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La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi n'est plus Canadienne

Aung San Suu Kyi lors d'une conférence de presse

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi

Photo : Reuters / Soe Zeya Tun

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Parlement a dépouillé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi de la citoyenneté canadienne honoraire qu'il lui avait accordée en 2007.

C'est un député du Bloc québécois qui s’est levé aux Communes, jeudi après-midi, pour demander l'adoption d'une motion à cette fin.

« Que la Chambre réitère la motion votée unanimement par cette Chambre le 20 septembre dernier qualifiant de génocide les crimes contre l'humanité commis contre les Rohingyas. Et, qu'en conséquence, la Chambre retire à Aung San Suu Kyi la citoyenneté honorifique canadienne octroyée en 2007 », a proposé le député Ste-Marie à la fin de la période de questions quotidienne.

Gabriel Ste-Marie a obtenu l'appui unanime des élus.

Mercredi, Justin Trudeau avait ouvert la porte à ce geste symbolique. Mais ni les libéraux, ni les conservateurs, ni les néo-démocrates ne voulaient déposer une motion en ce sens.

Tous disaient préférer poser des gestes concrets pour aider la minorité rohingya de Birmanie, tout en étant prêts à appuyer une éventuelle motion, laquelle est venue d'un élu qui n'appartient pas à un parti reconnu en Chambre.

« Le Parlement a décidé de lui donner la citoyenneté honoraire, il peut la retirer aussi », a dit le premier ministre Justin Trudeau à sa sortie de la Chambre.

La réalité, c’est que ça ne va pas aider nécessairement les gens sur le terrain, [ce qui serait plutôt] notre focus pour essayer d’aider les Rohingyas.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Nous continuerons de soutenir les Rohingyas en leur offrant une aide humanitaire, a ajouté le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en imposant des sanctions contre les généraux du Myanmar et en réclamant que les personnes responsables soient tenues de rendre compte de leurs actes devant un organisme international compétent. »

Le bureau de la ministre explique que le gouvernement a appuyé la motion en réponse au « refus persistant » de Aung San Suu Kyi de dénoncer le génocide des Rohingyas.

Une prise de position claire

Avec l'adoption de cette motion, le Canada affiche maintenant plus clairement encore son désaveu de la lauréate du prix Nobel de la paix.

Depuis le début de l'exode des Rohingyas, une minorité musulmane du Myanmar, plusieurs voix s'élevaient pour réclamer ce geste du Canada. On reprochait à Aung San Suu Kyi de ne pas avoir dénoncé les massacres commis par l'armée birmane.

[En raison de] son silence [elle] ne mérite pas de garder la citoyenneté honoraire ici. C'est un symbole fort, à mon avis.

Gabriel Ste-Marie, député de Joliette

« C'est la première fois que pareille décision est prise », a souligné Andrew Leslie, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères.

Des centaines de milliers de membres des Rohingyas ont fui l'État de Rakhine vers le Bangladesh voisin pour échapper à l'armée birmane depuis août 2017.

La junte militaire est accusée de perpétrer un nettoyage ethnique et de commettre des crimes contre l'humanité.

Avec les informations de La Presse canadienne

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