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Les foyers au bois les plus polluants interdits dès lundi à Montréal

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

Annoncée il y a trois ans, la mesure visant à interdire l'utilisation de poêles et de foyers au bois polluants entrera en vigueur lundi à Montréal. Quelque 50 000 ménages sont touchés par ce règlement, qui ne fait pas l'unanimité dans la population.

En effet, la situation cause des maux de tête à bien des citoyens. Si de nombreux Montréalais ont dû changer leur poêle ou leur foyer pour qu’il respecte la nouvelle réglementation, d’autres n’ont d’autre choix que de l’abandonner en raison du coût d'un remplacement.

Selon le règlement, seuls les appareils plus récents, n'émettant pas plus de 2,5 grammes de particules fines à l'heure, seront autorisés. Les foyers ou les poêles non conformes pourront seulement être utilisés lors d'une panne d'électricité de plus de trois heures.

Faire l’acquisition d’un nouveau modèle conforme au règlement peut coûter plusieurs milliers de dollars.

Dans certains cas, selon l'option et le modèle choisis, le montant à débourser peut dépasser 10 000 $. Les propriétaires de condos sont plus susceptibles de devoir payer une telle somme.

De nombreux résidents estiment que le règlement est trop draconien.

Réglez d'autres choses, mais pas un foyer d'une pauvre personne. On a besoin du foyer, nous!

Un résident de Montréal

Néanmoins, le nouveau règlement a provoqué une hausse de la demande de poêles et de foyers, ce qui représente une mine d’or pour les entreprises spécialisées.

Normand Hamel, président de Poêles et Foyers Rosemont, dit avoir vendu pour près de 2 millions de dollars de poêles et de foyers. Et la demande ne dérougit pas.

Si environ la moitié de ses clients achètent plutôt un poêle à gaz, 20 % d'entre eux restent fidèles au bois. Les autres choisissent un foyer électrique ou préfèrent se débarrasser de leur appareil, explique-t-il.

Les citoyens peuvent demander un crédit d'impôt RénoVert du gouvernement du Québec, mais aucune subvention municipale n'existe pour les aider à débourser le total de la somme.

Les ouvriers de l'entreprise Les Foyers-Don-Bar fabriquent des poêles à bois.  Le nouveau règlement a provoqué une hausse de la demande. Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Sauver des vies

À Montréal, 39 % de la pollution de l'air serait causée par la combustion du bois.

Montréal vit une douzaine d'épisodes de smog, en moyenne, par année. Le transport est responsable de la majeure partie des émissions de particules fines, suivi de tout près par la combustion du bois.

La Ville espère maintenant réduire de 80 % les émissions de particules fines provenant de la combustion du bois.

Dominic Perri, conseiller municipal dans l'arrondissement de Saint-Léonard, est heureux de savoir que le règlement entrera bientôt en application.

« Santé Canada nous dit qu'il y a à peu près 1000 personnes sur l'île de Montréal qui décèdent prématurément à cause de la pollution de l'air, justifie-t-il. Je suis content parce que nous allons sauver des vies. Il n'y a pas de prix pour sauver des vies. »

Les inspecteurs de la division de l'environnement de la Ville veilleront à faire respecter cette réglementation, la plus sévère du genre au Canada.

Quiconque contrevient à la loi s’expose à une amende qui peut aller de 100 à 500 dollars. Pour un récidiviste, la pénalité peut atteindre jusqu’à 2000 dollars.

Avec les informations de Marc Verreault et de Jean-Sébastien Cloutier

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