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Centre d'injection supervisée : la ministre Elliott ira-t-elle contre ses convictions?

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, en mêlée de presse

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Est-ce que la ministre de la Santé maintiendra ses opinions ou appuiera-t-elle son chef, Doug Ford, sur l'avenir des centres de prévention des surdoses? Son gouvernement doit annoncer vendredi si les huit centres dans la province pourront continuer leurs activités.

Une analyse de Claudine Brulé

Les centres d'injection supervisée reçoivent leurs permis et leur financement de la part du gouvernement de l'Ontario.

Or, la ministre de la Santé, Christine Elliott, et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, ont des positions divergentes sur la question. Qui aura le dernier mot?

Un toxicomane se prépare à s'injecter de l'héroïne avec une seringue.

Le nouveau site d'injection supervisée du centre Fred Victor ouvre mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le jour de son assermentation, le 29 juin, Christine Elliott a été interrogée sur l'avenir de ces centres. Mme Elliott en avait alors vanté les bénéfices.

C'est un endroit où les gens peuvent aller qui est sécuritaire, où on peut entamer le dialogue sur la réhabilitation, sur les façons de cesser la consommation de drogues. Sans cette possibilité de les rencontrer, ce n'est pas possible d'avoir cette discussion.

Christine Elliott , ministre ontarienne de la Santé

Mme Elliott avait toutefois ajouté : ce n'est pas à moi à décider. La ministre avait donc tout un travail à faire pour convaincre le premier ministre d'adopter sa position. Lors de la campagne électorale, M. Ford avait laissé entendre qu'il s'opposait à ces centres.

Photo de Doug Ford et de Christine Elliott se tenant debout sur un plateau de télé après un débat.

Christine Elliott et Doug Ford sont les deux favoris.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Je ne crois pas en ces zones d'injection sécuritaire, comme je les appelle. Je crois plutôt à offrir du soutien aux gens, à leur trouver de l'aide.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Le gouvernement répète depuis les derniers mois son intention de réviser les études sur l'efficacité des centres de prévention des surdoses. Cela inclut aussi les centres d'injection supervisée.

En pendant qu'il révise les recherches sur le sujet, l'ouverture de nouveaux centres a été suspendue.

Si, effectivement, le gouvernement progressiste-conservateur décide de fermer les centres de prévention des surdoses, la ministre de la Santé sera mal placée pour défendre cette décision. Tout le monde connaît sa position dans le dossier. Pourra-t-elle se tenir debout à côté de son premier ministre s'il choisit de fermer ces centres qu'elle croit bénéfiques pour la population?

Dans l'ombre du chef

Christine Elliott a un style bien différent de celui de son chef. Et on aurait dit qu'elle s'était mise à l'écart du débat sur la réduction du conseil municipal de Toronto et le possible recours à la clause dérogatoire pour forcer l'application de la loi.

Quand le premier ministre n'était pas en Chambre durant cette période, la ministre de la Santé, qui est aussi vice-première ministre, ne s'est pas levée pour défendre la décision de son gouvernement dans ce dossier.

Plusieurs questions lui étaient posées sur l'intention du gouvernement d'avoir recours à la clause dérogatoire, mais elle refilait systématiquement ces questions à ses collègues ministres.

La ministre debout en Chambre.

La ministre de la Santé, Christine Elliott.

Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

Elle pouvait plus facilement se dissocier de la question de la taille du conseil municipal de Toronto, mais ça ne sera pas le cas en ce qui concerne les centres de prévention des surdoses.

Une « grosse erreur »

Pour sa part, l'avocat et professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa Eugène Oscapella a affirmé, en entrevue à l'émission Y a pas deux matins pareils de Radio-Canada, que le gouvernement Ford ferait une grosse erreur s'il fermait les centres d'injection supervisée.

Il est très, très clair que les sites d'injection supervisée aident les gens à éviter les surdoses.

Eugène Oscapella, professeur de criminologie

Me Oscapella ajoute que ces établissements sont une porte d'entrée pour inciter les toxicomanes à recevoir de l'aide ou à subir un test de dépistage du VIH.

Toronto

Politique provinciale