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Kavanaugh remporte une première manche au Sénat, mais la partie se complique

Les républicains, majoritaires au comité judiciaire du Sénat américain, ont voté pour transférer le dossier de Brett Kavanaugh à l'ensemble du Sénat pour faire avancer sa candidature à la Cour suprême.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Radio-Canada

Les observateurs s'attendaient à ce que la commission judiciaire du Sénat recommande la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis, vendredi. C'est bien ce qu'elle a fait, mais avec un bémol.

La commission a aussi demandé à ce qu'une enquête supplémentaire soit menée à propos des « accusations crédibles » d'agression sexuelle portées contre Brett Kavanaugh. L'enquête, confiée au FBI et approuvée par le président Trump, devra se limiter à certains faits et devra être achevée d'ici une semaine.

Christine Blasey Ford, qui accuse le juge Kavanaugh d'agression sexuelle, s'est réjouie de cette décision, mais croit que l'enquête ne devrait pas être limitée quant au temps et à la portée.

M. Kavanaugh et Mark Judge, un ami du juge qui aurait été témoin de l'agression selon Mme Blasey Ford, ont par ailleurs fait savoir qu'ils collaboreront à l'enquête.

Les sénateurs qui siègent à la commission ont respecté le mot d'ordre de leur parti respectif, vendredi après-midi, quand les 11 républicains ont voté en faveur de la motion recommandant la nomination du juge Kavanaugh et que les 10 démocrates ont voté contre.

En temps normal, le vote final des 100 élus qui siègent au Sénat aurait eu lieu mardi, mais c'était sans compter sur l'intervention du sénateur républicain Jeff Flake, qui, à la dernière minute, est venu jeter un pavé dans la mare en demandant une enquête approfondie sur les allégations d'agression sexuelle contre Brett Kavanaugh.

Cette enquête retardera donc le vote final sur la confirmation de M. Kavanaugh.

Confusion à Washington

Le sénateur Flake avait pourtant annoncé vendredi matin qu'il voterait oui, avant d'être pris à partie dans les couloirs du Sénat par des femmes indignées.

« Vous me dites que mon agression ne compte pas, que ce qui m'est arrivé ne compte pas et vous laissez les gens qui font ces choses accéder au pouvoir », a lancé l'une d'elles, alors que des dizaines de manifestants se sont aussi rassemblés devant la Cour suprême.

Après des conciliabules avec ses collègues démocrates et républicains et peu après cet événement, M. Flake a finalement demandé à ce que le vote soit retardé d'une semaine, au maximum, pour laisser le temps au FBI d'enquêter.

À la suite de sa demande, la confusion s'est installée au Capitole. Le brouhaha ne s'est dissipé que deux heures plus tard, quand les choses se sont clarifiées.

Jeff Flake au Sénat américain.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le sénateur républicain Jeff Flake a jeté un pavé dans la mare en réclamant une semaine de report pour le vote sur la candidature de Brett Kavanaugh à la Cour suprême des États-Unis, le temps que le FBI fasse enquête.

Photo : Reuters / Pablo Martinez Monsivais

La commission judiciaire du Sénat a accepté la demande du sénateur Flake et a confié au FBI la tâche d'enquêter. Le président Trump a par la suite donné le feu vert à cette enquête.

« Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d'une procédure en bonne et due forme », a déclaré M. Flake, un républicain modéré et grand critique de Donald Trump.

Il avait au préalable laissé entendre qu'il pourrait voter contre la nomination de M. Kavanaugh si son souhait de voir le FBI enquêter n'était pas exaucé.

Comme les républicains n'ont qu'une majorité de 51 voix contre 49 au Sénat, son vote est névralgique.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a donc acquiescé à la demande de M. Flake.

De graves accusations

Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême des États-Unis, et la professeure Christine Blasey Ford, témoignent lors d'une audience de confirmation de la Commission judiciaire du Sénat au Capitole à Washington.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême des États-Unis, et la professeure Christine Blasey Ford,

Photo : Reuters / Jim Bourg

Ce vote, tenu dans un climat extraordinaire de vives tensions politiques et d'émotions poussées à leur paroxysme, s'est déroulé au lendemain des témoignages du juge Kavanaugh et de celle qui l'accuse d'agression sexuelle, Christine Blasey Ford.

Jeudi, les deux protagonistes ont été auditionnés sous serment pendant près de 9 heures par la commission judiciaire du Sénat, lors d'une audience d'une rare intensité, retransmise sur des millions d'écrans.

Le magistrat a démenti les allégations de Christine Blasey Ford « catégoriquement et sans équivoque », affirmant qu'il ne comptait pas retirer sa candidature.

Entendue tout d'abord au Sénat, la professeure de psychologie à l'Université de Palo Alto, en Californie, a quant à elle réaffirmé ses accusations, revenant sur l'agression dont elle dit avoir été victime à 15 ans, perpétrée par Brett Kavanaugh sous l'œil de son ami Mark Judge. Ce dernier avait démenti les allégations de Mme Blasey Ford le 18 septembre dernier dans une lettre envoyée à la commission.

Les sénateurs démocrates furieux

La décision de maintenir vendredi la tenue du vote en commission avait par ailleurs provoqué la colère des sénateurs démocrates, qui désiraient le reporter pour permettre l'audition de Mark Judge.

Vendredi, plusieurs sénateurs démocrates ont quitté la salle pour protester contre l’empressement des républicains à valider la nomination de Brett Kavanaugh.

D'ailleurs, l’Association américaine du barreau (ABA) avait exhorté jeudi le comité et le Sénat à ne pas précipiter le vote afin de laisser le temps au FBI de mener toutes les vérifications nécessaires et faire la lumière sur cette histoire.

« Décider de poursuivre sans mener d'investigations supplémentaires aurait non seulement un impact durable sur la réputation du Sénat, mais toucherait négativement aussi la confiance nécessaire que le peuple américain place dans la Cour suprême », avait notamment déclaré son président Robert Carlson dans une lettre.

La décision de maintenir le vote en dépit de cette controverse a été proposée par le président républicain de la commission, Chuck Grassley.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France Presse

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