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Piratage des téléphones cellulaires : le commissaire à la protection de la vie privée « préoccupé »

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien.

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien, a déposé son rapport annuel jeudi.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Qu'un pirate informatique puisse intercepter les communications des cellulaires à partir d'un seul numéro de téléphone est préoccupant, selon le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien.

Un texte de Brigitte Bureau

Dans son rapport annuel déposé jeudi, le commissaire a réagi au reportage d'Enquête diffusé sur les ondes de CBC et de la SRC.

Grâce à un reportage diffusé en novembre dernier par la CBC et la Société Radio-Canada, nous avons pris connaissance d’une vulnérabilité en matière de sécurité se rapportant au SS7, écrit le commissaire dans son rapport.

Matthew Dubé accoté sur un mur, téléphone cellulaire sur l'oreille.

Le député néo-démocrate fédéral dans la circonscription de Beloeil — Chambly, Matthew Dubé.

Photo : Radio-Canada / Marc Robichaud

Le SS7 (Système de signalisation no 7), c'est le nom du système mondial de trafic téléphonique. Tout réseau qui n'adopte pas des mesures de sécurité adéquates est vulnérable au piratage par la voie du SS7. Avec l'aide d'un pirate informatique en Allemagne, nous avions été en mesure d'intercepter les appels d'un député fédéral et de géolocaliser ses moindres déplacements. Son cellulaire utilisait le réseau de Rogers, mais nous avions aussi testé avec succès le réseau de Bell Canada.

Les pirates informatiques ciblent le SS7 pour obtenir des renseignements des abonnés, entendre leurs appels, leur voler de l'argent, mener des attaques par déni de service et géolocaliser leurs déplacements, peut-on lire dans le rapport du commissaire.

Le Canada en retard

Le commissaire Therrien note que certains pays européens semblent en avance sur le Canada pour ce qui est de mieux protéger les communications des utilisateurs de téléphonie cellulaire.

Dans certains pays, il semble que le gouvernement intervient de façon un peu plus active par rapport aux exigences qui sont faites aux compagnies de télécommunications, a expliqué Daniel Therrien en entrevue à Radio-Canada. Dans l'état actuel des choses au Canada, évidemment le CST [Centre de la sécurité des télécommunications] a des responsabilités légales claires pour la protection des systèmes du gouvernement, mais pas pour la protection des systèmes gérés par le secteur privé. Je n'ai pas de conclusion ferme là-dessus, mais ça pourrait être une explication.

Lors de la diffusion de notre reportage, Bell, Rogers, l'Association canadienne de télécommunications sans fil et le gouvernement fédéral avaient tous refusé de nous accorder des entrevues.

Le Commissariat à la protection de la vie privée a communiqué avec tous ces intervenants pour obtenir des explications quant aux failles du système. Le commissaire a jugé encourageant les engagements pris par les intervenants.

M. Therrien a tout de même formulé trois recommandations à leur endroit afin de mieux assurer la sécurité des réseaux cellulaires au pays.

Tout le monde reconnaît que le système est vulnérable, nous a affirmé le commissaire Therrien.

Comme vous l'avez démontré, il est vulnérable entre autres au piratage des communications qu'utilise le cellulaire. Il y a lieu de se préoccuper. On va continuer à avoir un dialogue avec le gouvernement et les compagnies pour essayer de réduire la portée du problème le plus possible.

Notre dossier d'enquêtes de Brigitte Bureau

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale