.

Il a mis de l’avant l’entente entre Québec et Ottawa, qui laisse les pleins pouvoirs au gouvernement provincial pour choisir ses candidats pour l’immigration économique. Québec donne ainsi ce CSQ, qui permet ensuite au gouvernement fédéral d'octroyer au candidat une résidence permanente.

Cette « situation » serait « un peu spéciale », a-t-il admis, visiblement agacé d'évoquer ce sujet qui l'a mis dans l'embarras durant une partie de la campagne électorale.

Ces personnes sans statut pourront-elles aller à l’école ou bénéficier des soins de santé? « Je pense que oui », a assuré François Legault, en comparant cette situation avec les « réfugiés qui arrivent par le chemin Roxham ». « Actuellement, Ottawa paie pour une partie des services pour ces personnes-là », a-t-il rappelé.

Il refilerait également la facture au gouvernement fédéral pour ces sans-papiers, a-t-il ajouté, en précisant néanmoins qu’il faudra « négocier avec Ottawa ».

Un reportage « dommageable » dans le Washington Post, selon le PLQ

Ces propos ont été jugés « extrêmement inquiétants » par le candidat libéral Marc Tanguay, qui a dénoncé la création d’« une classe de sans-papiers ». Disant parler au nom du parti, M. Tanguay, qui brigue les suffrages dans la circonscription de LaFontaine, s’est présenté devant l’hôtel où se déroulait le discours de François Legault pour critiquer ce dernier.

Marc Tanguay a également évoqué un reportage publié ce vendredi dans le Washington Post. Celui-ci détaille les mesures envisagées par François Legault, l’expulsion éventuelle des immigrants qui échoueraient aux tests et analyse les positions des partis sur l’immigration.

« Ça, c’est excessivement dommageable pour Québec. C’est une mauvaise publicité pour le Québec », a clamé M. Tanguay.

Pour François Legault, cet article n’est pas lié à ses promesses, mais intervient « à cause de la campagne de peur de M. Couillard ».

« Je pense que ce que l’on propose est assez similaire à ce que l’on retrouve en Europe et à Ottawa [qui impose un test de valeurs et de connaissances aux personnes voulant obtenir la citoyenneté canadienne]. Je pense que la campagne de peur de M. Couillard n’aide pas pour notre image », a-t-il lancé.

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